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« Je suis en forme, j’écris… tout m’inspire » : Perrine Austry, l’année de tous les possibles

26 mai 2026 · Actualités · Société

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Entre le succès grandissant de ses romans, une rencontre aussi inattendue que marquante avec le président de la République au Festival du Livre de Paris et l’organisation d’un nouveau festival littéraire en Gironde, Perrine Austry traverse une période charnière de sa carrière. L’auteure girondine, révélée par une plume sensible et engagée, confirme aujourd’hui son installation durable dans le paysage littéraire français. Et derrière cette actualité foisonnante, une phrase revient comme un leitmotiv : « Cette année, je vais bien. »

Une auteure portée par un alignement « parfait des étoiles »

Lorsqu’elle évoque les derniers mois, Perrine Austry ne cache ni sa fatigue passée ni son enthousiasme retrouvé. Longtemps fragilisée par des problèmes de santé qui l’ont notamment conduite à une lourde hospitalisation et à vivre une période complexe liée au handicap, l’écrivaine parle désormais d’« un alignement parfait des étoiles ». Une formule qui résume autant son état d’esprit que la dynamique exceptionnelle autour de ses livres.

Son dernier roman, Captif, paru en janvier, marque un tournant plus sombre dans son œuvre. Plus proche du thriller psychologique que de la littérature générale qu’elle revendique depuis ses débuts, le livre aurait pu dérouter ses lecteurs. Il n’en a rien été. « Je pensais complètement les déstabiliser. Et en fait, ils étaient au rendez-vous », confie-t-elle avec amusement. Les lecteurs ont suivi, séduits par cette tension nouvelle, cette plongée dans une atmosphère plus inquiétante où « ils ont frissonné, ils se sont mis sous la couette, ils ont fermé la porte de chez eux à double tour ».

Mais la surprise vient surtout du destin de Une vie en apnée, son précédent roman, qui continue de connaître un succès inattendu. « Je pensais vraiment qu’à chaque fois qu’il y avait une sortie de roman, ça allait avaler l’autre », explique-t-elle. Or, loin d’être éclipsé, ce texte poursuit sa route avec une vitalité remarquable, au point de lui avoir récemment valu un prix littéraire.

Emmanuel Macron, Brigitte Macron et « Une vie en apnée » : la séquence inattendue du Festival du Livre de Paris

C’est une scène dont elle parle encore avec un mélange de stupéfaction et de sincérité désarmante. Au Festival du Livre de Paris, Perrine Austry a vécu un moment totalement imprévu : la venue d’Emmanuel Macron à son stand afin d’offrir Une vie en apnée à Brigitte Macron.

L’auteure raconte un instant presque irréel. « Cet homme est arrivé vers moi en me demandant si c’était vraiment moi qui avais écrit Une vie en apnée », se souvient-elle. Autour d’elle, un dispositif de sécurité impressionnant, des gardes du corps, des photographes, une foule compacte et bruyante. « Quand on le voit à la télévision, on n’a pas idée de ce que c’est. Les gens crient, il y a un brouhaha immense. On sait qu’il arrive avant même de le voir. »

La scène n’avait évidemment pas été préparée. « Sinon, j’aurais essayé de faire une dédicace un peu plus intelligente », plaisante-t-elle aujourd’hui. Mais sur le moment, l’émotion prend le dessus. « On perd ses moyens », reconnaît-elle franchement. L’image a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, provoquant un engouement inattendu autour du livre.

L’ironie de la situation n’a échappé à personne : Une vie en apnée offert au président de la République, symbole d’un quinquennat souvent décrit comme sous tension permanente. « Tout le monde a dit ça. Et tout le monde est dans le vrai », lâche-t-elle dans un éclat de rire.

Une voix engagée sur le handicap, la maladie et les fractures du soin

Derrière le succès médiatique, Perrine Austry reste profondément attachée aux thèmes qui traversent son œuvre. Ancienne professeure de philosophie, elle revendique une écriture nourrie par les questions humaines, sociales et médicales.

Son deuxième roman abordait déjà les préjugés liés au handicap et à la maladie, notamment après la crise du Covid. L’auteure s’intéresse particulièrement à la fragilité des soignants eux-mêmes. « On imaginait qu’un soignant était là pour soigner et qu’il ne tombait jamais malade », explique-t-elle. Son travail littéraire cherche précisément à interroger ces zones de vulnérabilité que la société préfère souvent ignorer.

