
« L’aéroport est resté opérationnel pendant toute la durée de la crise » : Simon Dreschel brise les rumeurs de fermeture
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Interview exclusive – Rare dans les médias, le président du directoire de la société Bordeaux Aéroport a accordé un entretien exclusif à C6 Radio. Au cœur d’une crise historique liée aux incendies en Gironde, Simon Dreschel met fin aux rumeurs : contrairement à ce qui a circulé ces derniers jours, l’aéroport de Bordeaux-Mérignac n’a jamais cessé de fonctionner.
Depuis plusieurs jours, les images des incendies qui ravagent la Gironde, les colonnes de fumée et le ballet incessant des Canadair ont alimenté une multitude de commentaires sur les réseaux sociaux. Parmi les rumeurs les plus persistantes : la fermeture de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac.
Une affirmation que Simon Dreschel dément avec fermeté.
« L’aéroport a été opérationnel pendant toute la durée de la crise. Les aires aéronautiques et notre capacité à accueillir des avions sont restées en place pendant tout l’événement. Au moment où nous parlons, l’aéroport est toujours opérationnel. »
Une déclaration forte, d’autant plus rare que le président du directoire de la société Bordeaux Aéroport s’exprime très peu publiquement. Dans cet entretien exclusif accordé à C6 Radio, il revient sur une semaine exceptionnelle qui a placé la plateforme aéroportuaire au cœur de la lutte contre les incendies.
Une priorité absolue : les moyens aériens contre les incendies
Si l’aéroport est resté ouvert, son fonctionnement a naturellement été adapté à une situation hors norme.
Plus de 23 aéronefs de lutte contre les incendies opèrent actuellement depuis Bordeaux-Mérignac. Les contrôleurs aériens ont donné la priorité à ces appareils indispensables aux opérations menées sur les différents foyers.
Le trafic commercial, lui, n’a jamais été interrompu.
« Il a parfois été retardé, il y a eu quelques vols annulés, mais globalement le trafic a pu se dérouler », explique Simon Dreschel.
Le bilan est révélateur de cette continuité de service : plus de 60 000 passagers ont pu quitter le territoire via l’aéroport de Bordeaux depuis le début de la crise.
Derrière les avions, une mobilisation humaine exceptionnelle
Au-delà des chiffres, Simon Dreschel tient surtout à saluer les femmes et les hommes qui ont permis à la plateforme de continuer à fonctionner.
Beaucoup de salariés ont eux-mêmes été touchés par les incendies, certains ayant dû être évacués de leur domicile.
Malgré cela, les équipes se sont réorganisées pour assurer la continuité des opérations.
« L’engagement sans faille de toute la communauté aéroportuaire est ce qui m’a le plus marqué », souligne-t-il.
Compagnies aériennes, assistants au sol, sociétés de sûreté, services de l’État, forces de l’ordre et personnels de l’aéroport participent quotidiennement aux cellules de crise organisées matin et soir afin d’adapter les opérations à l’évolution des incendies.
La météo, un outil stratégique
Chaque journée débute désormais par une analyse extrêmement précise des conditions météorologiques.
Direction du vent, évolution des fumées, visibilité ou encore propagation du feu : tous ces paramètres influencent directement les décisions prises par les équipes opérationnelles.
Les panaches de fumée représentent l’une des principales préoccupations.
« Les avions arrivent à opérer dans ces conditions-là, mais cela crée de véritables enjeux de vigilance pour tous ceux qui travaillent sur la plateforme », précise le président du directoire.
Une coordination permanente avec les sites stratégiques
L’aéroport de Bordeaux-Mérignac est entouré de plusieurs sites industriels majeurs, notamment Dassault, Thales ou Sabena.
Sans entrer dans les aspects confidentiels, Simon Dreschel confirme une coordination permanente avec ces entreprises ainsi qu’avec les services de l’État.
Il rappelle également que la protection des infrastructures sensibles constitue une priorité des autorités depuis le début des incendies.
Un hommage aux deux sapeurs-pompiers disparus
L’entretien débute par un moment particulièrement émouvant consacré aux deux sapeurs-pompiers décédés lors des opérations de lutte contre le feu sur un secteur proche de l’aéroport.
Très ému, Simon Dreschel évoque « un drame humain » qui a profondément marqué l’ensemble de la communauté aéroportuaire.
« Nous avons été extrêmement peinés et particulièrement bouleversés d’apprendre la mort de ces deux sapeurs-pompiers dans l’exercice de leur mission. »
Il salue également « l’engagement incroyable » des secours mobilisés pour protéger la zone aéroportuaire et les infrastructures environnantes.
« L’aéroport a fonctionné sans discontinuer »
Alors que les incendies continuent de mobiliser des moyens exceptionnels, Simon Dreschel insiste sur le principal enseignement de cette crise : la résilience des équipes.
« Notre objectif principal était de maintenir la continuité de service. L’aéroport a fonctionné sans discontinuer depuis le début de la crise. »
Un message clair destiné à rassurer les voyageurs, alors que de nombreuses interrogations persistent.
Malgré une situation exceptionnelle, l’aéroport de Bordeaux-Mérignac n’a jamais fermé ses portes. Sa mission s’est simplement adaptée à une priorité nationale : permettre le déploiement massif des moyens aériens de lutte contre les incendies tout en maintenant, autant que possible, le trafic commercial. Une précision essentielle apportée par une parole aussi rare qu’attendue.