
Saint-Médard Basket : la Nationale 2, un nouveau défi à tous les étages
🎙 Podcast audio
Promu en Nationale 2 après une saison historique, le Saint-Médard Basket a changé de dimension. Un défi sportif, bien sûr, mais également économique et structurel pour un club qui entend cette fois s’installer durablement à ce niveau. Laurent Chiboust, président du SMB, Cédric Beesley, directeur sportif de l’équipe première, et Tiago Pargade, joueur en partie formé au club, étaient les invités de C6 Radio.
Cette fois, Saint-Médard veut s’installer en Nationale 2
Le SMB connaît déjà la Nationale 2. Il y avait accédé il y a trois ans avant de redescendre immédiatement. Une expérience qui a laissé des traces et surtout fixé un objectif.
« On avait fait une montée, on était directement redescendu l’année suivante. Ça nous avait mis une petite graine dans la tête à tous de vouloir retrouver ce niveau », raconte Tiago Pargade. Deux ans plus tard, Saint-Médard est de retour et le message est clair : « Maintenant qu’on y est, on veut y rester. »
La marche est pourtant importante. En Nationale 2, les Saint-Médardais découvrent des équipes plus structurées, des joueurs disposant parfois de contrats professionnels et une densité physique et technique supérieure.
Pour Cédric Beesley, la priorité est donc de « pérenniser le club » à ce niveau. Le recrutement a été préparé très tôt tout en conservant le noyau de l’équipe ayant réussi la montée. Un choix sportif, mais également humain : le SMB ne voulait pas bouleverser un groupe dont la cohésion avait largement contribué à la réussite de la saison dernière.
De 300 000 à au moins 400 000 euros de budget
Le changement de division se mesure également dans les comptes.
Laurent Chiboust ne le cache pas : le budget doit suivre. « On était à environ 300 000, il faut qu’on monte à 400 minimum. »
La Ville de Saint-Médard-en-Jalles a accompagné le club pour lui permettre d’assumer cette accession, mais le président considère cette aide comme provisoire. Dans un contexte où les finances publiques se tendent, le SMB veut renforcer ses ressources privées et attirer davantage d’entreprises.
Pour Laurent Chiboust, le partenariat ne doit d’ailleurs pas se limiter à une logique de visibilité : « Les sociétés qui viennent chez nous ne viennent pas que pour mettre de l’argent et se faire voir, elles viennent aussi pour nos valeurs. »
Un enjeu économique désormais directement lié à la volonté du club de s’installer durablement en Nationale 2.
Un groupe construit autour de sa force collective
Sur le parquet, Saint-Médard veut conserver ce qui a fait son succès. Pas de révolution dans le jeu, mais davantage d’intensité, d’engagement et d’exigence.
La saison passée a laissé un héritage important. Le SMB a obtenu son accession, réalisé un parcours historique et terminé vice-champion de Nationale 3. Surtout, un véritable groupe s’est constitué.
Les recrues semblent avoir rapidement trouvé leur place. Tiago Pargade décrit aujourd’hui un groupe de onze joueurs qui « s’entend parfaitement, sur le terrain et en dehors ».
Cette cohésion sera essentielle dans une poule annoncée particulièrement dense. Trois équipes seront reléguées en fin de saison, contre deux auparavant. Pour Cédric Beesley, les matchs à domicile seront donc déterminants, avec la nécessité d’aller également chercher quelques performances à l’extérieur.
Nicolas de Jong, l’expérience professionnelle au service du collectif
Parmi les recrues, un nom attire particulièrement l’attention : Nicolas de Jong.
À 38 ans, l’ancien international néerlandais possède un CV conséquent dans le basket professionnel français et évoluait encore à Boulazac en fin de carrière professionnelle.
Son arrivée à Saint-Médard n’était pourtant pas programmée. Installé professionnellement en Gironde, il souhaitait retrouver le plaisir du basket et le lien social d’un groupe. Les premiers contacts avec le SMB ont finalement débouché sur une signature.
« On n’imaginait pas une seule seconde signer un mec de 38 ans », reconnaît Cédric Beesley. Mais au-delà de son niveau sportif, son intégration a convaincu le club.
Pour Tiago Pargade, sa présence représente également une opportunité : conseils sur les placements, préparation des matchs, expérience du haut niveau… « C’est cool d’avoir l’expérience d’un mec comme ça à côté de nous. »
Laurent Chiboust refuse toutefois de résumer Saint-Médard à cette seule recrue : « Il n’y a pas que Nico dans l’équipe. Notre force, c’est notre force collective. »
Remettre l’ambiance au COSEC
Cette saison, le projet dépasse également le terrain. Le SMB veut faire de ses rencontres de Nationale 2 un véritable rendez-vous du samedi soir à Saint-Médard-en-Jalles.
Cédric Beesley se souvient de l’ambiance qu’il avait découverte à son arrivée au club en 2011, avec du monde et des bandas dans les tribunes. Son ambition est de retrouver cette atmosphère et de faire du COSEC une salle « chaude », à l’image de certaines salles landaises.
Pour les joueurs, ce soutien peut peser directement sur les rencontres. Tiago Pargade parle du public comme d’un véritable « sixième homme » capable de pousser l’équipe dans les moments difficiles.
La Nationale 2 comme locomotive, mais pas comme unique projet
Avec environ 400 licenciés, Saint-Médard Basket ne veut surtout pas devenir un club uniquement tourné vers son équipe première.
Formation des jeunes, bénévolat, développement du basket féminin et engagement associatif restent au cœur du projet. La saison dernière a d’ailleurs été marquée par trois montées : celle de l’équipe première en Nationale 2, celle de la réserve masculine de Régionale 3 en Régionale 2 et celle de l’équipe féminine au niveau régional.
« La Nationale 2, c’est une locomotive, mais il ne faut pas oublier les wagons qui sont derrière », résume Laurent Chiboust.
Le président veut désormais poursuivre le travail de formation et accélérer le développement de la pratique féminine, tout en conservant ce que Tiago Pargade décrit comme l’une des principales caractéristiques du SMB : malgré sa taille et ses ambitions sportives, Saint-Médard reste « un club très familial ».
Quant à imaginer déjà une accession supplémentaire, le président temporise. Le passage vers la Nationale 1 imposerait une transformation beaucoup plus profonde, avec un fonctionnement pleinement professionnel.
L’heure n’est donc pas encore à regarder aussi haut. Pour le Saint-Médard Basket, le défi 2026-2027 est déjà considérable : assumer la Nationale 2, s’y maintenir et construire les bases permettant au club de s’y installer durablement.