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« Il va falloir cohabiter avec les moustiques-tigres, quoi qu’il arrive »le combat quotidien pour limiter un fléau désormais installé

16 avril 2026 · Actualités · Société

🎙 Podcast audio

Invité de C6 Radio, Christophe Courtin, responsable du centre de démoustication de Bordeaux Métropole, nous explique pourquoi le moustique-tigre est devenu un fléau durable, comment il prolifère au cœur même de nos jardins et surtout quels gestes simples, mais essentiels, chacun peut adopter pour limiter efficacement sa présence au quotidien.

Une présence durable, une lutte organisée mais lucide
Face à la prolifération des moustiques, et notamment du moustique-tigre, la lutte s’organise mais reste lucide. « On n’arrivera jamais à les exterminer », prévient d’emblée Christophe Courtin, responsable du centre de démoustication de Bordeaux Métropole. Créé en 2020, ce service public intervient sur l’ensemble des 28 communes avec un objectif clair : limiter au maximum les populations. Car ces insectes, présents depuis plus de 40 millions d’années, font désormais partie du quotidien. « Ce qu’on peut faire, tous ensemble, c’est d’essayer de réguler ces populations pour en réduire leur abondance », insiste-t-il. Une réalité d’autant plus marquée avec l’Aedes albopictus, reconnaissable à ses rayures noires et blanches, devenu en quelques années l’ennemi numéro un des jardins.

Un envahisseur discret… mais omniprésent dans nos jardins
Petit, discret (à peine 5 millimètres) mais redoutablement efficace, le moustique-tigre se distingue par ses habitudes. Contrairement au moustique classique, il pique en journée, avec un pic d’activité en fin d’après-midi. « C’est le moustique qui hante nos jardins », résume Christophe Courtin. Et pour cause : « Il est produit à plus de 80 à 90 % dans les propriétés privées. » Une donnée essentielle qui change complètement la stratégie de lutte. Loin des marais ou des zones humides, ce sont désormais les coupelles de pots de fleurs, les récupérateurs d’eau ou encore les bâches mal tendues qui deviennent de véritables « usines à moustiques ». Une simple lame d’eau d’un centimètre suffit. « On a même retrouvé des larves dans des capsules de bière », illustre-t-il.

Des risques sanitaires réels, mais à relativiser
Au-delà de la nuisance, le moustique-tigre inquiète aussi pour son rôle potentiel dans la transmission de maladies comme la dengue, le chikungunya ou le Zika. Sans céder à l’alarmisme, Christophe Courtin appelle à la vigilance : « Ce ne sont pas des maladies à prendre à la légère, mais il convient aussi de rassurer. » Les cas observés en France restent souvent liés à des contextes épidémiques extérieurs. Le véritable enjeu est donc local et collectif. « C’est l’affaire de tous », martèle-t-il. Car même un jardin parfaitement entretenu ne suffit pas si le voisinage ne suit pas. Le moustique-tigre, capable de repérer un humain à plus de 30 mètres grâce au CO₂, ne connaît pas les clôtures.

Les bons gestes, seule arme vraiment efficace
La solution repose alors sur une routine simple mais rigoureuse : traquer et éliminer chaque point d’eau stagnant. « Il faut enquêter dans son jardin », conseille le spécialiste, évoquant une trentaine de points à vérifier régulièrement. Une fois les principaux foyers supprimés, l’entretien devient plus rapide, presque automatique. Des solutions complémentaires existent pièges à larves, dispositifs attractifs mais elles ne remplacent jamais la prévention. « Les bons gestes, c’est les bons gestes », répète Christophe Courtin. Dans un contexte où le moustique-tigre a déjà colonisé plus de 80 % du territoire français, apprendre à vivre avec lui passe avant tout par une mobilisation quotidienne, individuelle et collective.

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