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Canicule : comment le Château Picque Caillou protège ses raisins et prépare les vins de demain

6 juillet 2026 · Actualités · Société

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Au Château Picque Caillou, un nouveau chapitre s’ouvre sous le signe de l’adaptation

Le Château Picque Caillou ouvre une nouvelle page de son histoire. Récemment acquis par Laurent Marti, président de l’Union Bordeaux-Bègles (UBB), le cru pessac-léognanais aborde son premier millésime sous cette nouvelle gouvernance dans un contexte climatique inédit. Entre vagues de chaleur précoces et vendanges qui s’annoncent historiquement en avance, le domaine doit déjà adapter ses pratiques. Aux commandes du vignoble, Stéphane Dief, directeur technique, observe une évolution qui bouleverse les repères des viticulteurs.

Dans les rangs de vigne, le changement saute aux yeux. Le feuillage est volontairement plus abondant et les grappes sont davantage protégées. « On a décidé de moins tailler la vigne et de la laisser un petit peu en vrac pour qu’elle puisse tout simplement protéger les raisins », explique Stéphane Dief. Après les épisodes de fortes chaleurs de la fin mai et de la mi-juin, cette stratégie est devenue indispensable. « Tout ce qui n’est pas protégé est grillé », constate-t-il en montrant des grappes déjà touchées par le soleil. Certaines baies ne grossiront plus. D’autres, préservées par les feuilles, poursuivent normalement leur maturation. « On veut une vigne peut-être un peu moins jolie, mais surtout de beaux raisins. »

Des vendanges historiquement précoces et une viticulture qui évolue

La vigne affiche déjà près de quinze jours d’avance sur son cycle habituel. Les premiers raisins commencent à changer de couleur alors qu’habituellement, ce stade est observé après le 14 juillet. Si les conditions actuelles se poursuivent, les premiers blancs pourraient être récoltés dès la mi-août. « On pourrait battre des records de précocité sur les trente ou quarante dernières années », estime Stéphane Dief. Pour autant, le directeur technique distingue clairement les effets de la chaleur de ceux d’une véritable sécheresse. « Aujourd’hui, on n’est pas en manque d’eau. On est juste avec des chaleurs très fortes qui ont grillé des raisins. » Les sols du domaine, composés de graves reposant sur des horizons plus argileux, permettent encore à la vigne de trouver les réserves nécessaires. La chaleur limite également le développement du mildiou et d’autres maladies. « Les parasites sont très perturbés. Ce qu’il faut maintenant, c’est juste un peu d’eau pour que la vigne continue son cycle. »

Pour Stéphane Dief, ces épisodes ne sont plus exceptionnels. « À une époque, on réclamait le soleil. Aujourd’hui, on est passé de l’autre côté de la barrière, là ça devient excessif. » Face à cette évolution, le Château Picque Caillou adapte progressivement sa conduite de la vigne : maintien d’un feuillage plus protecteur, réflexion sur des porte-greffes plus résistants à la sécheresse et anticipation des vendanges font désormais partie du quotidien.

Préserver le style de Picque Caillou et des grands vins de Bordeaux

Le défi se poursuit dans le chai. Avec des raisins plus riches en sucre, les vins peuvent rapidement gagner en alcool et en puissance. « Si on laisse faire les choses, on peut avoir des vins plus alcooleux, plus tanniques. Ce n’est pas forcément ce que recherche le consommateur aujourd’hui », souligne Stéphane Dief. Pour conserver l’équilibre qui fait la réputation des vins de Bordeaux, les méthodes de vinification évoluent : vendanges plus précoces, extractions plus douces, élevages adaptés… « On veut respecter la typicité de Bordeaux. On ne peut pas changer complètement le style. À nous de contrecarrer les excès du climat pour rester dans un style Bordeaux. »

Pour le Château Picque Caillou, cette première campagne sous l’impulsion de Laurent Marti symbolise donc bien plus qu’un simple changement de propriétaire. Elle marque le début d’un projet où tradition et innovation devront avancer de concert. « On fait tout pour optimiser la matière première que l’on a », résume Stéphane Dief. Un travail de fond qui doit permettre au domaine de préserver l’identité de ses vins tout en répondant aux nouveaux défis imposés par le climat.

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