
Octobre Rose : Martignas se souvient de Laurène
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Détective privée, élue, mère et femme engagée, Laurène Lelu est morte à seulement 42 ans après deux années de combat contre le cancer. À Martignas-sur-Jalle, une marche organisée dans le cadre d’Octobre Rose lui rendra hommage. À l’origine de cette mobilisation, son amie Mounira Benouar, ayant elle-même souffert d’un cancer du sein, et l’association Le Sourire de Laurène.
Laurène Lelu avait construit un parcours professionnel singulier. Elle était passée par la Police nationale, avait travaillé dans la sécurité privée, suivi une formation en droit social avant de créer son propre cabinet d’enquêteur.
Laurène était détective privée.
Son parcours l’avait également menée à la télévision, avec une participation à « Escape, 21 jours pour disparaître » sur RMC Découverte.
À Martignas-sur-Jalle, elle était également connue pour son engagement local. Élue conseillère municipale en 2020, déléguée à la démocratie participative, elle s’était notamment investie dans la création du Conseil municipal des jeunes et dans le projet ayant conduit à l’évolution du logo de la commune.
Son amie Mounira Benouar la résume en quelques mots : « C’était un sacré personnage. »
Deux années de combat
Pendant deux ans, Laurène affronte un cancer agressif.
« Elle s’est battue comme une lionne. Elle avait toujours le sourire. Elle a gardé espoir jusqu’au bout. »
Laurène Lelu meurt le 31 janvier 2026, à seulement 42 ans, laissant derrière elle son enfant, ses proches et de nombreux amis.
Mounira Benouar sait, elle aussi, ce que signifie voir sa vie basculer avec l’annonce d’un cancer.
« À 14 heures, j’ai un cancer du sein »
Mounira a 46 ans lorsqu’un rendez-vous gynécologique annuel change brutalement le cours de sa vie. Une grosseur est détectée. Mammographie, échographie, biopsie : les examens s’enchaînent jusqu’au diagnostic.
« Le matin, vous vous levez, tout est normal. Et à 14 heures, j’ai un cancer du sein. C’est un couperet. »
« La vie est bouleversée d’une minute à l’autre, alors que le matin, on s’est levé, tout allait bien. »
Son cancer est non invasif et non agressif. Mais au moment de l’annonce, Mounira ne connaît pas encore la suite.
« Ça renvoie à la mort, ça renvoie à des drames. »
Son mari est à ses côtés lorsque le diagnostic tombe. Une présence qu’elle juge aujourd’hui essentielle.
« C’est un conseil : ne pas se retrouver seule. »
« J’ai beaucoup pleuré. »
Mounira choisit de parler ouvertement de sa maladie à sa famille, ses amis et ses collègues. Tout en encaissant elle-même le diagnostic, elle ressent le besoin de rassurer les autres.
« J’avais besoin aussi de rassurer mon entourage qui était assez affecté. »
Tous ne réagissent pourtant pas de la même manière.
« Dans le cercle amical, oui, ça fait peur. Ça renvoie à des choses très personnelles. J’ai perdu quelques personnes dans mon entourage. »
Entre le diagnostic et le premier rendez-vous avec l’oncologue, l’incertitude laisse aussi place aux pensées les plus sombres.
« J’ai aussi pensé à mes funérailles. »
Puis viennent les traitements. Mounira est opérée et suit 30 séances de radiothérapie.
Aujourd’hui en rémission et régulièrement suivie, elle ne considère pas pour autant que le cancer appartient complètement au passé.
« J’y pense. C’est un événement qui a vraiment, vraiment marqué ma vie. »
Refuser que toute la vie bascule
Pendant la maladie, Mounira s’accroche à sa vie d’avant. Elle continue à sortir, va au restaurant, boire un verre ou voir un spectacle. Une manière de ne pas laisser la maladie occuper tout l’espace.
« Si je pense à autre chose, je ne penserai pas au cancer. »
« Quand le couperet tombe, tout bascule. Et moi, je ne voulais pas de cette bascule. Je n’en voulais absolument pas. »
Cette expérience explique aujourd’hui la place accordée à la culture dans son engagement auprès des personnes malades : leur offrir des moments pendant lesquels le cancer n’occupe pas toute la place.
De cette épreuve, Mounira retient aussi une manière d’envisager la vie.
« Vivre avec ses proches, réaliser ses rêves, ne pas se mettre de limites, avancer. La vie est belle. »
Le Sourire de Laurène
Avant sa disparition, Laurène et Mounira avaient évoqué l’après. La création de l’association est une promesse faite à son amie, une promesse que Mounira aurait préféré ne jamais avoir à tenir.
Aujourd’hui, elle préside Le Sourire de Laurène.
L’association veut sensibiliser au cancer du sein et au dépistage, accompagner les personnes malades et leurs proches, mais aussi financer des sorties culturelles et des moments de répit.
Elle souhaite également soutenir certaines familles confrontées au deuil.
Une marche pour Laurène à Martignas-sur-Jalle
La première Marche de Laurène sera organisée le dimanche 11 octobre à Martignas-sur-Jalle, dans le cadre d’Octobre Rose.
« Cette marche lui rend hommage dans sa combativité, dans son sourire, dans sa mémoire. »
Deux parcours de 8 et 4 kilomètres sont proposés. Les fonds récoltés seront destinés aux actions de l’association Le Sourire de Laurène.
Chaque jour en France, près de 170 femmes apprennent qu’elles ont un cancer du sein. Environ 35 personnes en meurent quotidiennement. Des chiffres qui rappellent l’importance du dépistage et donnent tout son sens aux mobilisations organisées chaque année dans le cadre d’Octobre Rose.
Les inscriptions à la Marche de Laurène se font en ligne via la plateforme HelloAsso.