← Retour aux actualités

Incendies en Gironde : Jean-Luc Gleyze appelle à adapter la forêt et les moyens de lutte face au « monde d’après »

29 juillet 2026 · Actualités

🎙 Podcast audio

Alors que la Gironde est de nouveau confrontée à des incendies d’une ampleur exceptionnelle, le président du Département, Jean-Luc Gleyze, estime que ces événements confirment l’entrée dans une nouvelle réalité climatique. Invité de C6 Radio, il appelle à tirer rapidement les leçons de cette crise, tout en insistant sur la nécessité de soutenir les populations sinistrées et les sapeurs-pompiers.

Jean-Luc Gleyze dresse un constat sans détour : les catastrophes naturelles se succèdent à un rythme inédit.

« On est dans un monde d’après, qui est le monde du dérèglement climatique. »

Le président du Département rappelle que la Gironde a déjà subi les tempêtes Nelson et Pedro, des inondations, une sécheresse précoce ainsi qu’une canicule persistante, avant d’être frappée par ces incendies majeurs. Selon lui, ces phénomènes traduisent une accélération du changement climatique à laquelle les territoires doivent désormais s’adapter.

Pour Jean-Luc Gleyze, cette adaptation concerne également la forêt des Landes de Gascogne. Il tient toutefois à préciser qu’il n’est pas question de remettre en cause sa vocation historique. Cette forêt demeure un territoire de production de pin maritime, essentiel à la filière forestière et à l’économie girondine. En revanche, il estime que son aménagement doit évoluer afin de mieux faire face aux incendies de nouvelle génération.

« Une forêt des Landes de Gascogne a vocation, certes, à cultiver du pin maritime, mais il faut qu’on trouve des solutions pour éviter que l’incendie ne se propage aussi rapidement. »

Le président du Département regrette que les enseignements des incendies de 2022 n’aient pas été suffisamment suivis d’effets. Selon lui, il est désormais indispensable de concilier la vocation économique de la forêt avec une meilleure résilience face aux mégafeux, en repensant certains aménagements pour ralentir la propagation des flammes.

Au-delà de la gestion forestière, Jean-Luc Gleyze estime également que les moyens de lutte doivent évoluer. Les incendies actuels présentent, selon lui, des comportements inédits qui dépassent les dispositifs traditionnels.

« Nous sommes dépassés par des incendies qui ont des ampleurs et des dynamiques qui leur sont propres. »

Il appelle ainsi à tirer rapidement les enseignements de cette nouvelle crise afin d’adapter les stratégies de prévention et d’intervention.

Interrogé sur le risque de voir l’émotion retomber une fois la crise passée, Jean-Luc Gleyze reconnaît que cette inquiétude est bien réelle.

« C’est le danger. »

Il rappelle qu’après les incendies de 2022, plusieurs enseignements n’ont pas été pleinement tirés et appelle cette fois à engager une réflexion durable afin que les mêmes constats ne soient pas oubliés une fois l’urgence passée.

Pour autant, le président du Département insiste sur les priorités immédiates : accompagner les victimes et soutenir les secours mobilisés depuis plusieurs jours.

« Le moment, c’est vraiment le moment d’aider tout le monde, de soutenir nos sapeurs-pompiers. »

Il évoque notamment les habitants du Porge qui ont perdu leur logement.

« Des pans entiers de vie sont partis en fumée. Il faut absolument les soutenir. »

Pour lui, la solidarité doit rester la priorité tant que les incendies ne sont pas totalement maîtrisés.

Enfin, Jean-Luc Gleyze estime que cette crise révèle pleinement le rôle des collectivités et des services publics face aux catastrophes. Selon lui, c’est dans ces situations extrêmes que l’on mesure concrètement l’importance de l’action publique et de l’engagement des femmes et des hommes qui la font vivre au quotidien.

« C’est dans des moments de crise comme ça qu’on se rend compte de l’importance de l’action publique. »

Le président du Département évoque ce qu’il qualifie d’« adrénaline du service public », cette mobilisation immédiate qui anime les élus, les agents et l’ensemble des services publics lorsqu’il faut répondre à l’urgence.

« Il y a une forme d’adrénaline du service public dans ces moments-là. C’est-à-dire qu’on est tous à disposition. Nous, les élus, les services… On essaie de faire au mieux. On ne fait pas toujours tout parfaitement bien, mais il y a cette envie de servir l’autre, de l’aider, de l’accompagner. »

À travers ces mots, Jean-Luc Gleyze rend hommage à l’ensemble des acteurs mobilisés depuis le début de la crise : les sapeurs-pompiers, les forces de l’ordre, les agents départementaux, les communes, les associations et les nombreux bénévoles venus en aide aux populations évacuées. Pour lui, cette capacité de mobilisation collective constitue l’une des principales forces du territoire girondin. Une mobilisation guidée par une seule priorité : accompagner les habitants jusqu’au retour à une vie plus sereine, malgré une catastrophe dont les conséquences marqueront durablement le département.

Partager sur Facebook ↗ ·