
« On peut réussir en faisant les choses comme il faut » : le Saint-Médard Basket, l’ascension d’un club bâti sur le travail, la vision et les valeurs
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« Cette montée, c’est la récompense de tout un club »
Il y a des accessions qui dépassent le simple cadre sportif. Celle du Saint-Médard Basket vers la Nationale 2 appartient à cette catégorie. Derrière la victoire éclatante face à Tursan (97-68), qui a validé officiellement la montée, ce n’est pas seulement une équipe qui a gagné son billet pour l’échelon supérieur. C’est tout un club qui a été récompensé. Des dirigeants aux bénévoles, des jeunes du mini-cop aux supporters qui ont rempli le Cosec dans une ambiance électrique, du staff technique aux joueurs de rotation, chacun a eu sa part dans cette réussite.
Laurent Chiboust, président du SMB, n’a cessé de le rappeler : cette montée n’est pas celle d’un groupe isolé, mais celle d’un projet collectif. Et c’est sans doute là que réside la singularité de Saint-Médard Basket. Là où beaucoup ne regardent que l’équipe première, le SMB revendique une vision globale. « Nous ne fonctionnons pas en équipe première », insiste le président, rappelant que le club avance comme une seule entité. Cette philosophie, loin d’être un discours, se traduit sur le terrain. Lors du match de la montée, le coach Ludovic Besse a volontairement fait tourner son effectif, offrant du temps de jeu à ceux qui jouent moins, intégrant les jeunes du club à la fête. Un symbole fort.
Car cette accession n’est pas née dans l’urgence ou dans un coup de folie sportive. Elle est le fruit d’un travail patient, construit, pensé sur plusieurs saisons. Le président, le coach Ludovic Besse et le directeur sportif Cédric Beesley partagent cette conviction : le succès n’est pas le produit du hasard, mais celui de la cohérence. Recrutement intelligent, structuration progressive, stabilité humaine, culture club forte… le SMB a grandi sans brûler les étapes. Et cette montée en Nationale 2 apparaît presque comme la conséquence logique d’un projet mené avec constance.
Dans cette réussite, il y a aussi la marque d’un public fidèle et d’une identité populaire. Le Cosec bondé, les jeunes supporters, les bénévoles mobilisés : le basket à Saint-Médard n’est pas un spectacle consommé, c’est une aventure partagée. Et c’est précisément cette ferveur, nourrie par l’ancrage local, qui donne au club une âme particulière.
« On a appris de nos erreurs, aujourd’hui on est mieux préparés »
Cette montée n’est pas une première pour le SMB. Le club a déjà connu la Nationale 2… et les difficultés qui peuvent accompagner un retour trop rapide à l’échelon inférieur. Ce passé, loin d’être un traumatisme, est devenu une leçon. Laurent Chiboust le reconnaît sans détour : cette expérience de “l’ascenseur” a permis au club d’apprendre, de corriger, de mûrir.
Aujourd’hui, Saint-Médard monte avec davantage de lucidité. Et surtout avec une structure renforcée. C’est l’un des grands enseignements de cette saison : le SMB n’a pas seulement progressé sportivement, il s’est solidifié en profondeur. Sur le plan organisationnel, économique et humain. Dans l’ombre, un travail considérable a été mené pour professionnaliser le fonctionnement sans renier l’ADN bénévole du club.
Cette structuration porte aussi la signature d’un trio complémentaire. Laurent Chiboust donne la vision et veille aux équilibres. Ludovic Besse apporte son expertise sportive et managériale. Cédric Beesley agit comme un rouage central entre dirigeants, staff et joueurs, tout en préparant déjà le futur. Son rôle, souvent discret mais stratégique, est essentiel dans la construction du projet sportif à venir. Réseau, recrutement, anticipation, cohésion… le directeur sportif œuvre là où se joue souvent l’avenir d’une saison.
Et ce travail s’appuie sur un choix fort : ne jamais sacrifier les valeurs au résultat. Le président l’affirme avec force : réussir, oui, mais en respectant les règles. Rigueur budgétaire, respect des cadres sociaux et fiscaux, exemplarité dans la gestion : le SMB veut démontrer qu’un club ambitieux peut grandir proprement. Un message rare et puissant dans un contexte où certains modèles plus fragiles existent. À Saint-Médard, la performance ne se dissocie jamais de l’éthique.
