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« Il ne faut pas s’arrêter de vivre » : le tour de France en 2CV qui redonne du souffle face à la maladie Parkinson

7 mai 2026 · Actualités · Société

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Une aventure née de la maladie… et de la musique

Partis le 1er avril de Bourgogne, Martine et Philippe Godefroid se sont lancés dans un défi hors du commun : parcourir plus de 5 000 kilomètres à bord d’une 2CV familiale pour sensibiliser à la maladie de Parkinson. Baptisée « Park in Song », leur initiative est à la fois un clin d’œil à la pathologie qui touche Philippe depuis huit ans et à la passion musicale qui continue de l’animer. « Mon mari joue du piano, de la guitare, de la flûte irlandaise et du saxophone », confie Martine. Dans la petite voiture héritée du père de Philippe, une guitare les accompagne d’étape en étape, symbole d’une volonté farouche de continuer à créer, partager et vibrer malgré la maladie.

Parkinson : un diagnostic brutal, une réalité quotidienne

Derrière cette aventure lumineuse se cache une réalité plus sombre. La maladie de Parkinson, neurodégénérative et incurable à ce jour, bouleverse les trajectoires de vie. Philippe en a fait l’expérience de manière brutale : « On pense avoir un problème banal, et on ressort avec un diagnostic qui vous tombe dessus sans prévenir ». Ce choc initial conduit souvent à l’isolement et au renoncement. Pourtant, le couple s’inscrit en faux contre cette fatalité. « Philippe est malade depuis plus de huit ans, et on fait plein de choses », insiste Martine. Leur message est clair : la maladie impose des adaptations, mais elle ne doit pas confisquer l’envie de vivre.

Sur les routes, une solidarité inattendue et précieuse

Au fil des 52 étapes, une autre réalité s’est imposée : celle d’une solidarité spontanée et profondément humaine. Sans même solliciter d’aide, le couple a été hébergé, soutenu, réparé lors de pannes, souvent par des inconnus. « On ne savait jamais comment allait être la prochaine étape, mais on a toujours été accueillis avec une générosité incroyable », raconte Martine. Des clubs de 2CV aux associations locales, en passant par des particuliers touchés de près ou de loin par la maladie, chacun apporte sa pierre à l’édifice. Ces rencontres transforment le voyage en véritable chaîne humaine, où l’entraide devient une force motrice.

Le rôle essentiel, mais encore fragile, des aidants

Au cœur de ce périple, une autre réalité émerge avec force : celle des aidants. Martine, ancienne cadre de santé, accompagne son mari au quotidien. Elle le rappelle avec lucidité : « Pour pouvoir prendre soin de l’autre, il faut d’abord prendre soin de soi ». Un message encore trop peu entendu, alors que les aidants restent souvent isolés, épuisés et insuffisamment soutenus. Entre manque de structures, inégalités territoriales et aides limitées, leur situation demeure fragile. « Ne restez pas seuls », insiste-t-elle, soulignant l’importance du partage, du soutien psychologique et des moments de répit.

Bordeaux, une étape symbolique pour sensibiliser et transmettre

Ce dimanche, le couple fera escale à Bordeaux, placette de Munich, pour un moment d’échange avec le public. Au programme : témoignages, informations sur la maladie, intervention de l’association France Parkinson et, surtout, un moment musical. Philippe interprétera une version revisitée de la chanson « Au bout de mes rêves », adaptée à son parcours. « On veut montrer que, malgré la maladie, on peut continuer à avancer, à rêver et à partager », explique Martine. Une étape à leur image : sincère, engagée et profondément humaine, avant de reprendre la route vers une arrivée prévue début juin.

À travers ce tour de France pas comme les autres, Martine et Philippe Godefroid rappellent une vérité simple mais essentielle : face à la maladie, la vie ne s’arrête pas: elle se réinvente.

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