
« On considère être prêts pour monter en Fédérale 1 » : Mérignac Rugby à deux matchs d’un rêve historique
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Une qualification maîtrisée qui confirme les ambitions mérignacaises
L’AS Mérignac Rugby continue d’écrire l’une des plus belles pages de son histoire récente. Grâce à une double victoire convaincante face à Rion-Morcenx en seizièmes de finale de Fédérale 2 :44-21 à l’aller puis 46-26 au retour, le club girondin s’est offert une qualification méritée pour les huitièmes de finale. Une étape supplémentaire dans une progression patiente et structurée qui place désormais le club à seulement deux matchs d’une accession en Fédérale 1.
Dans les travées du stade Robert-Brettes, l’excitation grandit. Car l’équation est simple : une qualification pour les quarts de finale ouvrirait automatiquement les portes de l’échelon supérieur. Une opportunité immense pour un club qui avance sans brûler les étapes, mais qui assume désormais clairement ses ambitions.
« Nous, l’objectif, c’était de gagner puisqu’on s’engageait pour gagner », rappelle sans détour le président Jérôme Mercadier. Une déclaration qui résume parfaitement l’état d’esprit du club depuis le début de saison : de l’ambition, mais aussi de la lucidité dans un championnat réputé extrêmement exigeant.
Face à Rion-Morcenx, les Mérignacais ont justement affiché toute leur maturité. Malgré les vingt-trois points d’avance acquis lors du match aller, les joueurs d’Arthur Chollon n’ont jamais laissé place au relâchement. « Le plus important, c’est qu’on n’ait pas eu de blessés, pas eu de carton », souligne l’entraîneur, conscient que les phases finales se jouent souvent sur la profondeur d’effectif et la fraîcheur physique.
Le coach reconnaît aussi avoir utilisé des exemples récents pour maintenir la concentration de son groupe. « Des cas comme ça en rugby, ça existe », explique-t-il en évoquant certaines remontadas aperçues cette saison. Une vigilance qui témoigne du sérieux avec lequel cette équipe aborde désormais chaque rendez-vous.
Une équipe qui a grandi et qui ne découvre plus les phases finales
Ce qui frappe aujourd’hui autour de l’ASMR, c’est cette impression de progression constante. Loin du parcours surprise vécu l’an dernier, Mérignac semble désormais appartenir naturellement à ce niveau de compétition. Le club dispute sa quatrième campagne consécutive en phases finales de Fédérale 2 et cette expérience commence clairement à peser.
« Cette année, on sent qu’on est retournés là où on était l’an dernier avec un peu plus de certitude », analyse Arthur Chollon. Une phrase lourde de sens. Car Mérignac ne découvre plus ces matchs couperets ; le club apprend à les maîtriser.
Le groupe s’est construit autour d’une ossature stable, jeune et fidèle. Le technicien insiste particulièrement sur ce point : « On avait 14 joueurs sur 22 formés au club. Je pense que c’est une des équipes de Gironde où il y en a le plus pour l’équipe première. » Un modèle qui fait aujourd’hui la fierté du club.
Cette stabilité explique aussi pourquoi le staff ne ressent pas de pression excessive avant ce rendez-vous capital. « Quand on travaille sérieusement toute l’année, le jour de l’examen, normalement, ça ne se passe pas trop mal », glisse Arthur Chollon avec sérénité.
Au fil des saisons, Mérignac a appris de ses échecs. L’élimination frustrante contre Cahors l’an dernier reste dans toutes les mémoires. Battus aux essais par une équipe qui deviendra ensuite championne de France, les Mérignacais savent désormais qu’ils ont le niveau pour rivaliser avec les meilleures formations du championnat. « On sait qu’on est capables d’être présents dans ces rendez-vous-là », insiste le coach.
Pont-Long, l’immense défi avant le rêve
Mais pour poursuivre l’aventure, il faudra désormais renverser l’un des monstres de cette Fédérale 2 : Pont-Long. Leader ultra-dominateur de sa poule avec 92 points, le club béarnais impressionne autant par sa régularité que par sa solidité à domicile, où il est resté invaincu toute la saison.
