
« Si le département ne le fait pas, plus personne ne le fera » les conseillers départementaux, piliers discrets de l’action publique locale
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Un rôle discret mais essentiel au cœur du quotidien
Souvent méconnus, les conseillers départementaux jouent pourtant un rôle pivot dans l’organisation territoriale. « On est très utile », résume d’emblée Amélie Audoit, aux côtés d’Arnaud Arfeuille, avec qui elle forme le binôme élu du canton de Mérignac II. Leur mission est double : représenter leur territoire (Mérignac, Martignas et Saint-Jean-d’Illac) tout en siégeant au niveau départemental. « Nous sommes à l’écoute du territoire, des acteurs présents sur le terrain », explique-t-elle. À l’image des députés, ils portent à la fois les préoccupations locales et participent aux décisions globales. Cette articulation se traduit concrètement par des actions variées : accompagnement des communes, soutien aux projets locaux, présence dans les collèges ou encore gestion des infrastructures. « C’est de l’ingénierie, c’est aider à monter des projets », précise Arnaud Arfeuille, rappelant que leur rôle dépasse largement la simple attribution de subventions.
Collèges, routes, urgences : le département au quotidien
Derrière des services souvent invisibles, l’action départementale structure la vie quotidienne. Les collèges, dont il assure la construction, l’entretien et le fonctionnement, en sont un exemple clé. « Assurer la sécurité et un cadre d’éducation favorable, c’est une priorité », souligne Amélie Audoit. Mais l’intervention ne s’arrête pas là : entretien de plus de 6 000 kilomètres de routes, gestion des ponts, mobilisation lors des crises comme les inondations ou les incendies… « Le département a cette compétence d’urgence pour sécuriser les mobilités », insiste Arnaud Arfeuille. À cela s’ajoute un engagement fort auprès des services de secours, avec un financement conséquent des pompiers. Autant d’actions qui façonnent concrètement le territoire, souvent sans que les habitants en identifient l’origine.
Le social, cœur battant de l’action départementale
C’est toutefois dans le champ social que le département déploie l’essentiel de ses moyens. « C’est la collectivité du social », affirme Arnaud Arfeuille. Protection de l’enfance, accompagnement du handicap, aide aux personnes âgées, RSA : près des deux tiers du budget y sont consacrés. « Si le département ne le fait pas, plus personne ne le fera », martèle-t-il. Face aux critiques sur un supposé « assistanat », les élus assument une vision humaniste : « Permettre à une personne en fauteuil de travailler ou à un enfant d’aller à l’école, ce n’est pas de l’assistanat, c’est de l’humanisme », défend Amélie Audoit. Au-delà de l’aide, il s’agit d’un accompagnement vers l’autonomie : « Quand on met le pied à l’étrier, les gens peuvent avancer ». Dans un contexte économique tendu, marqué par la hausse des besoins sociaux et des ressources contraintes, cette mission apparaît plus que jamais centrale.
Le binôme, une force politique et humaine
Depuis 2015, les conseillers départementaux sont élus en binôme paritaire. Une organisation que les deux élus revendiquent pleinement. « Je suis un fan absolu du binôme », confie Arnaud Arfeuille, soulignant la complémentarité et la richesse des regards. Au-delà du fonctionnement, ce modèle incarne aussi un enjeu démocratique : « Ça permet aux femmes de se projeter et de prendre leur place », insiste Amélie Audoit. Ensemble, ils portent les dossiers du canton, partagent les responsabilités et incarnent une représentation équilibrée des citoyens. Dans un paysage institutionnel parfois jugé complexe, ils rappellent l’essentiel : « On est la collectivité du quotidien ». Une proximité qui, malgré la discrétion du rôle, fait du département un acteur incontournable de la cohésion sociale et territoriale.