
Martignas Handball : un petit club, une grande famille et des ambitions
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Créé en 1980, le Martignas Handball aborde une nouvelle saison avec des ambitions sportives mais aussi un défi majeur : renforcer ses effectifs et attirer de nouveaux bénévoles. Invitée de C6 Radio, Audrey Angeard, coach des seniors garçons, a raconté un club où la compétition compte, mais où l’humain reste au centre du projet.
C’est une histoire qui a commencé presque modestement, par une petite annonce. En 1980, un directeur d’école souhaite développer la pratique du handball à Martignas-sur-Jalle. Cinq personnes répondent à son appel et le club voit le jour. Deux ans plus tard seulement, les minimes garçons décrochent un premier titre de champion de Gironde Promotion. Plus de quarante ans après, l’aventure continue.
Pour cette nouvelle saison, Audrey Angeard change toutefois de dimension. Après trois années passées auprès des U18, elle prend en charge une équipe de seniors garçons, avec une particularité : devoir composer avec des joueurs dont les âges peuvent aller d’environ 18 à 50 ans.
Un nouveau défi pour celle qui vit avec le handball depuis presque toujours.
« Le handball, c’est une leçon de vie »
Audrey Angeard découvre ce sport à Lège en 1989, alors qu’elle n’a pas encore huit ans. Elle poursuit ensuite son parcours jusqu’à évoluer en sélection de Gironde. De cette époque, elle conserve bien davantage que des souvenirs sportifs.
« Moi, je dis à tous mes joueurs : le hand, c’est une leçon de vie. »
Confiance en soi, entraide, dépassement, partage : elle décrit un sport collectif qui l’a profondément construite. Et lorsqu’elle s’adresse aux parents qui hésiteraient encore à inscrire leur enfant, sa réponse est immédiate : « Allez-y, foncez. »
Les blessures, notamment aux genoux, l’ont finalement contrainte à arrêter de jouer. Mais abandonner complètement le handball était inconcevable. Elle s’est donc tournée vers le coaching pour continuer à vivre cette passion autrement.
Et le changement de côté du terrain n’a manifestement pas fait disparaître l’adrénaline. Sur le banc, Audrey Angeard reconnaît volontiers vivre intensément les rencontres, avec le stress et parfois les coups de voix qui accompagnent son tempérament de coach.
Des ambitions freinées par le manque d’effectifs
Derrière la passion se cache cependant une réalité beaucoup plus concrète. Le Martignas Handball comptait environ 80 licenciés au moment de l’interview, un nombre encore insuffisant pour alimenter correctement toutes les catégories du club.
Le problème se pose notamment chez les seniors masculins. Pour disposer de deux équipes suffisamment solides tout au long d’une saison, il faut anticiper les absences, les blessures et les indisponibilités. Faute d’effectif suffisant, Audrey Angeard expliquait ainsi ne pas pouvoir lancer immédiatement l’équipe 2 qu’elle devait encadrer.
Le message lancé sur C6 est donc clair : le Martignas Handball recrute.
Débutants comme joueurs expérimentés peuvent venir découvrir le club. Trois entraînements d’essai sont proposés avant de décider ou non de s’engager. Et les inscriptions restent possibles au cours de l’année.
La Région dans le viseur
Car derrière les difficultés d’effectif, les ambitions sportives sont bien présentes.
Pour l’équipe première masculine, l’objectif affiché est une montée au niveau régional. La constitution de deux équipes seniors constitue justement un élément important de cette progression.
« L’objectif, c’est de monter en région l’année prochaine », explique Audrey Angeard, qui assure rester confiante malgré la nécessité de récupérer encore quelques licences.
Le club compte également une équipe féminine reconstruite il y a trois ans, mêlant joueuses expérimentées et débutantes. Là encore, l’ambition est de progresser et, à terme, d’accéder à un niveau supérieur.
Mais Martignas regarde aussi vers l’avenir avec ses jeunes. Des actions sont notamment menées dans les écoles élémentaires et au collège afin de faire découvrir le handball aux enfants. Pour le club, former les plus jeunes est indispensable : ce sont eux qui pourront demain alimenter les catégories supérieures.
Former, même lorsque les joueurs doivent partir
Cette philosophie dépasse d’ailleurs les seuls résultats de Martignas.
Cette saison, faute d’un nombre suffisant de joueurs, le club n’a pas pu constituer d’équipe U18 garçons. Certains jeunes ont donc rejoint Saint-Médard pour poursuivre leur progression à un niveau supérieur.
Une situation qu’Audrey Angeard ne vit pas comme un échec. Au contraire : voir des joueurs formés ou accompagnés à Martignas continuer leur parcours ailleurs fait aussi partie de la mission d’un club formateur.
L’objectif, résume-t-elle, est d’emmener les joueurs « au niveau où ils ont envie de jouer et si possible à un niveau plus haut ».
Le bénévolat, l’autre urgence
Mais pour faire vivre un club, les joueurs ne suffisent pas.
Tables de marque, buvette, arbitrage, sécurité, organisation des rencontres… Comme beaucoup d’associations sportives, le Martignas Handball repose largement sur ses bénévoles. Et là encore, les besoins sont importants.
« Il y a beaucoup de bénévoles, mais toujours un manque de bénévoles », reconnaît Audrey Angeard.
Une difficulté qui peut même avoir des conséquences sportives. Elle rappelle que les seniors garçons ont déjà subi des points de pénalité liés à un nombre insuffisant d’arbitres-joueurs, avec un impact direct sur leur classement.
Le club lance donc un double appel : aux personnes souhaitant jouer, mais également à celles qui souhaitent simplement donner un peu de leur temps à la vie associative.
« Notre club, c’est une famille »
Au-delà des classements et des ambitions, c’est finalement cette dimension humaine qui revient constamment dans les propos d’Audrey Angeard.
Elle parle régulièrement de « ses garçons ». Une expression qui traduit l’attachement noué avec les joueurs qu’elle accompagne. À la fin de la saison dernière, certains lui ont d’ailleurs offert un tee-shirt portant au dos une photo de l’ensemble de l’équipe.
Une relation qui résume assez bien l’esprit revendiqué à Martignas : de l’exigence sur le terrain, mais une proximité et une solidarité fortes en dehors.
Martignas Handball assume ainsi parfaitement son statut de petite structure face à des clubs plus importants du territoire. Sans chercher à rivaliser sur tous les terrains avec eux, le club veut offrir autre chose : de la proximité, de l’entraide et une véritable vie collective.
Et si certains jeunes doivent un jour rejoindre un club évoluant plus haut pour poursuivre leur progression, Martignas considère que le travail aura aussi été accompli.
Audrey Angeard le résume par une phrase simple, empruntée au président du club : « Notre club, c’est une famille. »
Une famille qui ne demande aujourd’hui qu’à s’agrandir. Avec des joueurs, des joueuses, des jeunes, des bénévoles et une ambition intacte : continuer à grandir sans perdre ce qui fait l’identité du Martignas Handball.