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« La santé mentale des jeunes est devenue un enjeu majeur : il faut agir avant que les situations ne se dégradent »

15 juillet 2026 · Actualités · Politique · Société

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Une enquête de terrain pour donner la parole à une jeunesse en difficulté

Invité de C6 Radio, Sébastien Saint-Pasteur, député de la 7ᵉ circonscription de la Gironde, est revenu sur les résultats de l’enquête qu’il a lancée auprès des jeunes de 18 à 28 ans de sa circonscription. Une consultation qui a recueilli près de 900 réponses et qui met en lumière une réalité préoccupante : une grande partie de la jeunesse exprime aujourd’hui des difficultés liées à sa santé mentale.

Pour le député, ce taux de participation est déjà un enseignement en lui-même. « Ce n’était pas juste mettre un like sur les réseaux sociaux », explique-t-il. Les jeunes interrogés ont pris le temps de répondre à un questionnaire comprenant plus d’une trentaine de questions, preuve selon lui que le sujet les concerne directement et qu’ils souhaitent être entendus.

Cette démarche répond à une volonté simple : ne pas penser à la place des jeunes, mais partir de leur vécu. « Donner la parole aux jeunes, essayer d’avoir plus d’écho par rapport à ce qu’ils ressentent et ce qu’ils vivent, c’était fondamental », souligne Sébastien Saint-Pasteur.

Deux jeunes sur trois concernés : un signal d’alerte sur l’état de santé mentale

Parmi les chiffres marquants de l’étude, un constat ressort particulièrement : deux tiers des jeunes ayant répondu déclarent avoir rencontré ou rencontrer encore des difficultés liées à leur santé mentale.

Pour Sébastien Saint-Pasteur, ce résultat s’inscrit dans un contexte plus large. Les jeunes d’aujourd’hui doivent construire leur avenir dans une période marquée par de nombreuses incertitudes : dérèglement climatique, tensions internationales, difficultés économiques, accès au logement ou encore inquiétudes sur leur insertion professionnelle.

Le député insiste également sur le poids des transformations récentes, notamment celles liées à la crise sanitaire. La période du Covid-19 a constitué une véritable rupture pour une génération qui a connu des périodes d’isolement et de désocialisation à des âges essentiels de construction personnelle.

Si la parole autour de la santé mentale semble aujourd’hui plus libérée qu’auparavant, la stigmatisation reste pourtant une réalité. Selon l’enquête, 93 % des répondants estiment encore que les difficultés psychologiques peuvent être sources de jugement ou de regard négatif.

Prévention, accompagnement, accès aux soins : « il faut agir plus tôt »

Au-delà du constat, Sébastien Saint-Pasteur défend une approche davantage tournée vers la prévention. Pour lui, la question n’est pas seulement celle du coût des politiques publiques, mais celle du coût de l’inaction.

« Quand on fait bien la prévention, c’est difficile de mesurer son impact », rappelle-t-il, tout en estimant qu’investir plus tôt permettrait d’éviter des situations beaucoup plus lourdes : hospitalisations, ruptures scolaires, arrêts de travail ou isolement social.

Le député pointe notamment les difficultés d’accès aux professionnels de santé mentale. Dans l’enquête, 43 % des jeunes interrogés considèrent que les délais pour obtenir un accompagnement sont trop longs.

Concernant le dispositif Mon soutien psy, il reconnaît son intérêt mais estime qu’il ne répond pas totalement aux besoins actuels. Selon lui, les moyens pourraient être davantage orientés vers des dispositifs de proximité, notamment dans le milieu scolaire, afin de permettre une détection plus précoce des difficultés.

Réseaux sociaux, addictions, intelligence artificielle : les nouveaux défis d’une génération connectée

L’enquête s’est également intéressée aux nouveaux facteurs qui influencent la santé mentale des jeunes. Les résultats montrent notamment que les réseaux sociaux occupent une place ambivalente : ils sont devenus des espaces majeurs de sociabilité, mais peuvent aussi générer du stress, de l’anxiété ou une pression permanente.

Près de 50 % des jeunes interrogés déclarent avoir ressenti du stress ou de l’anxiété liés aux réseaux sociaux. Pour Sébastien Saint-Pasteur, ces plateformes créent une forme « d’identité augmentée », avec une exposition constante au regard des autres, aux comparaisons et parfois au cyberharcèlement.

L’étude aborde également la question des addictions, notamment liées aux consommations, mais aussi plus largement aux usages numériques. Le député rappelle que ces problématiques ne peuvent pas être traitées séparément : santé mentale, numérique, addictions et environnement social sont étroitement liés.

L’intelligence artificielle constitue également un nouveau défi. Si elle offre des opportunités importantes, notamment dans certains accompagnements, elle soulève aussi des interrogations sur la place de l’humain, la protection des données et l’évolution des apprentissages.

« Il faut redonner une perspective heureuse à la jeunesse »

Au terme de cet échange sur C6 Radio, Sébastien Saint-Pasteur veut retenir un message d’espoir. Pour lui, les jeunes ne doivent pas être considérés uniquement comme une génération en difficulté, mais comme des acteurs capables de participer aux solutions.

« On doit faire avec eux, pas pour eux », insiste le député, qui estime nécessaire de mieux prendre en compte leur parole dans les politiques publiques.

Santé mentale, handicap, prévention ou encore accompagnement des parcours de vie : autant de sujets qui traduisent, selon lui, une même ambition, celle d’une société plus attentive et plus inclusive.

Cette enquête constitue une première étape. L’objectif affiché est désormais de faire vivre le sujet dans le débat public et de transformer les constats recueillis en propositions concrètes, notamment autour de la prévention et de l’accompagnement précoce.

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