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« Il faut accepter de déranger un petit peu » : à Saint-Aubin-de-Médoc, une politique culturelle entre audace et proximité

8 avril 2026 · Actualités · Culture

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Responsable de la culture et de la vie associative à la mairie, Xavier Destoc assume une ligne claire : proposer « une programmation qui va plaire au plus grand nombre », tout en revendiquant une part de risque. Dans une commune aux moyens limités, loin des grandes scènes de Bordeaux ou Mérignac, le défi est constant : « arriver sans forcément avoir beaucoup de moyens à proposer malgré tout quelque chose qui tienne la route ».

Si cette contrainte peut être « un peu frustrante », elle devient aussi un moteur. « Il y a un petit côté challenge intéressant à pouvoir mettre en place des choses de qualité », explique-t-il. Une ambition qui se traduit par une programmation variée, adaptée à un public majoritairement familial, mais sans renoncer à surprendre.

Car à Saint-Aubin-de-Médoc, la culture se veut transversale. Entre jeunes, familles et seniors, la commune joue « un peu le grand écart », avec environ 40 à 50 événements par an, soit une moyenne d’un rendez-vous par semaine. Une dynamique rendue possible notamment par une salle de spectacle de 90 places, aménagée au sein de l’espace Villepreux, permettant une proximité rare avec le public.

Prendre des risques… et convaincre

Loin des formats convenus, la programmation assume des choix atypiques. Conférences pointues, cinéma d’auteur, ou encore expositions engagées comme « L’humain, espèce invasive » : « Il faut accepter de déranger un petit peu. C’est un peu ça le but de la culture », affirme Xavier Destoc.

Certaines initiatives naissent directement des habitants. À l’image d’une conférence sur les graffitis dans l’Empire romain, proposée par des passionnés locaux. « Au début, je me suis dit que ça n’intéresserait personne. Et finalement, ça a très bien marché », raconte-t-il. Une preuve que la curiosité peut l’emporter sur les a priori.

Même logique côté cinéma : sans salle dédiée, chaque projection devient un événement. « On revient au cinéma de l’époque, qui créait vraiment l’événement », souligne-t-il, misant sur des œuvres moins mainstream pour susciter le débat.

Une identité culturelle en construction

Face à des communes mieux dotées, Saint-Aubin-de-Médoc cherche sa singularité. « Proposer des pépites, des choses qu’on découvre et qui sortent de l’ordinaire » : voilà la ligne directrice. Une programmation qui cible notamment les 30-50 ans, tout en restant accessible aux plus jeunes et aux seniors.

La culture locale s’inscrit aussi dans l’identité écologique de la commune. En lien avec les services biodiversité, certains projets artistiques abordent des thématiques environnementales, renforçant la cohérence d’ensemble.

Les Noctambules, symbole d’un pari réussi

Point d’orgue de la saison : le festival des Noctambules, le 30 mai. Créé en 2001, il a connu un tournant décisif en 2015. À l’époque, le modèle payant attire à peine 300 personnes. « On était à deux doigts d’arrêter », confie Xavier Destoc. La décision de passer à la gratuité change tout : la fréquentation est multipliée par dix dès la première année.

Aujourd’hui, le festival rassemble jusqu’à 10 000 spectateurs, soit plus que la population de la commune. « C’est leur festival, ils se l’ont approprié », se félicite-t-il. Rock, reggae, électro, mais aussi animations pour les familles dès l’après-midi : l’événement s’est élargi sans perdre son ADN, notamment grâce au tremplin permettant à de jeunes groupes d’accéder à la scène.

Une saison dense jusqu’à l’été

Autour des Noctambules, la programmation reste soutenue : festival de théâtre du Moulin d’Albinus début juin, fête de la musique le 20 juin, soirées SAM (soirées apéro musique) en juillet, avant une soirée blanche de clôture le 29 août.

Au fil des années, Saint-Aubin-de-Médoc s’est ainsi construit une identité culturelle singulière, entre proximité, engagement et audace. Avec une conviction assumée : la culture n’est pas qu’un divertissement, mais aussi un espace d’expérimentation. « Il faut tenter », résume Xavier Destoc.

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