← Retour aux actualités

Saint-Médard chute, mais célèbre une saison historique

3 mai 2026 · Actualités · Sport

Saint-Médard-en-Jalles , COSEC Maysonnave
Il y a des soirées où le résultat compte moins que le chemin parcouru. Et puis il y a celles où, malgré la fête annoncée, le terrain rappelle ses exigences. Ce samedi 2 mai, pour la dernière journée de Nationale 3 (poule C), Saint-Médard Basket a vécu un peu des deux. Déjà assuré de son accession en Nationale 2, le leader girondin s’est incliné face à Malaussanne (87-98), au terme d’une rencontre paradoxale, à l’image d’une équipe sans doute déjà tournée vers ses prochains défis.

Une soirée de célébration avant tout

Avant même le coup d’envoi, l’essentiel était ailleurs. Dans les tribunes du COSEC Maysonnave, garnies une nouvelle fois, l’ambiance était à la célébration. Le club n’avait pas seulement une montée à fêter, mais trois. L’équipe première masculine, bien sûr, qui retrouvera la Nationale 2 la saison prochaine après une campagne maîtrisée. Mais aussi les féminines, dont le jeune groupe accède au niveau régional, et la réserve masculine, promue en Régionale 2 avec un effectif largement issu de la formation locale.

Un triplé symbolique, reflet d’un projet structuré, patiemment construit. Les présentations d’équipes, les applaudissements nourris et l’émotion palpable ont donné le ton : cette soirée était celle d’un club en pleine santé.

Un départ tambour battant

Sur le parquet, les Poudriers ont d’abord joué leur partition avec sérieux. Cinq minutes suffisent pour installer leur rythme : défense agressive, jeu rapide, transitions éclairs. Sous l’impulsion d’un Pargade particulièrement en jambes, Saint-Médard impose sa cadence (18-8). Le public pense alors assister à une démonstration dans la continuité de la saison. Mais le sport de haut niveau ne pardonne pas les relâchements, même minimes.

Sans explication évidente, l’intensité baisse. Les approximations s’accumulent. Malaussanne, discipliné, en profite pour recoller. Il faut un tir primé de Jonet dans les dernières secondes du premier quart-temps pour maintenir les locaux en tête (21-17).

Des absences qui pèsent

Privé de trois éléments majeurs (Ballade, Chevalier et Niangane) le collectif girondin perd peu à peu en cohérence. Le deuxième quart-temps illustre parfaitement ce déséquilibre. Les jeunes joueurs, lancés dans le grand bain, répondent présents dans l’engagement, à l’image d’un Séquélé toujours combatif. Mais les automatismes défensifs se fissurent. Les aides arrivent en retard, les rotations manquent de précision.

En face, le coach béarnais Labeyrie ajuste. Défense resserrée sur Darrigand, circulation de balle plus fluide : Malaussanne s’adapte et reste au contact. Saint-Médard conserve néanmoins l’avantage à la pause (47-40), grâce notamment à deux tirs longue distance opportuns.

Un hommage et un tournant

La mi-temps offre une respiration bienvenue. Entre animation assurée par l’association Street Moov et moment solennel, le public assiste à un geste fort : l’hommage rendu à Florent Lalaude. Après 18 saisons au niveau national, le joueur de Malaussanne dispute là ses dernières minutes. Le respect du public girondin, debout pour saluer sa carrière, rappelle que le sport dépasse les rivalités.

Mais au retour des vestiaires, le ton change.

Le match bascule

Le troisième quart-temps marque la rupture. Saint-Médard déjoue, enchaîne les pertes de balle et perd le fil. Malaussanne, presque surpris de l’aubaine, accélère. Dans la raquette, Kwentamo impose sa loi. Plus incisifs, plus constants, les visiteurs prennent l’ascendant. Séquélé tente bien de maintenir les siens à flot, mais l’écart s’inverse (64-68).

Le doute s’installe dans les rangs locaux. Et cette fois, il ne les quittera plus.

Une réaction attendue… mais absente

Le dernier quart-temps devait être celui de la réaction d’orgueil. Il sera celui des regrets. Malgré les efforts de Lucas Mathieu, venu épauler Séquélé dans l’impact, Saint-Médard ne parvient pas à retrouver son jeu. L’adresse extérieure fuit les Girondins, la défense reste perméable. En face, le collectif de Malaussanne déroule, porté par son capitaine et galvanisé par l’envie d’offrir une sortie victorieuse à Lalaude.

La logique est respectée : les visiteurs s’imposent 87-98, dans une fin de match maîtrisée.

Une défaite sans conséquence, mais pas sans enseignements

Au coup de sifflet final, la déception est mesurée. Car l’essentiel est déjà acquis. La montée en Nationale 2, validée plusieurs semaines auparavant, reste intacte. La soirée se conclut d’ailleurs sur un moment fort : un clapping géant réunissant les trois équipes promues, comme un symbole d’unité et de réussite collective.

Mais cette défaite n’est pas anodine. Elle rappelle que la suite de la saison exigera un tout autre niveau d’exigence.

Cap sur les phases finales

Car l’aventure est loin d’être terminée. Dès la semaine prochaine, Saint-Médard retrouvera la compétition avec les phases finales de Nationale 3. Un défi relevé d’entrée face à Grenoble, leader de la poule A et auteur d’une saison quasi parfaite. Dans la foulée, les Girondins enchaîneront avec le Final Four de la Super Coupe Sud-Ouest à Pomarez, sans oublier leur parcours en Coupe de Gironde.

Un calendrier dense, qui nécessitera un effectif au complet et une intensité retrouvée.

Un club en pleine ascension

Au-delà du match, cette saison restera comme l’une des plus marquantes de l’histoire du club. À 93 ans, Saint-Médard Basket confirme sa progression et la solidité de son projet. Le président Laurent Chiboust ne cachait pas sa satisfaction, malgré la défaite :

« Ce soir, on retient surtout la dynamique globale. Trois montées, ce n’est pas un hasard. C’est le résultat d’un travail de fond, porté par des bénévoles engagés, des partenaires fidèles et le soutien de la municipalité. Le club grandit, et ce n’est qu’une étape. »

Le message est clair : l’ambition dépasse une simple accession.

Entre fête et exigence

Samedi soir, Saint-Médard a peut-être perdu un match. Mais il a surtout confirmé qu’il avait changé de dimension. Reste désormais à prouver, dès les prochaines échéances, que cette équipe est capable de conjuguer célébration et performance. Car à ce niveau, une chose est certaine : avoir la tête ailleurs ne pardonne jamais bien longtemps.

Partager sur Facebook ↗ ·