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Burdis Volley : gagner, innover, s’engager, une autre façon de faire club

21 septembre 2026 · Actualités · Société · Sport

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Deux saisons dans l’élite, deux qualifications pour les play-offs. Pour leur troisième année au plus haut niveau du volley français, les Burdis veulent continuer à bousculer la hiérarchie. Mais à Bordeaux, le projet ne s’arrête pas au terrain. Modèle coopératif, engagements sociétaux, recrutement basé sur l’état d’esprit autant que sur le talent : le club revendique une autre façon de faire.

Invitée de C6 Radio, sa présidente Béatrice Knoepfler revient sur cette identité et sur les ambitions d’une équipe qui veut désormais s’installer durablement dans l’élite.

Deux saisons, deux play-offs

La saison dernière, les Bordelaises ont terminé 7es avant de battre les futures championnes de France lors du premier match des quarts de finale.

« On a vécu des moments incroyables », retient Béatrice Knoepfler.

Après une première saison déjà réussie en Ligue A, les Burdis ont donc confirmé. Pour la présidente, cette réussite est avant tout collective. Elle cite notamment l’entraîneur Guillaume Condamin, son adjoint Alex Mola, les joueuses et l’ensemble de l’équipe dirigeante.

« Personne ne lâche rien. »

Six départs, mais toujours de l’ambition

L’effectif a beaucoup changé cet été avec six départs.

Plusieurs joueuses ont reçu des propositions financières de clubs français ou étrangers que les Burdis ne pouvaient pas suivre. C’est notamment le cas d’Eva Svobodova, deuxième meilleure marqueuse du championnat la saison dernière avec Bordeaux, partie jouer en Italie.

Béatrice Knoepfler l’accepte : « Elles sont professionnelles, c’est leur métier. Il faut qu’elles gagnent leur vie. Nous, on ne peut pas lutter financièrement contre ça. »

La présidente préfère retenir les liens créés : « Burdis un jour, Burdis toujours. »

Cinq joueuses françaises de la saison dernière restent dans l’effectif. Autour d’elles, Guillaume Condamin a reconstruit un groupe avec de nouvelles recrues.

La méthode reste la même : détecter des joueuses à fort potentiel et construire un collectif plutôt que chercher des stars.

Avec une règle posée par la présidente : « Je ne veux pas de diva. »

Grandir sportivement sans se mettre en danger

Les résultats sportifs ont changé la dimension du club. Les contraintes financières aussi.

Les Burdis évoluent avec l’un des plus petits budgets du championnat et doivent pourtant répondre aux exigences du plus haut niveau. Cet été, il manquait encore environ 70 000 euros pour boucler le budget prévisionnel. Le club a dû mobiliser ses partenaires privés, notamment à travers son « club des bâtisseurs », pour compléter son financement.

Depuis la montée, le budget est passé d’environ 550 000 euros à près d’un million d’euros en deux ans. Une progression qui illustre le changement de dimension imposé par l’arrivée dans l’élite.

Béatrice Knoepfler résume ce changement de dimension avec une formule : « On me demande de courir un marathon en tongs. »

La présidente assume donc une ligne claire : continuer à grandir, mais sans construire un modèle dépendant uniquement de l’argent public. Les partenaires privés représentent aujourd’hui environ 55 % des ressources du club.

« On est le Real Madrid du volley »

Les Burdis se distinguent aussi par leur fonctionnement.

Depuis juillet 2025, le club est organisé en Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Les sociétaires peuvent ainsi prendre part à certaines décisions concernant la vie du club.

Béatrice Knoepfler résume ce modèle avec une comparaison inattendue :

« On est le Real Madrid du volley. »

« Ce sont des sociétaires et tout le monde peut devenir sociétaire. »

Et la présidente insiste : « Le club ne m’appartient pas. Je suis présidente, mais il ne m’appartient pas. »

« Bien sûr que c’est politique, le sport »

Cette autre façon de faire club passe aussi par les engagements.

Égalité entre les femmes et les hommes, lutte contre les violences sexistes et sexuelles, émancipation par le sport : les Burdis veulent utiliser leur visibilité au-delà du terrain. Le club a notamment travaillé avec l’association Colosse aux pieds d’argile.

Pour Béatrice Knoepfler, un club professionnel a un rôle à jouer dans la société.

« Bien sûr que c’est politique, le sport. »

Politique « au sens large », précise-t-elle. Parce que le sport rassemble, mais aussi parce qu’il peut faire évoluer les regards.

Elle prend l’exemple des enfants présents dans les tribunes :

« S’il y a une petite fille ou un petit garçon qui vient voir un match des Burdis, je veux que la petite arrête de se dire : “Est-ce que je peux ?”, mais qu’en les voyant, elle se dise : “C’est OK, c’est possible, j’y vais.” »

Les play-offs, avec un public qui grandit

Cette identité semble aussi avoir trouvé son public. Il y a sept ans, environ 200 à 250 personnes assistaient aux rencontres. Aujourd’hui, Béatrice Knoepfler annonce une moyenne de 1 300 à 1 400 spectateurs par match au Palais des Sports.

Et malgré les six départs, le renouvellement de l’effectif et un budget serré, l’objectif sportif ne change pas.

« On vise à nouveau les play-offs. On ne peut pas avoir des objectifs qui sont inférieurs à ce qu’on a déjà accompli deux fois. »

La saison débutera le 3 octobre à l’extérieur. Premier rendez-vous à domicile pour les Burdis le samedi 10 octobre à 19h au Palais des Sports, face à Nantes.

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