
Mort de deux pompiers en Gironde : Jean-Luc Gleyze appelle à renforcer les moyens face aux incendies
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Le décès de deux sapeurs-pompiers professionnels, Wilfried et Anthony, survenu lors de l’incendie qui s’est déclaré près de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, a profondément bouleversé la Gironde. Au lendemain de cette tragédie, Jean-Luc Gleyze, président du Conseil départemental de la Gironde, était l’invité de C6 Radio pour évoquer ce drame, rendre hommage aux victimes et répondre aux interrogations sur les moyens de lutte contre les feux de forêt, la prévention et l’avenir du SDIS.
Le président du Département revient sur l’émotion qui touche les familles, les sapeurs-pompiers, mais également l’ensemble du territoire girondin.
Une pensée avant tout pour les familles des 2 pompiers Wilfried et Anthony
Dès le début de l’interview, Jean-Luc Gleyze tient à rappeler que derrière ce drame se trouvent avant tout deux hommes.
Tous deux âgés d’une trentaine d’années, Wilfried et Anthony étaient des sapeurs-pompiers professionnels expérimentés, affectés au centre de secours de Saint-Médard-en-Jalles. L’un d’eux exerçait également comme sapeur-pompier volontaire à Saint-Jean-d’Illac, preuve d’un engagement total au service de la population.
Le président du Département explique avoir rencontré leurs proches dès le soir du drame. Face à une telle épreuve, il reconnaît que les mots restent insuffisants. « Les mots sont toujours très dérisoires comparativement à ce qu’ils sont en train de vivre. »
Le SDIS a immédiatement déployé un accompagnement psychologique destiné aux familles mais aussi aux collègues des deux victimes, particulièrement touchés par cette disparition brutale.
Une immense émotion dans toute la famille des sapeurs-pompiers
Au-delà des proches, c’est l’ensemble des sapeurs-pompiers girondins qui vivent un choc. Jean-Luc Gleyze décrit des collègues « bouleversés » et « dévastés », rappelant que la devise des pompiers est « Sauver ou périr », même si leur mission première reste de sauver des vies et de revenir eux-mêmes sains et saufs.
Selon lui, cette tragédie dépasse largement la Gironde. Les nombreux hommages venus de toute la France, des collectivités, des associations, des entreprises mais aussi du Président de la République et du ministre de l’Intérieur témoignent de l’attachement profond des Français envers les sapeurs-pompiers. « Les sapeurs-pompiers sont les premiers qui viennent nous secourir lorsque nous sommes en difficulté. »
Une enquête est en cours pour comprendre le drame
Interrogé sur les circonstances précises de l’accident, Jean-Luc Gleyze reste prudent. À ce stade, il rappelle que l’enquête judiciaire est toujours en cours et que seule celle-ci permettra de comprendre exactement ce qui s’est produit.
Le président insiste sur un point essentiel : les familles ont droit à la vérité. Il souhaite que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cette intervention, avec une transparence totale, tant pour les proches que pour les représentants des personnels du SDIS. « Il faut absolument avoir toute transparence. »
Des incendies de plus en plus violents en Gironde
Si les circonstances exactes restent inconnues, Jean-Luc Gleyze confirme que le feu présentait des caractéristiques particulièrement dangereuses. L’incendie s’est rapidement propagé dans des pins de grande hauteur avant de gagner les cimes, phénomène connu pour produire une intensité extrême.
Le président rappelle également la règle des « 3 x 30 », particulièrement redoutée des spécialistes :
- une humidité inférieure à 30 % ;
- une température supérieure à 30 °C ;
- des vents dépassant 30 km/h.
Lorsque ces trois conditions sont réunies, les incendies deviennent beaucoup plus difficiles à maîtriser et peuvent changer brutalement de comportement.
Selon lui, les feux observés depuis plusieurs années sont directement liés à des conditions climatiques de plus en plus extrêmes.
Le SDIS de la Gironde a renforcé ses moyens depuis les incendies de 2022
Depuis les gigantesques incendies de Landiras et de La Teste-de-Buch en 2022, d’importants investissements ont été réalisés. Jean-Luc Gleyze rappelle que le Département consacre plus de 100 millions d’euros par an au financement du SDIS.
Parmi les nouveaux moyens mis en place figurent notamment :
- quatre avions Air Tractor
- un hélicoptère bombardier d’eau
- un avion Dash
- des groupes spécialisés dans les feux de forêt
- des caméras de détection assistées par intelligence artificielle
- l’utilisation de drones pour détecter rapidement les départs de feu.
Ces équipements permettent aujourd’hui une meilleure réactivité, même si le président rappelle qu’aucun incendie ne ressemble à un autre et qu’aucune intervention n’est sans danger pour les secours.
Le changement climatique impose une nouvelle stratégie
L’un des moments forts de l’entretien concerne l’évolution du climat. Jean-Luc Gleyze rappelle que les spécialistes annoncent qu’à l’horizon 2050, la Gironde pourrait connaître un climat comparable à celui de Séville aujourd’hui.
Pour lui, les incendies exceptionnels de 2022 risquent malheureusement de devenir beaucoup plus fréquents. Cette évolution oblige les pouvoirs publics à adapter leurs moyens de prévention, de surveillance et d’intervention.
Le président estime également que le financement des SDIS devra être renforcé dans les années à venir afin d’accompagner cette nouvelle réalité climatique. Il indique vouloir porter ce message auprès du ministre de l’Intérieur afin que les services départementaux disposent de ressources financières plus importantes et plus pérennes.
La prévention reste la meilleure arme contre les feux
Jean-Luc Gleyze rappelle enfin une réalité souvent méconnue :plus de 90 % des incendies sont d’origine humaine, qu’ils soient volontaires ou accidentels.
Face à cette situation, chacun peut agir. Le président invite les habitants à respecter strictement les niveaux de vigilance décidés par la préfecture, à éviter les barbecues, les travaux en forêt ou tout comportement susceptible de provoquer un départ de feu.
Son message est clair : « Le meilleur incendie est celui qui ne se déclare pas. » Selon lui, chaque geste de prévention permet aussi de protéger les femmes et les hommes qui risquent quotidiennement leur vie pour défendre les populations et les forêts.
« Les flammes ne doivent jamais éteindre notre reconnaissance »
En conclusion de cette interview, Jean-Luc Gleyze livre un message particulièrement fort.
Il affirme que Wilfried et Anthony ne seront jamais oubliés. Les cérémonies de la Sainte-Barbe, les futurs hommages du SDIS et le souvenir entretenu par l’ensemble des sapeurs-pompiers permettront de perpétuer leur mémoire.
Mais, au-delà des cérémonies, le président insiste surtout sur la nécessité d’accompagner durablement leurs familles dans les semaines, les mois et les années à venir. Pour lui, si les flammes finiront par s’éteindre, la reconnaissance envers ces deux pompiers morts en accomplissant leur mission devra, elle, demeurer intacte.
Gironde : la vigilance rouge déclenchée face au risque de feux de forêt – C6Radio