
« Pour des trajets de moins de 5 kms en ville, le vélo est le plus rapide » : à Mérignac, la Maison du Vélo fait rouler la solidarité et les mobilités de demain
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Un lieu militant et ouvert à tous
À Mérignac, la Maison du Vélo s’impose comme un espace à part, à la fois atelier, lieu de rencontre et symbole d’une mobilité en pleine mutation. Pilotée par Julien Tertrais, coordinateur de l’association Léon à Vélo, la structure repose sur un principe simple : l’auto-réparation. « On ne fait pas à votre place, on vous accompagne », explique-t-il. Ici, chacun apprend à entretenir son vélo, quels que soient son âge ou son niveau. Portée par une quarantaine de bénévoles et trois salariés, l’association revendique une démarche sociale et environnementale forte : réemploi de pièces, accessibilité financière et création de lien entre les usagers. « On touche toutes les classes de la population (…) il n’y a pas de lutte de classe chez nous », insiste Julien Tertrais. En quelques années, l’engouement est devenu palpable : l’association est passée d’une centaine à près de 450 adhérents.
Le vélo, une réponse concrète aux enjeux actuels
Face à la hausse des carburants et aux contraintes urbaines, le vélo séduit de plus en plus. « Pour des trajets de moins de 5 km en ville, le vélo reste le moyen le plus rapide », affirme le responsable. Au-delà de l’aspect économique, l’argument sanitaire et environnemental pèse également : « C’est quand même beaucoup plus sympa d’être sur son vélo à l’air libre que dans une voiture ». L’association milite aussi pour de meilleurs aménagements cyclables, condition essentielle pour rassurer les usagers. Mais le changement des habitudes reste progressif. « La résistance au changement est importante », reconnaît-il. Pour autant, la dynamique est lancée : le développement du “vélo-taf” et des vélos cargos ouvre de nouvelles perspectives, y compris pour les familles et les professionnels.
Une bourse aux vélos au cœur de l’économie circulaire
Temps fort de la vie associative, la bourse aux vélos organisée ce samedi 25 avril illustre parfaitement cet engagement. Le principe est clair : dépôt des vélos le matin, vente l’après-midi, dans un modèle de dépôt-vente accessible à tous. « On vend entre 30 et 50 vélos en fonction de l’affluence », précise Julien Tertrais. Les prix varient généralement entre 60 et 300 euros, avec une attention particulière portée aux vélos pour enfants grâce à un système de renouvellement économique. Un diagnostic est réalisé à chaque dépôt afin d’informer les acheteurs en toute transparence. Particularité notable : les vélos à assistance électrique sont exclus, pour des raisons techniques et de durabilité. « Beaucoup ne sont pas réparables (…) ce n’est pas un investissement sur le long terme », alerte-t-il.
Bien plus qu’un atelier, un espace de vie
Au-delà de la mécanique, la Maison du Vélo revendique une dimension profondément humaine. « Le vélo, c’est l’occasion de rentrer, mais les gens viennent aussi papoter, boire un café », raconte Julien Tertrais. Lieu de sociabilité autant que d’apprentissage, l’atelier devient un point de rencontre où l’on échange autant sur la vie que sur les deux-roues. Une philosophie qui accompagne une ambition plus large : redonner au vélo sa place dans la ville et dans les mentalités. « On veut que les cyclistes se sentent en sécurité et qu’ils se réapproprient la cité », conclut-il, convaincu que la transition est en marche, à condition d’avancer collectivement.