
Design Humain: «J’accompagne les femmes qui se sont un peu oubliées »
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Tenir, gérer, avancer… et finir par s’oublier. Tout le monde, ou presque, connaît cela. Alors, comment se retrouver ? Encore peu connu en France, le design humain propose une piste : une carte personnelle, établie à partir de quelques données précises, pour mieux comprendre sa manière de fonctionner. Marie Brodin l’a découvert à un moment où son propre corps lui imposait de ralentir. Infirmière et issue d’un univers très cartésien, elle l’utilise aujourd’hui pour accompagner les autres. Invitée de C6 Radio, elle donne les clés de cet étonnant mode d’emploi de soi-même.
Le design humain, c’est un « mode d’emploi » personnel : une façon de mieux se connaître et de comprendre ce qui guide nos choix et nos actions.
Décider vite, être efficace, faire ce que l’on attend de nous… À force, « on est en mode pilote automatique ».
Et derrière ces automatismes, il y a souvent tous ces « il faut » qui rythment le quotidien.
« L’idée est de sortir de ces injonctions et de revenir à son fonctionnement naturel. »
Une carte pour mieux se comprendre
Apparu dans les années 1980, le design humain mêle plusieurs traditions, notamment l’astrologie, la Kabbale et le Yi Jing chinois. La date, l’heure et le lieu de naissance sont entrés dans un logiciel qui génère une carte personnelle faite de chiffres, de traits et de formes géométriques.
Infirmière et élevée dans un univers « très cartésien », Marie Brodin était loin de ce type d’approche. Mais à force d’avancer sans vraiment s’écouter, son corps finit par lui imposer une pause.
« Mon corps m’a lâchée. Faut dire, j’ai tellement tenu. »
C’est à ce moment-là qu’elle découvre le design humain. D’abord par curiosité, en faisant analyser sa propre carte. Une expérience qui l’aide à mieux se comprendre.
Elle porte notamment un autre regard sur cette indécision qu’on lui avait souvent reprochée.
« Ce n’était pas que je n’étais pas capable de prendre des décisions, c’était juste que j’avais besoin de temps pour prendre des décisions. »
« On a tous des façons différentes de décider, des façons différentes d’avancer. »
Cette expérience, Marie Brodin a ensuite décidé de la partager. Toujours infirmière, elle utilise aujourd’hui le design humain pour aider à son tour.
« J’accompagne principalement la femme qui a appris à tenir, à gérer, à avancer et qui s’est un petit peu oubliée. On lui a tout appris sauf à s’écouter et à prendre soin de soi. »
Partir du problème, pas de la carte
Dans ses accompagnements, la carte n’est pourtant qu’un point de départ.
« Moi, je pars plutôt de la problématique. »
Une décision difficile à prendre, le sentiment de ne plus être à sa place, l’envie de toujours satisfaire les autres… C’est là que commence son travail.
« Pourquoi on dit oui tout le temps ? Est-ce qu’on a besoin de prouver sa valeur ? Est-ce qu’on est là pour toujours faire plaisir ? »
Pas de réponse imposée : « La personne trouve elle-même ses réponses. Et elle prend ce qu’elle a envie de garder. »
Pas question non plus d’enfermer quelqu’un dans un profil : « Ça ne nous fait pas rentrer dans une case, mais ça nous permet de pouvoir atteindre nos objectifs, tous différemment. »
« Ce n’est pas une baguette magique »
À côté du design humain, Marie Brodin utilise également la psycho-énergie et l’acupression. Elle résume la complémentarité ainsi : le design humain pour comprendre le « pourquoi », l’acupression pour travailler sur le « comment ».
Des outils nécessaires à sa pratique, mais pas suffisants. L’accompagnement repose aussi sur un travail avec la personne :
« Le design humain, l’acupression, ce ne sont pas des baguettes magiques. Je ne suis pas une magicienne. On travaille ensemble. »
Et évoluer ne signifie pas forcément tout bouleverser.
« Elles n’ont pas forcément besoin de tout chambouler dans leur vie, tout transformer. »
Prendre davantage de temps pour soi, changer quelques habitudes, faire certains choix autrement… Parfois, de petits ajustements suffisent.
Une philosophie qu’elle résume en quelques mots : « On ne change pas, on évolue. »