
« Je lance un appel à toutes les bonnes volontés. On a besoin de tout le monde » Entre exploit sportif et bataille administrative, le club refuse de renoncer
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Après une saison exceptionnelle sur les terrains, le Football Club des Écureuils de Mérignac Arlac se retrouve confronté à un obstacle inattendu. Alors que l’équipe première masculine a obtenu sportivement son accession en National 2, la Direction Nationale du Contrôle de Gestion (DNCG) a refusé, dans un premier temps, d’homologuer cette montée. Une décision que le président Joël Lalanne accueille avec incompréhension, tout en restant déterminé à défendre le dossier du club.
Le contraste est saisissant. D’un côté, une saison que le FCE Mérignac Arlac peut qualifier d’historique. De l’autre, une incertitude administrative qui vient freiner l’élan de tout un club. »Nous avons pris acte de la décision », explique calmement Joël Lalanne. « Mais aujourd’hui, nous attendons surtout de connaître les motivations précises de ce refus. »
Car à ce stade, le club ne connaît toujours pas les raisons détaillées ayant conduit la DNCG à ne pas valider son accession en National 2. Une situation qui nourrit forcément de nombreuses interrogations.
Une situation financière profondément redressée
Si le président reconnaît que le club héritait d’une situation financière délicate, il rappelle surtout le travail considérable réalisé depuis plusieurs mois. Les comptes présentaient auparavant deux exercices déficitaires, avec près de 77 000 euros de déficit puis 24 000 euros supplémentaires. Une réalité que la nouvelle gouvernance n’a jamais cherché à minimiser. « Nous avons accepté cette situation et nous avons travaillé pour la redresser. »
Les efforts consentis ont permis de dégager un résultat positif d’environ 113 000 euros, permettant d’effacer les pertes accumulées et de revenir à l’équilibre financier. Une performance obtenue grâce à une mobilisation générale. Le club a réduit sa masse salariale, optimisé ses dépenses de fonctionnement, développé les recettes de sa buvette et demandé des efforts à l’ensemble des équipes. « Les joueurs, les éducateurs, les bénévoles… tout le monde a accepté de faire des concessions. Certains déplacements se sont faits avec des collations plutôt qu’avec des repas au restaurant. Chacun a participé à l’effort. »
Pour Joël Lalanne, cette gestion responsable devait permettre au dossier d’être validé.
Une décision difficile à comprendre
L’audition devant la DNCG s’est déroulée avec l’ensemble des pièces demandées : expert-comptable, commissaire aux comptes, trésorier, documents financiers… « Nous avions fourni tous les éléments qui nous avaient été demandés quinze jours avant l’audition. »
Malgré cela, le refus est tombé le soir même. Le président ne cache pas sa surprise. « Nous pensions présenter un dossier solide. » Sans connaître précisément les motifs du refus, le dirigeant suppose que les déficits des exercices précédents ont pu peser dans l’analyse de la commission, mais préfère attendre les explications officielles avant toute conclusion.
L’appel est lancé
Le club n’a pas perdu de temps. Un appel a immédiatement été déposé.
L’objectif est désormais clair : compléter le dossier avec d’éventuels nouveaux éléments financiers avant le passage devant la commission d’appel. Le calendrier est particulièrement serré. Les décisions devront intervenir avant la mi-juillet afin de permettre l’organisation des compétitions nationales et des périodes de mutation des joueurs. « Cela se joue maintenant à quelques détails ». Le président reste prudent. « Je dirais que c’est du 50-50. »
Préserver un projet sportif ambitieux
Au-delà de l’aspect administratif, l’enjeu concerne directement le projet sportif. L’effectif a été construit pour évoluer en National 2. Une absence de montée pourrait provoquer le départ de certains joueurs, naturellement attirés par un niveau supérieur. Mais Joël Lalanne refuse de céder au pessimisme.
Le club dispose d’un vivier important avec des équipes performantes en Régional 2, Régional 3 et un centre de formation reconnu. « Notre ADN, c’est la formation. » Cette saison encore, les équipes jeunes ont obtenu des résultats remarquables, tandis que les féminines ont également décroché leur titre régional.
Avec près de 900 licenciés, Mérignac Arlac reste l’un des clubs majeurs de la région.
Un club qui ne se résume pas aux chiffres
Au fil de l’entretien, un regret revient régulièrement. Celui de voir les analyses financières occulter tout le travail réalisé au quotidien. Le président évoque notamment les deux équipes de sport adapté, les actions menées avec l’IME de Pessac ou encore l’engagement permanent des bénévoles. « Tout cela compte énormément pour nous. C’est dommage que cet aspect humain ne soit pas davantage pris en considération. » Sans remettre en cause le rôle de la DNCG, il rappelle qu’un club amateur est aussi un acteur social.
Le football amateur face à ses défis
Au-delà du seul cas de Mérignac Arlac, Joël Lalanne dresse un constat plus large sur les difficultés rencontrées aujourd’hui par les clubs amateurs. Hausse des exigences réglementaires, multiplication des formations obligatoires, coûts croissants, diminution de certaines aides publiques… « Les collectivités font déjà beaucoup. Elles arrivent au bout de ce qu’elles peuvent faire. »
Selon lui, les fédérations devront accompagner davantage les structures locales afin de préserver le tissu associatif. Autre inquiétude : la disparition progressive des locomotives régionales. Le président cite notamment les conséquences du recul du football professionnel en Gironde. « Quand nous avions un joueur qui rejoignait les Girondins, c’était un véritable tremplin, il y a beaucoup moins de perspectives pour nos jeunes. »
Une situation qui pousse les meilleurs éléments à quitter rapidement la région.
Une mobilisation collective
Malgré cette période délicate, Joël Lalanne retient surtout les nombreux soutiens reçus. La Ville de Mérignac a confirmé son accompagnement, notamment par le vote récent d’une subvention exceptionnelle. Les partenaires, les éducateurs, les bénévoles, les joueurs mais aussi de nombreux acteurs du football girondin ont adressé leurs encouragements au club.
« Tout le monde est uni. » Un message important pour un président qui souhaite préserver l’image du FCE Mérignac Arlac. « Nous ferons le maximum pour défendre notre dossier. »
Garder le plaisir du football
Au moment de conclure, Joël Lalanne élargit encore le débat. Pour lui, le football amateur doit avant tout rester une école de vie. « Il faut redonner du plaisir. Le club doit rester une seconde famille. » Une philosophie qui résume finalement l’identité du FCE Mérignac Arlac.
Au-delà des chiffres, des commissions et des procédures administratives, le club entend continuer à faire vivre un projet fondé sur la formation, le bénévolat, l’engagement collectif et le développement des jeunes.
En attendant la décision de la commission d’appel, une certitude demeure : le match le plus important de l’intersaison ne se jouera pas sur le terrain, mais dans les instances administratives.