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Hypermondes : et si notre monde était déjà de la science-fiction ?

24 septembre 2026 · Actualités · Associations · Politique · Société

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Le saviez-vous ? Des auteurs de science-fiction sont sollicités par la Défense pour réfléchir aux menaces et aux conflits de demain. Preuve que la science-fiction est loin d’être un genre mineur. Intelligence artificielle, réchauffement climatique, surveillance, rapport aux machines : la science-fiction avait déjà anticipé nombre des enjeux qui traversent aujourd’hui notre société. Les 26 et 27 septembre, Hypermondes, le festival de l’imaginaire en Nouvelle-Aquitaine, revient à Mérignac pour une sixième édition consacrée au « Pouvoir ». Partenaire de l’événement, C6 Radio sera en direct durant les deux jours du festival.

À quelques jours de l’ouverture, Natacha Vas-Deyres, présidente de l’association Les Hypermondes, était l’invitée de C6 Radio pour présenter cette nouvelle édition et ses enjeux. Car la science-fiction en dit long sur notre époque.

Hypermondes, pas seulement pour les initiés

Faut-il être passionné de science-fiction, connaître Asimov sur le bout des doigts ou être un « intello » pour pousser les portes d’Hypermondes ?

« Pas du tout », répond Natacha Vas-Deyres. « C’est la science qui se met à la portée du grand public. » Son mot d’ordre : venir « sans aucun préjugé », même sans rien connaître à la science-fiction.

Et ces sujets dépassent largement le cercle des initiés. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 2 500 visiteurs lors de la première édition en 2021, entre 16 000 et 17 000 attendus ce week-end à Mérignac.

Car Hypermondes, ce sont aussi des expériences à vivre. Cinéma, concerts, expositions, jeux de société, jeux de rôle et près de 80 machines de rétrogaming : le festival multiplie les portes d’entrée. Les enfants ont également leur espace, avec notamment des activités scientifiques proposées par Cap Sciences.

La science-fiction avait déjà anticipé notre monde

Pour Natacha Vas-Deyres, réduire la science-fiction à un genre mineur n’a aucun sens. Agrégée et docteure en lettres, elle lui a consacré sa thèse, récompensée par le Grand Prix de l’Imaginaire. Et lorsqu’on lui parle encore de « littérature mineure », la réponse fuse : « Ça m’agace complètement. »

Et pour cause. La science-fiction a parfois anticipé de plusieurs décennies des technologies et des enjeux devenus très concrets. Jules Verne décrivait le voyage vers la Lune et les sous-marins. H. G. Wells s’interrogeait déjà sur l’industrialisation et ses conséquences. Isaac Asimov, avec ses trois lois de la robotique, posait déjà la question des rapports entre l’homme et la machine.

Pollution, réchauffement, progrès technologique : la littérature avait déjà posé certaines de ces questions bien avant qu’elles ne s’imposent dans notre quotidien. Pour Natacha Vas-Deyres, c’est toute la force de la science-fiction : parler de « notre futur et de notre avenir » à partir des évolutions déjà perceptibles dans le présent.

Orwell, l’IA et Big Brother dans nos poches

Autre époque, même vertige. Dans 1984, George Orwell décrivait une société sous surveillance. Plusieurs décennies plus tard, Natacha Vas-Deyres établit un parallèle avec nos smartphones : « Big Brother […] c’est nous qui l’avons dans nos poches via le smartphone. »

Et puis il y a l’intelligence artificielle. Avec elle, une frontière devient de plus en plus difficile à tracer : celle entre le réel et le virtuel.

« Est-ce que nous voulons vivre dans le réel ou est-ce que nous voulons vivre dans l’irréel et dans la virtualité ? »

Le « Pouvoir », bien au-delà de la politique

C’est le grand thème de cette sixième édition. Mais le « Pouvoir » version Hypermondes ne se limite pas à la politique. Super-pouvoirs, rapports de domination, place des femmes, pouvoir de la nature et résilience du vivant : le festival l’explore sous toutes ses formes.

Le festival ne se revendique pourtant pas comme partisan. « Ce n’est pas un engagement politique au sens strict, mais il y a au moins un engagement sociétal du festival », précise sa présidente.

Et la réflexion nous ramène directement en Gironde. Avec « Trajectoire 2040 », plusieurs futurs du territoire sont explorés : climat, sobriété, technologie, mais aussi avenir de la vigne et de la sylviculture.

« 2040, c’est demain. »

Christelle Dabos, marraine d’un festival riche en rencontres

Christelle Dabos, autrice de La Passe-miroir, sera la marraine de cette sixième édition. À ses côtés : Alexis Jenni, Éric Corbeyran, Marc Caro, Jean-Pierre Dionnet ou encore la préhistorienne Anne Augereau.

Des noms, mais surtout des rencontres. Car l’une des particularités d’Hypermondes est de permettre au public d’échanger avec auteurs, chercheurs, scientifiques et artistes.

Et tout cela gratuitement. Hypermondes revendique un festival « libre et gratuit », mais aussi « libre de pensée ». Avec un objectif finalement assez simple : que chacun reparte avec « de l’espoir », « plus de réflexion » et aussi « de l’amusement ».

Tout au long du week-end, C6 Radio vous ouvrira en direct les portes des Hypermondes. Et qui sait… peut-être en repartirez-vous avec des super-pouvoirs !

Festival Hypermondes – 26 et 27 septembre 2026
Médiathèque Michel Sainte-Marie – Mérignac – Entrée gratuite

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