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Hugues Aufray, 97 ans : « Un jour, vous me verrez au Stade de France »

25 septembre 2026 · Actualités · Société

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À 97 ans, Hugues Aufray continue de monter sur scène, mais derrière le chanteur se cache une autre passion : la peinture et la sculpture. À quelques jours de son concert au Pin Galant de Mérignac, le 29 septembre, l’interprète de Santiano s’est longuement confié à C6 Radio. Une carrière faite de « hasard et de nécessité », cette phrase de Brassens qu’il n’oubliera jamais, l’incroyable histoire qui relie sa chanson Céline à Céline Dion… Hugues Aufray raconte une vie qu’il n’avait pas imaginée et révèle un projet inattendu : « Un jour, vous me verrez au Stade de France. »

Il voulait être artiste. Mais pas chanteur.

« Moi, je voulais être sculpteur, je voulais être peintre, je voulais travailler dans le silence et la solitude. Je me suis trouvé dans la foule, chantant. »

À 97 ans, Hugues Aufray n’a rien oublié de cette première vocation. Entre-temps, la chanson a occupé presque toute une vie.

Une carrière de « hasard et de nécessité »

La musique est présente très tôt. Sa grand-mère maternelle, bordelaise, est musicienne et professeur de piano. Auprès d’elle, Hugues Aufray découvre la musique classique et l’opéra. Les vacances passent aussi régulièrement par Arcachon et le Sud-Ouest.

Après la guerre, il rejoint son père en Espagne. À Madrid, il découvre la guitare et les folklores espagnols qui marqueront son univers. Il envisage pourtant toujours les Beaux-Arts et la sculpture.

Puis les événements s’enchaînent. Le service militaire chez les chasseurs alpins, où il joue pour ses camarades. Quelques bars. Un concours organisé par Europe n°1, Les Numéros 1 de demain, qu’il remporte en interprétant une chanson de Serge Gainsbourg. Puis Maurice Chevalier, qui l’emmène aux États-Unis.

Une succession de rencontres et de circonstances qui l’entraîne vers une carrière qu’il n’avait pas imaginée. Hugues Aufray la résume aujourd’hui par deux mots : « hasard et nécessité ».

« J’ai grimpé peu à peu sans le vouloir. »

Le succès arrive, mais Hugues Aufray reste à distance du show-business. Il dit ne pas en avoir eu « les codes » : il ne fumait pas, ne buvait pas et se reconnaissait peu dans les habitudes de ce milieu. Il se décrit volontiers comme un « amateur » devenu professionnel par les circonstances.

Avec le recul, Hugues Aufray fait surtout une différence entre être connu et être reconnu. Ce qui compte pour lui est cette « reconnaissance populaire », « au sens noble du mot peuple ».

Au fil des années, certaines de ses chansons vont surtout connaître un destin que leur interprète n’aurait jamais imaginé.

Parmi ces histoires, celle de Georges Brassens occupe une place particulière. Hugues Aufray le considère comme son « maître à chanter ». Après la disparition de Brassens, son secrétaire lui rapporte que celui-ci avait dit à propos du Petit Âne gris :

« J’aurais aimé l’écrire. »

Pour Hugues Aufray, quelques mots suffisent :

« Par conséquent, c’est ma chanson favorite. »

Avec Céline, l’histoire prend une dimension encore plus inattendue.

« Céline Dion ne doit pas son nom à ma chanson, mais elle doit sa vie à ma chanson. »

Hugues Aufray raconte que la mère de Céline Dion lui a elle-même confié cette histoire. Enceinte de son quatorzième enfant, elle avait décidé d’interrompre sa grossesse. Dans le taxi qui la conduisait vers une clinique, elle entend Céline à la radio. Elle change alors d’avis, rentre chez elle et décide que, si l’enfant est une fille, elle s’appellera Céline.

« Un jour, vous me verrez au Stade de France »

À 97 ans, Hugues Aufray ne regarde pourtant pas seulement derrière lui. Lorsqu’il évoque son avenir, une annonce surprend particulièrement.

« Un jour, vous me verrez au Stade de France. »

Une boutade ? Lorsqu’on lui demande s’il parle sérieusement, la réponse est immédiate :

« Très sérieusement. »

À l’évocation d’un possible rendez-vous dans deux ou trois ans, Hugues Aufray ne balaie pas l’hypothèse et demande qu’on lui accorde encore « deux-trois ans ».

Aucune date n’est annoncée et la forme que pourrait prendre ce rendez-vous reste à définir. Mais le chanteur évoque bien le Stade de France comme un projet :

« Si, mais ça sera autrement. »

À 97 ans, pas question donc de parler d’adieux. Hugues Aufray continue de se projeter.

Le chanteur qui voulait être peintre

Et avant le Stade de France, il aimerait faire découvrir une autre facette de son travail.

Hugues Aufray n’a jamais abandonné la peinture et la sculpture. Restée dans l’ombre de sa carrière musicale, cette première vocation pourrait désormais revenir au premier plan.

« Peut-être que dans les années à venir, avant d’aller au Stade de France, je vais faire connaître mes sculptures et mes peintures. »

Cette longévité, Hugues Aufray l’explique aussi par son rapport très particulier au travail.

« Je n’ai jamais travaillé de ma vie. »

Derrière la formule, Hugues Aufray fait une distinction très simple : chanter ou jouer d’un instrument, c’est justement « jouer ». Guitare, accordéon, cornemuse, flûte…

« Je passe mon temps à jouer. »

Le travail, pour lui, renvoie plutôt aux métiers difficiles, à ceux qui imposent de lourdes contraintes pour gagner sa vie. Il cite notamment les mineurs qui descendent sous terre. Lui estime avoir eu la chance de vivre de ce qui l’amusait et le passionnait.

C’est aussi ce qui nourrit son message aux jeunes : ne pas accepter de passer sa vie dans un métier que l’on déteste. Si l’on n’aime pas ce que l’on fait, explique-t-il en substance, il faut essayer de changer, partir et chercher une autre voie.

« Je n’ai pas envie de désespérer mes arrière-petits-enfants »

Intelligence artificielle, monde virtuel, environnement : Hugues Aufray observe les bouleversements de l’époque avec inquiétude, mais refuse de céder au pessimisme.

« Je n’ai pas envie de désespérer mes arrière-petits-enfants. »

Il revient alors à ce qui l’accompagne depuis près de sept décennies :

« Dans mes chansons, il y a tout ce qu’il faut pour retrouver l’espoir. »

Et lorsqu’on lui demande quelle image il aimerait laisser, Hugues Aufray ne parle ni de ses succès, ni de ses disques, ni des salles remplies.

« L’image de quelqu’un qui n’a jamais baissé les bras. »

Une formule qui prend un sens particulier au moment où, à 97 ans, Hugues Aufray continue de monter sur scène.

Le 29 septembre, il sera pour la première fois au Pin Galant de Mérignac avec Escapada, un spectacle dont le titre renvoie à cette Espagne qui a marqué sa jeunesse.

Le public y retrouvera Santiano, Céline, Stewball ou Adieu Monsieur le Professeur, mais aussi des titres moins connus parmi les quelque 440 chansons qu’il a enregistrées.

« Je leur fais découvrir des chansons qu’ils ne connaissent pas. »

À 97 ans, Hugues Aufray est donc toujours sur scène.

Le 29 septembre, ce sera le Pin Galant de Mérignac.

En attendant donc le Stade de France .

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