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Cyberattaques : les collectivités locales aussi en première ligne

19 août 2026 · Actualités · Politique · Société

Face à la multiplication des cyberattaques, le gouvernement veut accélérer la protection des systèmes informatiques de l’État. Une annonce qui concerne aussi directement les collectivités locales, de plus en plus dépendantes de leurs outils numériques.

« Arrêtons de découvrir la lune à chaque cyberattaque. La menace est connue : massive, organisée, hybride. » Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une nouvelle étape dans le renforcement de la cybersécurité de l’État.

Le chef du gouvernement demande notamment au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) de constituer, sous trois jours et autour de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), une « unité de première intervention ».

Cette équipe devra pouvoir être mobilisée rapidement dès lors qu’un « accès sensible » est compromis et rester engagée jusqu’au rétablissement de la situation.

Les communes également concernées

Si l’annonce vise en premier lieu les services de l’État, la question dépasse largement les seules administrations centrales.

Les communes, intercommunalités et autres collectivités locales utilisent aujourd’hui de nombreux services numériques pour assurer leurs missions quotidiennes : état civil, gestion des écoles, finances, ressources humaines, urbanisme, démarches administratives ou encore gestion des équipements municipaux.

Une attaque informatique peut ainsi rapidement perturber le fonctionnement d’une mairie et empêcher temporairement certains services de fonctionner normalement.

Pour les petites collectivités, le problème est d’autant plus important que les moyens humains consacrés à la cybersécurité sont souvent limités. Une commune ne dispose pas nécessairement d’un service informatique capable d’identifier une intrusion, de sécuriser les systèmes concernés et d’organiser la reprise de l’activité.

Une réponse qui veut être plus rapide

C’est précisément cette capacité à réagir rapidement que le gouvernement souhaite renforcer. Sébastien Lecornu rappelle avoir lancé dès le mois d’avril un plan d’urgence composé de 40 actions et accompagné de 200 millions d’euros supplémentaires.

Il indique également avoir créé une première cellule interministérielle de crise cyber, qu’il affirme avoir personnellement présidée lundi. L’objectif est de mieux coordonner les différents services de l’État lorsqu’une attaque survient et de limiter le temps pendant lequel les systèmes restent vulnérables.

Pour les collectivités, cette logique rappelle une réalité simple : lorsqu’une attaque se produit, la rapidité de réaction peut être déterminante.

La cybersécurité ne repose pas uniquement sur la technologie

Le Premier ministre insiste également sur un autre aspect : la sécurité informatique dépend largement des pratiques quotidiennes. « La cybersécurité n’est pas qu’une affaire de crédits. C’est aussi une discipline : hygiène numérique de chacun, détection précoce, commandement clair, exercices, retours d’expérience », souligne-t-il.

Mots de passe, gestion des droits d’accès, mises à jour, sauvegardes ou encore vigilance face aux courriels frauduleux font partie des gestes qui peuvent limiter les risques.

Dans une mairie comme dans une entreprise, une erreur humaine peut parfois suffire à permettre à un attaquant d’accéder au système informatique.

« Planifier, tester, agir »

Sébastien Lecornu souhaite donc développer une véritable culture de préparation aux cyberattaques. « La culture régalienne que j’ai apprise au ministère des Armées doit se propager partout dans l’État : planifier, tester, agir », affirme-t-il.

Pour les collectivités, cela signifie notamment ne pas attendre qu’une attaque survienne pour se demander comment réagir. Identifier les personnes à contacter, connaître les procédures à suivre, disposer de sauvegardes et tester régulièrement la capacité à redémarrer les services informatiques constituent autant de mesures permettant de limiter les conséquences d’une attaque.

Un enjeu qui dépasse l’informatique

Le gouvernement entend enfin replacer la cybersécurité dans une réflexion plus large sur les missions régaliennes de l’État. Justice, sécurité civile, défense et menaces cyber sont ainsi citées par le Premier ministre parmi les priorités auxquelles l’État devra consacrer davantage de moyens.

Cette orientation devrait également se retrouver dans la préparation du budget 2027. « Le budget pour 2027 devra donc assumer un choix clair : poursuivre et amplifier cet effort, pour un État plus fort et plus puissant », estime Sébastien Lecornu.

Pour les collectivités locales, reste désormais une question essentielle : comment cette nouvelle stratégie nationale se traduira-t-elle concrètement sur le terrain ?

Car derrière les annonces gouvernementales, la cybersécurité est aussi devenue un enjeu très concret pour les mairies et les intercommunalités. À mesure que les démarches administratives et les services publics se numérisent, protéger les systèmes informatiques revient aussi à protéger la continuité du service public local.

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