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Mérignac : le Carré Jeunes inauguré sous le nom d’Alain Anziani, entre jeunesse et transmission

16 septembre 2026 · Actualités · Associations · Culture · Économie · Politique · Société · Sport

Plus qu’un nouvel équipement municipal, c’est un lieu consacré à la jeunesse et déjà chargé de mémoire qui a été inauguré ce mercredi 16 septembre au cœur du centre-ville de Mérignac. Le Carré Jeunes – Pôle Jeunesse porte désormais le nom d’Alain Anziani, ancien maire de la ville, disparu en 2025 et particulièrement investi dans ce projet. Un équipement de plus de 10 millions d’euros qui rassemble accompagnement, information, insertion et logement pour les jeunes.

Il aura fallu plus de dix ans pour que le projet devienne réalité. Désormais installé en plein centre-ville de Mérignac, à proximité de la médiathèque Michel Sainte-Marie, le Carré Jeunes veut devenir un lieu de référence pour les jeunes du territoire.

Un équipement destiné aux 11-30 ans et pensé autour d’un principe : éviter de multiplier les interlocuteurs et permettre aux jeunes de trouver, dans un même lieu, des réponses concernant leur logement, leur formation, leur insertion professionnelle, leur santé, leurs loisirs ou encore leur engagement citoyen.

Mais cette inauguration a également été marquée par un nom : celui d’Alain Anziani.

Le souvenir d’Alain Anziani au cœur du nouveau lieu

En donnant au Pôle Jeunesse le nom de son prédécesseur, Thierry Trijoulet a souhaité rappeler l’implication de l’ancien maire de Mérignac dans la naissance et le développement du projet.

« C’est aussi l’occasion de rendre hommage à mon prédécesseur Alain Anziani, qui s’était particulièrement investi sur ce projet », a rappelé le maire. Pour Thierry Trijoulet, cette dénomination vient ainsi marquer dans la ville « l’engagement passé au service de l’autre ».

Un hommage qui a traversé plusieurs des prises de parole de cette inauguration.

Conseiller départemental de la Gironde, Alain Charrier a rappelé qu’Alain Anziani avait été maire de Mérignac, sénateur de la Gironde mais également président de Bordeaux Métropole, soulignant son engagement au-delà des seules frontières mérignacaises.

Marie Récalde, députée de la 6e circonscription de la Gironde et conseillère municipale de Mérignac, a livré un hommage plus personnel, évoquant « un homme qui croyait viscéralement en la force de la transmission, en la force de la justice sociale, en la force du service public ».

Elle a également rappelé une phrase qu’Alain Anziani prononçait régulièrement : « Nous ne sommes que de passage. » Une formule qui prend une résonance particulière pour un équipement destiné précisément aux générations qui viennent.

Le choix de son nom crée ainsi un lien entre deux dimensions du projet : la mémoire de celui qui a contribué à le porter et la jeunesse qui doit désormais s’en emparer.

« C’est à nous d’essayer de comprendre la jeunesse »

Au-delà de l’hommage, l’inauguration a surtout permis à la Ville de réaffirmer la place qu’elle entend donner aux jeunes.

Thierry Trijoulet a notamment défendu une approche qui consiste à ne pas faire porter sur la jeunesse la responsabilité des difficultés qu’elle rencontre.

« C’est à nous, les plus anciens, d’essayer de comprendre la jeunesse pour l’accompagner au mieux », a déclaré le maire, estimant qu’il revient aux adultes de s’interroger plutôt que de « responsabiliser et de culpabiliser la jeunesse ».

Une philosophie que la municipalité entend matérialiser avec ce nouvel équipement.

Le Carré Jeunes doit ainsi fonctionner comme un véritable lieu ressource, avec des espaces de vie, d’information, de formation et de loisirs. Les jeunes ont également vocation à prendre part à la gouvernance des différents espaces. Ils ont d’ailleurs été associés à la conception du projet à travers plusieurs ateliers organisés avec les professionnels et futurs utilisateurs.

Pour le maire, ce nouvel équipement doit devenir « le symbole, le phare, l’incarnation de la dynamique jeunesse » de Mérignac, avec un accompagnement coordonné autour de l’emploi, de l’insertion, de la santé, du sport, de la culture ou encore de l’animation.

Accompagner, orienter, former… et loger

La particularité du Carré Jeunes réside justement dans le regroupement, au même endroit, de plusieurs dimensions de la vie des jeunes.

