
De Mérignac à Bercy, la première Marseillaise de Maïana
Il y a des victoires qui dépassent largement le cadre d’un classement. Des moments où, pendant quelques secondes, une salle entière semble retenir son souffle avant de se lever d’un seul homme. Ce dimanche, à l’Accor Arena de Paris-Bercy, Maïana Prat a vécu l’un de ces instants que l’on n’oublie pas.
À seulement 16 ans, la jeune gymnaste du SAM Gymnastique a décroché son premier titre sur une étape de Coupe du Monde. Et pour une première, elle s’est offert le plus beau des symboles : une Marseillaise, devant une salle comble, avec Mérignac dans le cœur.
Le week-end avait pourtant commencé par une petite désillusion. Une chute à la poutre avait privé Maïana d’une première finale pour quelques places. Mais la Mérignacaise n’a pas laissé ce contretemps décider de son week-end. Au sol, elle a répondu de la plus belle des manières : 13,700 points en qualifications, la meilleure note de toutes les concurrentes, et une place de prétendante au titre.
Restait alors le plus difficile : recommencer.
Dimanche, devant un public parisien chauffé à blanc, Maïana est retournée sur le praticable. Pas pour confirmer. Pour conquérir.
Et elle l’a fait avec cette assurance qui appartient déjà aux grandes. Sauts, pivots, séries acrobatiques : chaque mouvement semblait repousser un peu plus loin la possibilité de trembler. Jusqu’à cette note, 13,766, supérieure encore à celle des qualifications.
Puis le silence.
Et la Marseillaise.
Dans les tribunes de Bercy, ce n’était plus seulement une jeune gymnaste du SAM qui venait de gagner. C’était une enfant de Mérignac qui faisait retentir l’hymne national au sommet d’une compétition internationale.
Quelques instants plus tôt, une autre Française, Elena Colas, avait elle aussi fait vibrer l’Arena en remportant les barres. Mais cette fois, la Marseillaise était pour Maïana.
Pour le SAM Omnisports, pour le SAM Gymnastique, pour son entraîneur Michaël Pallares, pour celles et ceux qui l’accompagnent au quotidien, et pour Mérignac tout entière, ce titre raconte bien davantage qu’une médaille.
Il raconte le travail patient, les heures d’entraînement, les doutes surmontés et ces petits matins où l’on recommence encore, même après une chute.
La première Marseillaise de Maïana est peut-être aussi le début d’une histoire.
Car le calendrier, lui, n’attend pas. Fin octobre, la Mérignacaise retrouvera les Championnats du Monde à Rotterdam. Puis, le 14 novembre, elle retrouvera ses camarades du SAM pour la première journée du TOP 12, à domicile.
Cette fois, ce ne sera plus Paris-Bercy.
Ce sera Mérignac.
Et après avoir entendu la Marseillaise résonner à Paris, nul doute qu’ils seront nombreux à vouloir l’entendre encore.