
« On a déjà écrit l’histoire du club… alors pourquoi pas recommencer ? » : les drôles de dames du Tennis Club du Haillan visent un doublé historique
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Championnes de France par équipes l’an dernier, les joueuses du Tennis Club du Haillan s’apprêtent à défendre leur titre lors de la finale nationale des plus de 55 ans, le 28 mars au Stade Toulousain Tennis. Entre souvenirs d’un championnat d’Europe disputé en Turquie, esprit d’équipe et ambition assumée, Sylvie, Chantal, Isabelle et Françoise portent haut les couleurs d’un club girondin qui rêve d’un nouveau sacre.
Une nouvelle finale pour les « drôles de dames » du Haillan
Un an après avoir offert au club son premier titre national, l’équipe féminine du Tennis Club du Haillan est de retour au sommet. Le 28 mars, à Toulouse, les Girondines disputeront la finale du championnat de France par équipes des plus de 55 ans face à Boulogne-Billancourt.
Une nouvelle page d’histoire que veulent écrire ensemble Sylvie, Chantal, Isabelle et Françoise, réunies par la compétition… mais aussi par une forte complicité.
« C’est une aventure incroyable à vivre, explique Isabelle. On joue souvent seules en tournoi, mais en équipe, tout change. On partage les émotions et on se bat les unes pour les autres. »
L’expérience européenne, entre frustration et souvenirs
Quelques mois auparavant, les joueuses du Haillan avaient tenté leur chance sur la scène internationale lors d’un championnat d’Europe disputé en Turquie. L’objectif était clair : viser le dernier carré.
Le résultat final — une cinquième place — a laissé un goût d’inachevé.
« On espérait au moins finir dans les quatre premières. On est un peu déçues de notre niveau de jeu », reconnaît Sylvie.
Les conditions n’étaient pas idéales. Placées dans une catégorie où elles figuraient parmi les plus âgées, les Girondines ont dû composer avec un niveau relevé et un rythme soutenu.
« On jouait tous les jours entre 9 heures et 15 heures, avec trois simples et un double. Physiquement, ce n’était pas simple », raconte Chantal.
Malgré la déception sportive, le séjour reste un souvenir marquant. « On a vécu une très belle semaine, on a bien rigolé et partagé beaucoup de moments ensemble. L’aventure valait vraiment le coup. »
Une équipe soudée, renforcée par l’arrivée de Françoise
Depuis cette expérience européenne, l’effectif a légèrement évolué. Françoise a rejoint l’équipe cette saison, appelée en renfort après quelques blessures.
Une intégration express… et décisive.
« Je ne pensais pas du tout jouer à ce niveau-là. Quand on m’a appelée, c’était inespéré et impossible de refuser », confie-t-elle.
Lors de sa première rencontre, la nouvelle venue a même offert la victoire à son équipe.
« Elle nous amène le point décisif, donc on n’a même pas eu besoin de jouer le double », sourit Sylvie.
L’ambiance du groupe a rapidement fait le reste. « Il y a une vraie bonne humeur, beaucoup d’encouragements entre nous. Ça aide énormément dans les moments difficiles. »
Un petit club face aux grandes places du tennis
Le parcours des Girondines n’a rien d’anodin. Le Haillan reste un club de taille modeste face aux structures qu’il affronte régulièrement.
« On arrive dans des clubs avec quatorze courts couverts… et nous, on représente un petit club girondin. Mais justement, ça nous rend fières », souligne Isabelle.
La victoire de l’an dernier avait déjà marqué l’histoire du club.
« Le Haillan n’avait jamais remporté de titre de champion de France. Pour tous les bénévoles et les gens qui font vivre le club depuis des années, c’était énorme », insiste Sylvie, également directrice sportive.
Le soutien des supporters avait d’ailleurs marqué les joueuses.
« Une trentaine de personnes avaient fait le déplacement à Toulouse pour nous encourager. On était le seul club avec autant de supporters. C’était incroyable. »
Une qualification au mental
Avant d’atteindre la finale, les Girondines ont dû franchir plusieurs obstacles. En quart de finale, elles se sont imposées face à Toulouse (3-0), avant un succès plus serré contre Le Plessis-Bouchard en demi-finale (3-2).
« C’était un match très tendu et on jouait à l’extérieur. L’ambiance était assez hostile, donc on était vraiment contentes de s’en sortir », se souvient Chantal.
Dans ce championnat, la formule rend chaque rencontre stratégique : trois simples et un double, ce dernier rapportant deux points.
« Le double est souvent décisif », confirme Sylvie.
Un secteur où le Haillan possède un atout majeur. Sylvie et Chantal jouent ensemble depuis plusieurs saisons et ont même atteint la finale du championnat de France en double dans leur catégorie.
« On a développé beaucoup d’automatismes. On aime jouer à la volée et on se connaît très bien sur le court », explique Chantal.
Une préparation adaptée… et pragmatique
À l’approche de la finale, chacune prépare l’échéance à sa manière.
Certaines ont repris une préparation physique plus poussée.
« Je me suis remise à courir, raconte Isabelle en souriant. Les matchs sur terre battue peuvent être longs, donc je veux être prête. »
D’autres préfèrent ménager leur corps.
« À nos âges, il faut aussi savoir gérer les petits pépins physiques », glisse Chantal.
Quant à Sylvie, elle reste fidèle à ses habitudes. « Je ne vais pas changer ma routine. Le plus important, c’est de rester en forme. »
Une finale qui pourrait entrer dans l’histoire
Face à Boulogne-Billancourt, les joueuses du Haillan savent que la tâche sera difficile.
« On connaît certaines joueuses en face. Elles ont un très bon niveau. Si elles sont en finale, ce n’est pas par hasard », reconnaît Isabelle.
Mais l’équipe girondine avance avec confiance.
« On pense que le match pourrait se jouer sur le double. Ce sera sûrement très serré », estime Sylvie.
L’enjeu est immense : un deuxième titre consécutif, qui confirmerait définitivement la place du club sur la carte du tennis français.
« On l’a déjà fait une fois. Si on le fait deux fois, ce sera fantastique », sourit Isabelle.
Et peut-être une nouvelle photo sur les murs du club.
Car les championnes du Haillan y ont déjà leur place.
« On est la première équipe à avoir ramené un titre national au club. Alors oui, on aimerait bien recommencer. »
Le rendez-vous est fixé au 28 mars à Toulouse. Avec un objectif simple, mais ambitieux : écrire un nouveau chapitre de l’histoire du tennis haillanais.