Les services jeunesse de la Ville, la Mission Locale Technowest et Technowest Logement Jeunes doivent notamment y travailler ensemble.

Thomas Boubagra, président de Technowest Logement Jeunes, a résumé la philosophie du projet en quelques verbes : « accompagner, orienter, former, loger, créer du lien et permettre l’autonomie ».

Car les difficultés rencontrées par les jeunes sont souvent liées entre elles. Une difficulté de logement peut compliquer l’accès à l’emploi, comme l’absence d’emploi peut empêcher de se loger. Une situation administrative peut freiner une formation tandis que l’isolement peut fragiliser un parcours. L’objectif du Carré Jeunes est précisément de décloisonner ces réponses.

Cette approche prend également une dimension particulière dans une période où les financements publics se contractent. Thomas Boubagra a ainsi défendu l’accompagnement des jeunes comme « un investissement dans notre avenir collectif » plutôt que comme une dépense, estimant qu’aider un jeune à se loger, travailler, se former et devenir autonome revient à accompagner la construction du citoyen de demain.

Le logement, autre enjeu majeur

Le bâtiment ne se limite donc pas aux espaces d’accueil et d’accompagnement.

Les étages accueillent également une résidence Habitat Jeunes, avec des logements destinés à faciliter l’accès à l’autonomie.

Martine Jardiné, présidente de Gironde Habitat, a notamment insisté sur cette articulation entre accompagnement et habitat. Elle a annoncé des loyers compris approximativement entre 280 et 400 euros, très inférieurs selon elle aux prix rencontrés dans le parc privé.

Un enjeu particulièrement important alors que l’accès au logement constitue l’un des principaux obstacles rencontrés par une partie des jeunes actifs.

Alain Charrier a d’ailleurs rappelé les difficultés pour se loger aujourd’hui dans la métropole bordelaise mais également dans d’autres secteurs du département, notamment les territoires touristiques ou viticoles où certains jeunes travailleurs peinent à trouver un logement accessible.

Plus de 5 200 jeunes concernés à Mérignac

L’importance de cette politique jeunesse se traduit aussi dans les chiffres.

Selon Nathalie Gaillard-Bienfait, présidente du conseil d’administration de la CAF de la Gironde, plus de 5 200 jeunes de 12 à 24 ans sont aujourd’hui couverts par la CAF à Mérignac.

Elle a également rappelé que le projet avait été travaillé de manière participative, avec des jeunes, des habitants, des partenaires et des professionnels associés à la réflexion sur les espaces, les activités et la gouvernance du lieu.

La CAF de la Gironde a participé au financement de l’équipement à hauteur de 500 000 euros en investissement et continuera à accompagner son fonctionnement.

Le projet global dépasse quant à lui les 10 millions d’euros, selon Thierry Trijoulet. Il résulte d’une coopération entre la Ville de Mérignac, Gironde Habitat et plusieurs partenaires institutionnels.

Un bâtiment également pensé pour l’avenir

L’ambition du projet se retrouve enfin dans la conception du bâtiment.

La construction répond à des exigences environnementales élevées, avec notamment le recours à des matériaux biosourcés, une attention portée au confort thermique durant l’été et un raccordement au réseau de chaleur urbain du centre-ville.

Une dimension environnementale que Marie Récalde a directement reliée à la jeunesse : « Nous ne pouvons pas parler d’avenir aux jeunes si nous ne leur laissons pas une planète habitable et des villes soutenables. »

Un lieu désormais entre les mains des jeunes

Après plus de dix années de réflexion, de recherche de financements, de discussions et de construction, le Carré Jeunes entre maintenant dans une nouvelle étape : celle de son utilisation quotidienne.

Thomas Boubagra l’a résumé lors de l’inauguration : les partenaires ont construit les murs, mais il reste désormais à construire ce qui va se passer à l’intérieur.

L’ambition est qu’un jeune qui en franchit la porte puisse y trouver bien davantage qu’une administration ou un logement : un endroit où être écouté, accompagné et où construire son propre parcours.

C’est probablement là que se rejoignent le mieux les deux dimensions de cette inauguration. Le nom d’Alain Anziani inscrit dans le bâtiment la mémoire et la transmission. Les jeunes qui vont désormais l’occuper, y vivre et y construire leurs projets devront, eux, en écrire la suite.

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