
Incendies en Gironde : Jean-Luc Gleyze soutient le directeur du SDIS et réclame davantage de moyens
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Conférence de presse de rentrée de Jean-Luc Gleyze, ce mardi 8 septembre, à Eysines. Soutien au directeur du SDIS, grève des sapeurs-pompiers, accompagnement des sinistrés, coût de la crise et situation financière : les sujets n’ont pas manqué pour le président du Département.
« Je soutiens le directeur du SDIS très clairement »
Face aux interrogations et aux critiques qui ont suivi les incendies, Jean-Luc Gleyze reconnaît la légitimité des demandes exprimées par les sinistrés.
« La douleur et la détresse des personnes qui ont perdu leur maison est tout à fait compréhensible », souligne-t-il. Pour le président du Département, « demander la transparence et la clarté, c’est légitime ».
En revanche, il apporte un soutien sans ambiguïté au directeur du SDIS de la Gironde, visé par des critiques parfois violentes et des demandes de démission.
« Je soutiens le directeur du SDIS très clairement », affirme Jean-Luc Gleyze, qui associe à ce soutien les autres responsables du commandement des opérations.
Présent à plusieurs reprises dans les postes de commandement pendant les incendies, il dit avoir constaté « la difficulté de l’exercice » et les choix complexes auxquels les responsables des secours ont été confrontés. Il condamne également les insultes adressées à certains responsables, notamment à la préfète de la Gironde, qu’il juge « pas admissibles ».
Grève des pompiers : Gleyze soutient leurs revendications
Les sapeurs-pompiers ont entamé ce mardi 8 septembre un mouvement de grève prévu pour durer six semaines. Jean-Luc Gleyze apporte son soutien à leurs revendications et rappelle que le Département réclame depuis 2022 des moyens supplémentaires et pérennes pour les services d’incendie et de secours.
« Ce qu’ils réclament, ce sont des moyens supplémentaires pour les services départementaux d’incendie et de secours », explique-t-il, se disant « en phase avec les revendications des sapeurs-pompiers ».
Croissance démographique, vieillissement de la population, augmentation des secours à personne, incendies, tempêtes ou inondations : l’activité et les risques auxquels doivent répondre les SDIS progressent.
Pour financer ces besoins, Jean-Luc Gleyze souhaite notamment que le secteur de l’assurance contribue davantage, à travers une augmentation de la part de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance affectée aux services de secours.
Le président du Département a rappelé qu’après les incendies de 2022, il avait été estimé que l’action des sapeurs-pompiers avait permis d’éviter environ 3 milliards d’euros d’indemnisations aux assurances, grâce notamment aux habitations sauvées des flammes.
« Chaque fois que l’on sauve un bien, c’est autant d’indemnisation en moins » pour les assurances, résume-t-il.
Près de 9 millions d’euros pour le Département
Les conséquences des incendies continuent par ailleurs de mobiliser fortement les services départementaux. Jean-Luc Gleyze estime à ce stade leur impact financier à près de 9 millions d’euros.
Plus de 350 agents départementaux ont été mobilisés. Le Département fait également état de 199 situations de relogement accompagnées, dont 92 foyers ayant déjà trouvé une solution, de 7 500 repas préparés dans les collèges et de quatre établissements ouverts pendant la crise. Vingt-quatre psychologues ont également assuré 53 journées de soutien psychologique.
Sur le réseau routier, l’enveloppe nécessaire aux réparations et opérations d’élagage, notamment après l’incendie de Saumos, est estimée à près de 8,1 millions d’euros.
Pour Jean-Luc Gleyze, le travail est loin d’être terminé : « L’accompagnement se fera sur le temps long ». Certains sinistrés auront encore besoin de plusieurs mois avant de retrouver une solution de logement durable.
Mieux anticiper les prochaines crises
Cette crise doit également permettre de tirer des enseignements. Jean-Luc Gleyze estime nécessaire de renforcer et d’améliorer le plan départemental de sauvegarde, notamment concernant la prise en charge des publics les plus fragiles.
Il a particulièrement évoqué la situation des personnes âgées évacuées, dont certaines ont souffert des déplacements et des conditions liées à leur évacuation. Le Département souhaite mieux anticiper leur prise en charge lors de futures crises et prévoir des solutions davantage adaptées à leur âge, leur état de santé et leur autonomie.
Les finances départementales toujours sous tension
Cette rentrée intervient enfin dans un contexte financier difficile. Jean-Luc Gleyze confirme la poursuite du plan de retour à l’équilibre, avec un objectif de réduction du déficit à l’horizon 2028, tout en réclamant au gouvernement une meilleure prise en compte des difficultés des Départements dans le budget 2027.
Le président girondin pointe une contradiction : les Départements doivent réaliser des économies alors que les besoins continuent d’augmenter dans les secours, le handicap, l’autonomie, les collèges ou encore l’accompagnement social.
Une équation devenue centrale pour Jean-Luc Gleyze : continuer à assurer les missions de solidarité et de service public tout en disposant de marges financières de plus en plus contraintes.