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Après l’attaque raciste de Trappes, le maire de Saint-Médard-en-Jalles interpelle David Lisnard sur le silence de l’AMF

25 octobre 2026 · Actualités · Politique · Société

Pourquoi mobiliser les maires de France lorsque les institutions sont attaquées, mais ne pas lancer le même appel face à une agression raciste ? C’est la question que pose Stéphane Delpeyrat-Vincent, maire de Saint-Médard-en-Jalles, à David Lisnard, président de l’Association des maires de France (AMF). Dans un courrier rendu public sur ses réseaux sociaux, l’élu girondin dénonce une absence apparente de mobilisation nationale après les événements de Trappes.

Une mobilisation républicaine à deux vitesses ?

La semaine dernière, Stéphane Delpeyrat-Vincent avait répondu à l’appel de l’Association des maires de France en organisant un rassemblement républicain à Saint-Médard-en-Jalles. Objectif : dénoncer les violences commises contre les élus et les institutions, notamment l’incendie de la mairie de Limoges.

Mais après l’attaque raciste survenue à Trappes, dans les Yvelines, le maire de Saint-Médard-en-Jalles s’interroge sur l’absence d’une nouvelle initiative nationale de l’AMF.

Dans un courrier directement adressé à David Lisnard, il fait part de son incompréhension.

« Après l’attaque raciste de Trappes, je m’attendais à ce que l’AMF appelle à nouveau les maires à se mobiliser pour défendre les valeurs républicaines. À ce jour, je n’ai connaissance d’aucune initiative en ce sens. »

Une interpellation qui soulève une question de fond : la défense des valeurs républicaines doit-elle susciter la même mobilisation collective, qu’il s’agisse de violences contre les institutions ou d’attaques visant des personnes en raison de leur origine ?

« Le racisme est un délit, une insulte à la dignité humaine »

Pour Stéphane Delpeyrat-Vincent, la réponse ne fait aucun doute.

L’élu estime que les maires doivent également faire entendre leur voix lorsqu’une personne est victime de racisme.

« Il serait pourtant nécessaire que, dans toutes nos villes, nous rappelions avec force que le racisme est un délit, une insulte à la dignité humaine et une négation des valeurs républicaines. »

Au-delà de la condamnation des faits, le maire insiste sur la nécessité d’une solidarité collective envers les victimes et leurs proches.

« Les victimes et leurs proches doivent pouvoir compter sur notre solidarité et sur une parole collective sans ambiguïté. »

David Lisnard directement appelé à s’expliquer

Le courrier ne se limite pas à une déclaration de principe. Stéphane Delpeyrat-Vincent demande explicitement au président de l’AMF de justifier cette absence apparente de mobilisation.

« Je vous remercie de bien vouloir m’indiquer les raisons de cette absence apparente de mobilisation et les initiatives que vous comptez prendre pour que l’AMF apporte une réponse à la hauteur de cette tragédie. »

Le maire de Saint-Médard-en-Jalles place ainsi David Lisnard face à une question de cohérence dans la réponse apportée par l’association aux atteintes aux valeurs républicaines.

Il résume sa position dans une formule qui constitue le cœur de son interpellation :

« La défense de la République nous engage avec la même force lorsque ses institutions sont attaquées et lorsque des personnes sont prises pour cibles en raison de leur origine ou de leur couleur de peau. »

En sollicitant une réponse du président de l’AMF, Stéphane Delpeyrat-Vincent ouvre un débat qui dépasse largement les frontières de Saint-Médard-en-Jalles : celui de la responsabilité des élus locaux dans la lutte contre le racisme et de l’égalité de traitement des atteintes aux principes républicains.

Reste désormais à savoir quelle réponse David Lisnard apportera à cette interpellation.

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