Jérôme Mercadier ne cache pas l’ampleur du défi : « On sait très bien qu’on va affronter une très, très belle équipe et une des plus grosses équipes de Fédérale 2. »
Pour autant, ni peur ni fatalisme dans les rangs mérignacais. Bien au contraire. Le souvenir de l’exploit réalisé la saison passée à Cahors nourrit les convictions du groupe. « On les a battus chez eux alors qu’ils étaient invaincus pendant toute la saison », rappelle Arthur Chollon.
Le match aller, programmé le 31 mai à 15 heures au stade Robert-Brettes, pourrait déjà orienter le destin de cette double confrontation. L’objectif sera clair : créer un écart suffisant avant le déplacement retour dans les Pyrénées-Atlantiques.
« Cette année, ce sera primordial de réussir le match aller », prévient le coach, conscient que Pont-Long demeure presque imprenable sur ses terres.
Durant les quinze jours précédant la rencontre, le staff ne compte rien bouleverser. Préparation habituelle, récupération, travail vidéo et analyse détaillée de l’adversaire rythmeront le quotidien du groupe. « On ne va rien inventer à ce moment-là de la saison », assure Arthur Chollon.
Une montée en Fédérale 1 préparée sans mettre le club en danger
Si l’enjeu sportif est immense, le club refuse néanmoins de tomber dans une forme de précipitation. Mérignac veut grandir durablement, sans compromettre son équilibre.
« On n’est pas en train de jouer notre survie contre Pont-Long », rappelle Jérôme Mercadier. « C’est beaucoup d’excitation. Le club continue à se construire. »
Le président l’assure : l’ASMR se considère aujourd’hui prête sportivement pour évoluer en Fédérale 1. « On considère être prêts pour monter en Fédérale 1. En tout cas, on a les joueurs pour. »
Mais comme souvent dans le rugby amateur de haut niveau, l’équation économique demeure centrale. Avec un budget actuel d’environ 600 000 euros, Mérignac sait qu’un maintien durable à l’échelon supérieur nécessiterait rapidement des ressources supplémentaires.
« On sait qu’il faudra aller très vite chercher 100 000 euros supplémentaires dans le budget pour jouer d’abord le maintien », explique Jérôme Mercadier.
Le président refuse toutefois de dépendre d’un unique mécène. Le projet mérignacais repose avant tout sur un tissu dense de partenaires locaux. « Nous, on veut beaucoup de partenaires. Le plus possible », insiste-t-il. « Les petites entreprises, l’électricien, le boulanger, pour nous, c’est majeur. Parce que c’est ça aussi qui crée la vie du club. »
Cette stratégie s’inscrit pleinement dans la volonté du club de renforcer son ancrage local. Située au cœur d’un bassin économique puissant, Mérignac dispose d’un potentiel considérable que le club cherche désormais à fédérer.
« Il y a une vraie volonté de créer un réseau d’entreprise important autour du club », souligne le président, qui multiplie les appels du pied aux acteurs économiques de la ville et du secteur aéronautique.
Le rendez-vous d’un territoire tout entier
Au-delà du simple enjeu sportif, ce huitième de finale représente aussi un moment charnière pour l’identité du club. Mérignac Rugby veut mobiliser sa ville, créer un véritable élan populaire autour de cette aventure.
« On aura besoin de ce soutien-là », insiste Jérôme Mercadier. « C’est le dernier match de la saison à domicile, quoi qu’il arrive. »
Dans une agglomération dominée médiatiquement par l’Union Bordeaux-Bègles, l’ASMR tente de se faire une place. Sans rivaliser avec l’UBB, le club veut simplement convaincre les passionnés de rugby qu’un projet ambitieux, humain et authentique grandit aussi à Mérignac.
« À Mérignac, on joue plutôt bien au rugby », sourit le président. « On invite les gens à venir voir, tout simplement. »
Le message est lancé. Le 31 mai, le stade Robert-Brettes pourrait bien vivre l’un des plus grands rendez-vous de son histoire récente. Et derrière cette équipe jeune, ambitieuse et formée en grande partie au club, c’est tout un territoire qui espère désormais toucher du doigt la Fédérale 1.