« Le club est sain, et c’est aussi pour ça que les joueurs viennent »
Dans le sport amateur de haut niveau, tout ne se résume pas aux budgets. Et c’est peut-être là que Saint-Médard possède l’un de ses plus grands atouts. Le SMB attire parce qu’il offre plus qu’un projet sportif : il propose un environnement.
Ludovic Besse, arrivé cette saison, en est le témoin. Ce qu’il a découvert en rejoignant le club, c’est une organisation où le coach peut se concentrer sur le terrain parce que, derrière, tout fonctionne. Un staff technique structuré. Des dirigeants présents. Des bénévoles engagés. Une culture d’entraide rare. Cette solidité invisible constitue une vraie force compétitive.
Elle se retrouve aussi dans le recrutement. Oui, le passage en Nationale 2 impose un renforcement de l’effectif. Oui, le niveau sera plus dense, plus exigeant, plus physique. Mais le SMB veut se renforcer intelligemment, sans dénaturer le noyau qui a gagné. « On ne change pas une équipe qui gagne, on la complète », résume parfaitement cette philosophie. Là encore, le club refuse les révolutions précipitées.
Et surtout, Saint-Médard possède quelque chose que l’argent ne crée pas : une identité. Ici, les joueurs viennent aussi pour l’ambiance, pour le projet humain, pour le sentiment d’appartenir à une famille. Certains, reconnaît le coach, ont choisi le SMB alors qu’ils pouvaient gagner davantage ailleurs. Pourquoi ? Parce que le club aide à trouver un emploi, un logement, des solutions, des relais. Parce qu’ici, le mot collectif ne s’arrête pas au parquet.
C’est cette dimension qui peut permettre au SMB de durer en Nationale 2. Car si le défi financier existe (avec un budget qui devra croître pour accompagner l’ambition) le club sait aussi qu’il dispose d’un capital précieux : sa crédibilité. Et dans le sport moderne, c’est parfois une richesse supérieure.
« Le Saint-Médard Basket, ce n’est pas qu’une équipe première »
Réduire la saison du SMB à la seule montée en Nationale 2 serait une erreur. Car ce qui impressionne dans le projet porté par les dirigeants, c’est sa profondeur. Pendant que l’équipe fanion s’offrait une accession historique, l’équipe réserve montait également, les seniors filles atteignaient le niveau régional, les jeunes performaient dans plusieurs catégories. Rarement une saison aura été aussi complète.
Et c’est probablement là que se mesure le vrai travail des dirigeants. Construire un club, ce n’est pas seulement viser un exploit ponctuel. C’est faire progresser toutes les strates, du mini-basket jusqu’aux seniors. C’est créer des passerelles entre les équipes. C’est former des jeunes capables d’alimenter demain le groupe fanion. C’est penser l’avenir.
Ludovic Besse l’explique très concrètement : la performance de la réserve a eu un impact direct sur l’équipe première, en offrant profondeur d’effectif, qualité d’entraînement et intégration des jeunes. Ce lien entre formation et performance, beaucoup de clubs le revendiquent. Le SMB, lui, le met en pratique.
Cette cohérence, Laurent Chiboust l’a voulue dès son arrivée à la présidence il y a dix ans. Nationale 2 pour les garçons. Niveau régional pour les filles. Développement de la formation. Structuration du club. Dix ans plus tard, ces objectifs prennent forme. Et ce n’est pas un hasard.
Le Saint-Médard Basket entre aujourd’hui dans une nouvelle dimension. Mais ce qui frappe, au-delà de la montée, c’est que le club semble savoir où il va. Avec humilité, mais sans complexe. Avec ambition, mais sans perdre son âme.
Dans un sport souvent dominé par les logiques de moyens, le SMB rappelle une vérité essentielle : un club peut encore grandir grâce à la vision, au travail et aux valeurs.
Et peut-être est-ce cela, au fond, la plus belle victoire de Saint-Médard Basket.