
« Unis on gagne, désunis on perd » : Christophe Duprat décrypte les enjeux décisifs du second tour
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À quelques jours du second tour des élections municipales, Christophe Duprat, maire de Saint-Aubin de Médoc, livre une analyse sans détour de la situation politique locale. Réélu sans opposition dans sa commune, l’élu insiste sur les dynamiques à l’œuvre dans la métropole bordelaise et dans les dernières villes encore en lice.
Une réélection sans suspense mais légitime
Seul candidat à Saint-Aubin de Médoc, Christophe Duprat sera officiellement reconduit dans ses fonctions lors de l’installation du conseil municipal. Une situation particulière qu’il assume, tout en soulignant la mobilisation citoyenne : « Je voulais un taux de participation supérieur à 50 %, ce qui est le cas avec 53 % ». Un signal démocratique qu’il juge positif, malgré l’absence de concurrence.
Avec 87 % des suffrages exprimés en sa faveur, il se dit satisfait : « Comment ne pas être satisfait de ce résultat ? ». Il met également en avant le travail de consensus mené durant le précédent mandat, notamment avec l’opposition : « On est tous dans le même conseil municipal, et ce sera le lieu du débat ».
Un constat national préoccupant pour la démocratie locale
Au-delà de son cas personnel, Christophe Duprat alerte sur une tendance de fond : la difficulté à constituer des listes dans les petites communes. « Faire une campagne coûte environ 10 000 euros sans remboursement de l’État », rappelle-t-il, pointant un frein financier réel à l’engagement politique.
Pour lui, « la démocratie a un coût », et cette réalité pourrait expliquer en partie la multiplication des candidatures uniques.
Un second tour sous tension dans trois communes clés
Dans la sixième circonscription, trois communes concentrent désormais tous les regards : Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Jean-d’Illac et Le Haillan.
À Saint-Médard-en-Jalles, le maire sortant Stéphane Delpeyrat bénéficie d’un « ballottage très favorable » après un score proche de 49 %. Mais la triangulaire reste ouverte, notamment avec la présence du Rassemblement national, qui confirme sa progression.
À Saint-Jean-d’Illac, la situation est plus atypique. Après des négociations infructueuses, Jean-Marc Meyre a finalement retiré sa candidature au profit de Virginie Gandrand. Une décision tardive que Christophe Duprat qualifie de « cas d’école ». Selon lui, ce retrait traduit une logique stratégique : « L’intérêt général, c’était de battre le maire sortant ».
Enfin, au Haillan, la triangulaire s’annonce particulièrement incertaine. Le soutien politique s’est réorganisé en faveur du candidat arrivé en tête, Éric Pouliat. « L’objectif étant de faire basculer la métropole, il vaut mieux soutenir celui qui a le plus de chances de gagner », explique-t-il.
Bordeaux et la métropole en ligne de mire
Au-delà des communes, c’est bien l’équilibre politique de la métropole bordelaise qui se joue. Christophe Duprat évoque un scrutin décisif, notamment à Bordeaux, résumé en une formule : « Stop ou encore ».
Il affiche clairement son pronostic : « Je fais le pari que Thomas Cazenave sera élu dimanche soir », ce qui entraînerait, selon lui, un basculement de la métropole.
Redonner de l’attractivité, priorité affichée
En cas de changement de majorité, Christophe Duprat esquisse déjà les priorités : « On va lui rendre son attractivité ». Cela passe par le développement économique, l’amélioration des infrastructures de transport et une gestion plus rigoureuse des finances publiques.
Il critique notamment certaines dépenses jugées secondaires, plaidant pour un recentrage sur « les missions régaliennes » de la métropole : voirie, transports, assainissement et développement économique.
Une vision pragmatique de la politique locale
À travers son analyse, Christophe Duprat défend une approche pragmatique et consensuelle de la gestion municipale. Malgré les tensions inhérentes aux campagnes électorales, il reste convaincu que « dans les conseils municipaux, on travaille plutôt de manière assez consensuelle ».
À l’heure du verdict des urnes, une certitude s’impose : dans ces élections locales, l’union reste un facteur déterminant. Comme il le résume lui-même : « Unis on gagne, désunis on perd ».