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Touch Rugby : « Si Louis Bielle-Biarrey veut venir jouer, on lui fera une place ! »

17 septembre 2026 · Actualités · Sport

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À 28 ans, William Fiévet a dû arrêter le rugby à XV après une commotion qui lui a fait perdre temporairement l’usage de ses jambes. Grosse frayeur. Quelques années plus tard, il est devenu l’un des cadres de Bordeaux Touch et porte le maillot de l’équipe de France. Une discipline sans plaquage qui a changé sa façon de voir le rugby, au point d’estimer qu’il aurait peut-être été meilleur à XV s’il avait découvert le Touch plus jeune.

À 28 ans, il pense devoir arrêter le rugby

Originaire du secteur de Langon, William Fiévet commence le rugby à cinq ans. Il le pratique pendant plus de vingt ans, en France, en Angleterre puis au Canada.

C’est à Montréal que son parcours bascule. Lors d’un match, un plaquage provoque une commotion. Pendant une quinzaine de minutes, il perd temporairement l’usage de ses jambes. Les sensations reviennent progressivement, mais l’épisode laisse des traces.

À 28 ans, la crainte d’une nouvelle commotion lui fait sérieusement envisager l’arrêt.

C’est au Canada qu’il découvre alors le Touch Rugby. Pas de plaquage, pas de jeu au pied, mais beaucoup de rythme et de déplacements. D’abord sceptique, William se prend rapidement au jeu.

De Bordeaux Touch jusqu’au maillot bleu

De retour en Gironde, William Fiévet poursuit cette nouvelle pratique et rejoint Bordeaux Touch.

Le club rassemble aujourd’hui environ 45 membres dans une discipline qui compte autour de 3 000 licenciés en France. Le Touch se joue à six contre six, sans plaquage ni jeu au pied. Un simple toucher arrête le porteur du ballon et les temps morts sont rares.

Autre particularité : hommes et femmes peuvent également évoluer ensemble dans les compétitions mixtes.

William Fiévet devient progressivement l’un des cadres de Bordeaux Touch. Quelques années seulement après avoir découvert la discipline à Montréal, il intègre l’équipe de France masculine des plus de 30 ans.

En juillet, à Vichy, il dispute ses premiers championnats d’Europe : dix matchs en quatre jours et une médaille de bronze après une défaite face à l’Irlande en demi-finale.

La France décroche également le titre européen en mixte Open face à l’Angleterre.

Une trajectoire inattendue pour celui qui, quelques années auparavant, pensait devoir arrêter le rugby.

« J’aurais peut-être eu une meilleure carrière à XV »

Cette expérience a surtout changé le regard de William Fiévet sur le sport qu’il pratique depuis l’enfance.

« Si j’avais commencé par le Touch, peut-être que j’aurais eu une meilleure carrière au rugby à XV », estime-t-il.

Sans plaquage, impossible de compter sur le contact pour faire la différence. Il faut davantage éviter, accélérer, changer de direction, lire les espaces et faire circuler rapidement le ballon.

William insiste aussi sur la qualité de passe. Au Touch, certaines peuvent dépasser les 30 mètres et doivent parfois être réalisées dans des espaces très réduits.

Autant de qualités qu’il aurait aimé travailler beaucoup plus tôt.

Une piste pour les écoles de rugby

De là vient aussi sa conviction que le Touch pourrait avoir davantage de place dans la formation des jeunes rugbymen.

William Fiévet cite l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou encore l’Afrique du Sud, où cette discipline est, selon lui, davantage pratiquée par les jeunes avant ou parallèlement au rugby à XV.

Pas question d’opposer les deux sports. Le Touch peut au contraire permettre de travailler très tôt l’évitement, les appuis, la lecture du jeu ou encore la qualité de passe.

Bordeaux Touch réfléchit d’ailleurs à la création d’une école pour les plus jeunes. Le projet nécessite encore de réunir suffisamment d’encadrants.

« Si Louis Bielle-Biarrey veut essayer le Touch, on lui fera une place »

Et lorsqu’il est question de vitesse et d’évitement dans le rugby à XV actuel, le nom de Louis Bielle-Biarrey arrive naturellement dans la discussion.

Pour William Fiévet, l’ailier de l’UBB et du XV de France montre que, malgré des joueurs toujours plus puissants, les accélérations, les déplacements et la capacité à éviter les défenseurs restent des armes majeures.

Des qualités qui correspondent particulièrement bien au Touch.

Alors, à l’idée de voir un jour Louis Bielle-Biarrey essayer la discipline, William Fiévet répond avec le sourire : « Si Louis veut venir jouer, on lui fera une place. »

Une invitation qui illustre aussi la volonté de Bordeaux Touch de mieux faire connaître sa discipline. Avec une quarantaine de pratiquants et un projet d’école pour les plus jeunes, le club bordelais cherche désormais à franchir une nouvelle étape dans son développement.

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