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Énergie : avec Taktis, Frédéric Tuhimutu traque les dépenses inutiles des entreprises

8 septembre 2026 · Actualités · Société

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Une installation mal réglée, une maintenance réalisée trop tard ou un équipement mal dimensionné peuvent peser lourdement sur les charges d’une entreprise. Invité de C6 Radio, Frédéric Tuhimutu, responsable de la jeune société Taktis, défend une approche pragmatique de la transition énergétique : avant d’investir dans de nouveaux équipements, commencer par comprendre précisément comment fonctionnent ceux qui existent déjà.

Réduire sa consommation énergétique ne signifie pas nécessairement remplacer une installation ou engager immédiatement de lourds travaux. C’est l’un des principaux messages portés par Frédéric Tuhimutu.

Après douze années d’expérience dans des environnements exigeants, notamment le nucléaire, l’industrie pharmaceutique, le secteur hospitalier et le BTP, il a créé Taktis avec l’ambition d’accompagner entreprises et collectivités dans la maîtrise de leurs coûts d’exploitation.

Son champ d’intervention dépasse la seule facture d’électricité. Il englobe la consommation énergétique, les contrats de maintenance et d’exploitation, la performance des installations et l’identification d’éventuels dysfonctionnements.

Taktis intervient notamment auprès de collectivités, de bâtiments tertiaires, d’infrastructures sportives, de sites industriels, de bâtiments hospitaliers ou encore de logements collectifs.

Avant de changer les équipements, comprendre ce qui ne fonctionne pas

La méthode défendue par Frédéric Tuhimutu repose d’abord sur le diagnostic.

Lorsqu’il intervient sur un site, il commence par dresser une photographie de l’installation : fonctionnement réel des équipements, usages, consommations, régulation, puissances installées ou encore réglages. L’objectif est d’identifier les consommations inutiles et de déterminer si les équipements fonctionnent réellement conformément aux besoins du bâtiment.

Des solutions relativement simples peuvent parfois suffire : modifier une régulation, adapter les périodes de fonctionnement, installer des capteurs de présence ou éviter qu’une installation fonctionne à pleine puissance dans une pièce inoccupée.

L’enjeu est également de ne pas confondre la conséquence d’un problème avec sa véritable cause.

Frédéric Tuhimutu cite ainsi l’exemple d’un site où une pompe d’environ 5 000 euros devait être remplacée tous les deux ans. L’analyse a finalement montré que le problème provenait du réseau, qui présentait des bouchons. Remplacer régulièrement la pompe permettait de rétablir temporairement le fonctionnement, sans supprimer la cause des pannes.

Une illustration de la philosophie de Taktis : diagnostiquer avant de remplacer.

22 000 euros de dépenses, 8 000 euros d’économies potentielles identifiées

L’exemple le plus spectaculaire présenté au cours de l’entretien concerne une entreprise confrontée depuis plusieurs années à des dépenses énergétiques importantes.

Pour environ 22 000 euros de dépenses annuelles d’électricité, l’analyse de l’installation a permis, selon Frédéric Tuhimutu, d’identifier près de 8 000 euros d’économies potentielles sur une année.

Et cela sans refaire l’installation.

Des prises de mesures statiques et dynamiques ont permis d’isoler la partie la plus énergivore du système. En approfondissant le diagnostic, l’origine de la surconsommation s’est révélée être essentiellement un problème de réglage.

Un résultat que le responsable de Taktis prend lui-même soin de relativiser : toutes les installations ne recèlent évidemment pas un tel potentiel d’économie. Il qualifie d’ailleurs ce cas d’« exceptionnel », expliquant qu’il envisageait initialement une économie de l’ordre de 2 000 à 3 000 euros.

Mais l’exemple illustre surtout une réalité : avant d’investir, mesurer et comprendre peuvent déjà permettre de dégager des marges de manœuvre importantes.

Passer d’une maintenance curative à une maintenance préventive

Autre sujet majeur : la maintenance.

Frédéric Tuhimutu estime que de trop nombreuses entreprises fonctionnent encore selon une logique curative : l’équipement tombe en panne, puis l’entreprise intervient.

