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« Il va falloir changer les comportements humains, tout simplement »

2 juillet 2026 · Actualités · Société

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Une passion pour la nature mise au service de la transmission

Transmettre un savoir acquis au fil d’une vie consacrée au végétal. C’est le fil conducteur du projet porté par Jean-Luc Martineau, président de la section Jardinage Nature de la SM 106, épaulé par son adjoint Dominique Caubet. Tous deux souhaitent faire de la Base aérienne 106 de Mérignac un lieu de découverte, de sensibilisation et d’échange autour de la biodiversité.

Après 43 années passées au Jardin botanique de Bordeaux, Jean-Luc Martineau a choisi de poursuivre son engagement autrement. « Je me suis reconverti pour faire de la transmission », explique-t-il. « Transmettre les acquis durant toutes ces années envers le public, les enfants, les adultes et les élus. » Réserviste citoyen depuis 2017, il a déjà piloté plusieurs projets environnementaux sur la base, notamment la création d’une pinède sur une ancienne décharge. Une expérience qui lui a permis de mesurer combien la nature peut devenir un véritable outil de cohésion et de sensibilisation.

À ses côtés, Dominique Caubet partage cette même volonté. Ancien instituteur et directeur d’école, lui aussi réserviste, il a toujours fait de la nature un support pédagogique. « Dans mon école, j’avais créé un coin nature où les élèves observaient les plantes et les animaux sans intervenir. Aujourd’hui, on élargit cette démarche sur la base aérienne. »

Une biodiversité insoupçonnée derrière les grilles de la BA 106

Si la BA 106 évoque spontanément les avions et les activités militaires, elle constitue également un refuge remarquable pour la biodiversité. Les espaces préservés, peu fréquentés par l’homme, offrent des conditions favorables au développement de nombreuses espèces végétales.

« Les bases aériennes sont des lieux éminemment intéressants d’un point de vue des ressources animales et végétales », souligne Dominique Caubet. Des inventaires floristiques y sont régulièrement réalisés et certaines découvertes surprennent même les spécialistes.

Jean-Luc Martineau cite notamment la présence d’orchidées rares, dont une espèce qui ne figurait jusqu’alors sur aucune carte de répartition en Gironde. « La flore évolue, elle se déplace », explique-t-il. « Avec le dérèglement climatique, certaines espèces disparaissent, d’autres apparaissent ou remontent progressivement vers le nord. »

Pour faire découvrir cette richesse naturelle, la nouvelle section a déjà créé trois sentiers de découverte de la flore sauvage. Ces parcours seront ouverts aux militaires, à leurs familles, aux adhérents, mais également aux jeunes des Escadrilles Air Jeunesse, aux volontaires du Service national universel et aux scolaires. Une première sortie avec des élèves de Mérignac a d’ailleurs déjà été organisée.

Sensibiliser, accompagner et préparer les paysages de demain

Le projet dépasse largement le simple cadre du jardinage. Les responsables de la section souhaitent aussi répondre aux grands défis environnementaux de demain. Parmi les actions envisagées figure la phytoremédiation, une technique consistant à dépolluer les sols grâce aux plantes. Une expérimentation est d’ailleurs prévue sur une parcelle de la base, dans le cadre du programme environnemental « 106 nuances de vert ».

La nature est également pensée comme un outil de bien-être. Jean-Luc Martineau souhaite développer des « bains de forêt » destinés notamment aux militaires revenant d’opérations extérieures. « On va les amener dans la nature pour leur apporter du bien-être et du réconfort », explique-t-il, convaincu des bienfaits thérapeutiques du végétal. « Aujourd’hui, les jardins thérapeutiques existent dans de nombreux établissements de soins. Nous voulons nous inspirer de ces expériences. »

Les deux hommes défendent également une approche scientifique de l’aménagement des espaces verts. Pour eux, les jardins botaniques et les spécialistes du végétal ont un rôle essentiel à jouer pour accompagner les collectivités face aux évolutions climatiques.

Anticiper le climat de 2050

Pour Jean-Luc Martineau, il est désormais indispensable d’anticiper les changements qui attendent la région. Selon lui, le climat bordelais ressemblera progressivement à celui du sud de l’Espagne. « En 2050, on aura le climat de Séville à Bordeaux », affirme-t-il. Une évolution qui imposera de repenser les plantations en privilégiant des espèces plus résistantes à la chaleur et au manque d’eau.

Sans renoncer aux espèces locales lorsque cela est possible, il encourage déjà les jardiniers à adapter leurs pratiques, à pailler davantage leurs cultures, à économiser l’eau et à choisir des végétaux capables de supporter des étés toujours plus secs. « L’eau est devenue de l’or », rappelle-t-il.

Au-delà des techniques de jardinage, c’est un véritable changement de regard qu’il appelle de ses vœux. « Il va falloir changer les comportements humains, tout simplement. » Un message d’espoir qu’il conclut en reprenant les paroles d’Hubert Reeves, qu’il a eu l’occasion de rencontrer : « Il faut croire en l’avenir et croire en la jeunesse. »

Avec cette nouvelle section Jardinage Nature, la SM 106 entend ainsi démontrer qu’une base aérienne peut aussi devenir un lieu d’éducation, de préservation de la biodiversité et de réflexion sur les paysages de demain. Un projet où la transmission des connaissances se met au service de l’environnement et des générations futures.

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