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« Personne ne peut ouvrir son commerce », Saint-Aubin face à une situation inédite

27 juillet 2026 · Actualités · Économie · Société

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Évacuée dans la nuit de vendredi à samedi en raison de l’incendie qui touche le nord-ouest de la Gironde, la commune de Saint-Aubin-de-Médoc vit des heures d’angoisse. Invité de C6 Radio, Jacques Lerman, président de l’association des commerçants de Saint-Aubin et dirigeant d’une agence immobilière, témoigne d’une situation inédite où l’urgence reste avant tout humaine, même si les conséquences économiques s’annoncent déjà importantes.

Une commune évacuée, entre inquiétude et incertitude

Depuis l’ordre d’évacuation, habitants comme commerçants ont dû quitter précipitamment la commune, sans savoir dans quel état ils retrouveront leurs biens.

« Nous avons tous dû évacuer vendredi dans la nuit. Il y a un grand désespoir et beaucoup d’inquiétude pour savoir comment nous allons retrouver nos maisons et nos commerces », confie Jacques Lerman.

Au moment de l’entretien, les informations communiquées par la mairie faisaient état d’un incendie situé à environ neuf kilomètres de Saint-Aubin-de-Médoc. Une proximité qui entretient une forte tension parmi les habitants. Malgré tout, le président des commerçants garde confiance dans le travail des secours : « On espère que nos valeureux et courageux pompiers arriveront à bloquer tout ça. »

Une économie locale totalement à l’arrêt

L’évacuation entraîne également l’arrêt complet de l’activité économique. Aucun commerce ne peut ouvrir et les salariés ne peuvent rejoindre leur lieu de travail.

Pour Jacques Lerman, les répercussions seront inévitables. « Personne ne peut aller travailler, personne ne peut ouvrir son commerce. Économiquement, cela va forcément porter préjudice. »

Au-delà des pertes immédiates, il redoute également un impact durable sur l’attractivité de la commune. « Les incendies vont certainement laisser des traces sur le marché économique de Saint-Aubin. »

Pour l’heure, les commerçants ne s’interrogent pas encore sur les dispositifs d’indemnisation ou les éventuelles aides. Selon lui, l’heure est avant tout à la gestion de la crise. « On gère le phénomène au jour le jour. Les questions d’aides viendront ensuite. On compte sur le dynamisme de la mairie pour nous accompagner, mais il faudra avancer étape par étape. »

La solidarité avant les préoccupations personnelles

Si les commerçants savent que leur activité sera impactée, Jacques Lerman insiste sur un point : les préoccupations économiques passent aujourd’hui après la situation des victimes les plus durement touchées. « On pense aussi aux communes comme Le Porge ou Le Temple, qui sont très touchées. On essaie d’être solidaires et de ne pas penser uniquement à notre propre situation. »

Cette solidarité s’exprime également au sein même de la commune, où de nombreux habitants sont engagés comme sapeurs-pompiers volontaires. « C’est presque une culture à Saint-Aubin. Nous avons beaucoup de pompiers volontaires parmi nos habitants. »

L’immobilier aussi sous pression

Professionnel de l’immobilier, Jacques Lerman s’inquiète également des conséquences que ces incendies pourraient avoir sur un marché déjà fragilisé. « Beaucoup de personnes viennent d’autres régions pour s’installer ici. C’est un territoire très attractif. Le marché immobilier ne se portait déjà pas très bien et il risque de prendre un nouveau coup. »

Selon lui, il est encore trop tôt pour mesurer précisément les effets, mais les inquiétudes sont bien présentes.

Les commerçants restent en contact

Pour maintenir le lien entre les professionnels de la commune, l’association des commerçants échange régulièrement via un groupe WhatsApp.

« On fait un point entre nous, mais on essaie surtout de garder la tête froide. »

Tous espèrent pouvoir retrouver rapidement leur commune, même si l’évolution des conditions météorologiques laisse planer de nombreuses incertitudes.

« On espère que la situation se résoudra cette semaine, mais avec le vent, les températures et la fatigue des pompiers, on ne peut pas leur demander l’impossible. »

Un appel à tirer les leçons du passé

Interrogé sur les annonces d’un futur soutien de l’État aux territoires sinistrés, Jacques Lerman estime qu’au-delà des aides qui seront nécessaires, certaines mesures auraient dû être engagées bien avant le déclenchement de cette nouvelle catastrophe.

Selon lui, de nombreux élus locaux et professionnels de la forêt avaient déjà alerté après les grands incendies survenus il y a quelques années. « Beaucoup de maires et de professionnels de la nature avaient réclamé des interventions en amont. Nous n’avons pas tiré toutes les leçons des grands incendies d’il y a quatre ou cinq ans. »

Enfin, il évoque les situations les plus dramatiques auxquelles son agence est déjà confrontée. « Des clients nous appellent en désespoir en disant : « Notre maison a brûlé de A à Z, trouvez-nous un logement en urgence. » Ce sont des situations extrêmement difficiles. »

Pour les commerçants de Saint-Aubin-de-Médoc, l’heure reste avant tout à la solidarité et à l’attente, dans l’espoir que les secours parviennent à protéger la commune et à permettre un retour rapide de ses habitants.

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