Une stratégie qui peut devenir particulièrement coûteuse. Selon les données avancées au cours de l’entretien, une intervention curative peut coûter jusqu’à cinq fois plus cher qu’une intervention préventive.

L’idée consiste donc à surveiller les installations et à intervenir avant la panne lorsque cela est possible.

L’objectif n’est pas de multiplier les indicateurs, mais de disposer des bonnes informations et des bonnes alertes au bon moment.

Une expertise indépendante

Frédéric Tuhimutu insiste également sur une particularité de son positionnement : Taktis ne réalise ni les travaux ni la maintenance des équipements.

« Je ne fais pas de travaux, je ne fais pas de maintenance », explique-t-il.

Cette indépendance lui permet, selon lui, de concentrer son intervention sur le diagnostic, le conseil et la recherche d’économies, puis d’orienter si nécessaire le client vers les professionnels compétents.

Taktis peut ainsi intervenir après des travaux pour mettre en place une stratégie de maintenance, à l’approche de la fin d’un contrat d’exploitation pour dresser un état des lieux, mais également en amont d’un projet immobilier.

Car une installation mal pensée lors de la construction peut générer des coûts pendant de nombreuses années. Accessibilité des équipements, facilité de maintenance, choix techniques ou dimensionnement : une économie réalisée lors des travaux peut parfois se transformer en dépense récurrente pendant toute la durée d’exploitation du bâtiment.

Performance économique et transition écologique

La démarche de Taktis repose enfin sur une conviction : performance économique et performance environnementale ne doivent plus être considérées comme deux sujets séparés.

Dans les faits, reconnaît Frédéric Tuhimutu, les entreprises sollicitent généralement Taktis d’abord pour une problématique économique. Mais réduire une consommation inutile produit mécaniquement un bénéfice environnemental.

Le confort des salariés fait également partie de l’équation. Chauffage, climatisation, ventilation ou renouvellement de l’air influencent directement les conditions de travail. La recherche d’économies ne consiste donc pas simplement à consommer moins, mais à consommer de manière plus pertinente.

Cette logique se retrouve notamment dans les problématiques de climatisation. Pour Frédéric Tuhimutu, augmenter la puissance d’une installation n’est pas toujours la solution : isolation, circulation de l’air, configuration du bâtiment et réglages doivent être étudiés avant d’ajouter de nouveaux équipements.

Sur une salle de sport confrontée à des températures trop élevées, il explique ainsi avoir identifié un problème de circulation des flux d’air plutôt qu’un manque de puissance de l’installation.

Tevao, un autre projet autour de l’économie d’eau

L’entretien sur C6 Radio a également permis de découvrir Tevao, un projet encore au stade de développement imaginé par Frédéric Tuhimutu avec un ingénieur spécialisé en mécanique des fluides.

Cette fois, l’objectif n’est plus l’électricité mais l’eau.

Le principe imaginé consiste à utiliser de l’eau sous pression afin de réduire fortement le volume nécessaire à une chasse d’eau. Selon les calculs présentés par ses concepteurs, le système pourrait théoriquement ramener la consommation à environ deux litres.

Le projet envisage également de récupérer une partie de l’humidité présente dans l’air afin d’alimenter le dispositif et d’éviter autant que possible l’utilisation d’eau potable.

À ce stade, il s’agit bien d’un concept qui doit encore être prototypé et validé. Frédéric Tuhimutu recherche d’ailleurs des partenaires susceptibles de participer à cette phase d’expérimentation.

Faire de l’énergie un véritable outil de gestion

Derrière les aspects techniques, l’entretien avec Frédéric Tuhimutu pose finalement une question très simple aux dirigeants : connaissent-ils réellement le fonctionnement et le coût de leurs installations ?

Disposer d’un prestataire de maintenance ne signifie pas nécessairement disposer d’une stratégie énergétique. Suivre les consommations, connaître le coût réel d’exploitation, anticiper les pannes et vérifier régulièrement les réglages peuvent devenir de véritables outils de pilotage.

Avec Taktis, Frédéric Tuhimutu défend ainsi une approche où écologie et économie se rejoignent autour d’un même principe : avant de consommer moins, il faut commencer par comprendre ce que l’on consomme — et pourquoi.

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