Elle cite l’exemple d’une infirmière travaillant dans un planning familial confrontée elle-même à un avortement, ou encore celui d’un professionnel de santé soudain placé du côté du patient. « Est-ce qu’elle est déstabilisée comme n’importe quel patient lambda ? Voilà, c’est ça qui m’intéresse. »

Cette approche très humaine nourrit une œuvre où l’expérience personnelle n’est jamais loin. Perrine Austry parle avec une franchise rare de son propre parcours médical, des périodes difficiles et du regard parfois brutal porté sur les personnes malades ou handicapées.

Le « séisme Grasset » et l’inquiétude du monde de l’édition

Interrogée sur la crise qui secoue actuellement le monde de l’édition autour de Grasset et du groupe Bolloré, l’auteure refuse les déclarations simplistes mais livre une analyse lucide des conséquences du phénomène.

Au Festival du Livre de Paris, raconte-t-elle, « on n’a fait que parler de ça ». Entre départs d’auteurs, maisons d’édition en recomposition et inquiétudes des libraires, Perrine Austry décrit un milieu profondément secoué. Selon elle, les répercussions dépassent largement les seuls grands noms de l’édition.

« Même ceux qui ne pensent pas être touchés par Grasset sont touchés par Grasset », affirme-t-elle. Elle évoque notamment les conséquences pour les primo-romanciers, qui pourraient avoir davantage de difficultés à trouver une place dans des maisons désormais occupées à redistribuer des auteurs déjà installés.

Très attachée aux libraires indépendants, elle insiste aussi sur leur rôle fondamental dans « la chaîne du livre ». Pour elle, le soutien mutuel entre auteurs, éditeurs et libraires reste essentiel à la vitalité culturelle française.

« Les Vignes du Crime » : un nouveau festival littéraire au cœur des vignobles girondins

Au milieu de cette actualité dense, Perrine Austry se lance désormais dans une aventure totalement nouvelle : l’organisation de son propre festival littéraire.

Le 6 juin prochain, au Château Vignol à Saint-Quentin-de-Baron, se tiendra la première édition des Vignes du Crime, un événement gratuit mêlant littérature policière, vin et rencontres conviviales. Une idée née presque naturellement de son expérience des salons littéraires.

« Le genre littéraire qui marche le mieux en France, c’est le polar », constate-t-elle. « Et ce qui marche encore mieux, c’est le livre et le vin. »

L’événement réunira une quinzaine d’auteurs dans le cadre du domaine viticole de la famille Doublet, vignerons indépendants depuis deux générations. Perrine Austry voulait avant tout créer un rendez-vous chaleureux, accessible et familial, loin des files d’attente interminables des grands salons parisiens.

« Je voulais qu’on soit en extérieur, dans la cour d’un château, que ce soit convivial et que les gens aient vraiment accès aux auteurs », explique-t-elle. L’objectif : permettre de véritables échanges entre lecteurs et écrivains.

Le programme mêlera conférences, rencontres, dédicaces, dégustations et animations pour enfants. Une chasse au trésor gratuite sera notamment organisée autour de l’univers du détective, avec une forte dimension pédagogique. « Les enfants vont apprendre plein de choses tout en s’amusant », promet-elle.

Parmi les invités figurent notamment le scénariste Éric Corbeyran, célèbre pour Châteaux Bordeaux, mais aussi Ophélie Cohen. Un prix littéraire, celui des Vignes du Crime, sera également remis en fin de journée.

Une auteure qui écrit déjà l’après

Et pendant qu’elle organise un festival, enchaîne les salons et multiplie les rencontres, Perrine Austry prépare déjà la suite. Son prochain roman est terminé. « On travaille déjà sur la couverture », révèle-t-elle.

Mieux encore : elle écrit déjà celui d’après. « Je suis en forme, j’écris. J’ai des idées. Tout m’inspire », confie-t-elle dans un éclat de rire.

Un indice tout de même ? Le prochain roman, attendu le 14 janvier prochain aux éditions Kubik, aura « un lien avec la vigne ». Une confidence lâchée presque malgré elle à la fin de l’entretien.

À écouter Perrine Austry parler de littérature, de rencontres humaines, de festivals ou simplement de la joie retrouvée d’être debout et active, une évidence s’impose : l’auteure girondine est entrée dans une nouvelle étape de sa vie. Plus libre, plus visible, plus ambitieuse aussi.

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