
« On espère surtout ne jamais avoir à refaire un nouvel autocollant. Ça sera pour nous le dernier. »
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Après les incendies de 2026, Sandra Ladoire, Anne Rousseau et Audrey Fasquel relancent leur initiative « Merci à tous »
En 2022, trois amies avaient imaginé un autocollant pour rendre hommage à celles et ceux mobilisés face aux incendies qui ravageaient la Gironde. Quatre ans plus tard, alors que les feux ont de nouveau frappé le territoire, Sandra Ladoire, Anne Rousseau et Audrey Fasquel ont décidé de reprendre leur initiative. Mais cette fois, le message a changé : après le « Merci à tous », place à un appel sans détour : « Donnez-nous les moyens ».
L’histoire avait commencé presque spontanément, au lendemain des incendies de 2022. Sur les routes et aux abords des zones sinistrées, les trois femmes avaient vu fleurir des dessins et des messages de soutien destinés aux pompiers, aux bénévoles, aux agriculteurs et à tous ceux qui avaient participé aux opérations.
« Pourquoi ne pas faire quelque chose qui reste ? », se sont-elles alors demandé.
Avec Anne Rousseau, graphiste, Sandra Ladoire et Audrey Fasquel ont imaginé un autocollant destiné aux véhicules. Une manière simple de faire vivre un message de reconnaissance au-delà de l’urgence et de laisser une trace visible de la solidarité qui s’était exprimée pendant les incendies.
Le premier visuel représentait la Gironde en flammes, associée à un casque de pompier et au message « Merci à tous ». Plus de 30 000 exemplaires avaient alors été édités et distribués gratuitement. Certains autocollants avaient même voyagé bien au-delà de la Gironde, jusqu’en Polynésie française ou en Floride.
De « Merci à tous » à « Donnez-nous les moyens »
En 2026, le contexte a changé. Lorsque les incendies ont de nouveau frappé le département, les trois femmes n’ont pas immédiatement envisagé de relancer leur opération.
Un autre élément les a toutefois interpellées : leur visuel de 2022 avait été repris et modifié sans leur accord. Le logo ayant été déposé auprès de l’INPI dès 2022, elles ont souhaité conserver la maîtrise de leur création et de son utilisation.
Puis la question s’est imposée : fallait-il reprendre l’autocollant ?
La réponse est finalement venue après une nuit de réflexion. Et, comme en 2022, Anne Rousseau a repris son crayon.
Cette fois, le personnage représenté sur le dessin ouvre la bouche et lance un message beaucoup plus revendicatif : « Donnez-nous les moyens ».
Une évolution assumée. Pour les trois créatrices, il ne s’agit plus seulement de remercier celles et ceux qui interviennent sur le terrain, mais également de faire vivre une question entendue à plusieurs reprises dans les médias et portée notamment par les pompiers : les moyens consacrés à la prévention et à la lutte contre les incendies sont-ils à la hauteur des risques auxquels les territoires sont confrontés ?
Les trois femmes ne prétendent pas apporter elles-mêmes la réponse. Leur démarche consiste à poser la question, à interpeller et surtout à ne pas laisser disparaître le souvenir des incendies une fois l’urgence passée.
Une image qui roule pour ne pas oublier
Pourquoi un simple autocollant ?
Parce qu’une voiture circule, explique Sandra Ladoire. L’image se déplace, se voit et interpelle. Elle permet de transformer un message en présence permanente dans l’espace public.
L’objectif est double : continuer à dire merci et inviter chacun à s’interroger.
L’autocollant 2026 représente désormais la Gironde et les Landes. Il rend hommage à l’ensemble des personnes mobilisées : pompiers, agriculteurs, membres de la DFCI, bénévoles et tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont apporté leur aide pendant les incendies.
Pour Sandra Ladoire, cette solidarité constitue l’un des éléments les plus marquants de ces périodes de crise. Derrière les évacuations, les maisons détruites et les milliers d’hectares touchés, elle retient aussi l’image d’une population qui s’entraide.
Cette année, le drame humain a également renforcé la volonté de relancer l’initiative. La mort de deux pompiers, Anthony et Wilfried, lors de l’incendie évoqué dans l’entretien, a rappelé de manière tragique les risques encourus par ceux qui interviennent sur le terrain.
Trois femmes, trois rôles, une même démarche
Le projet repose sur un fonctionnement collectif.
Audrey Fasquel est présentée comme la « fonceuse » du trio. Elle multiplie les idées, les démarches et les prises de contact. Anne Rousseau apporte son savoir-faire graphique ainsi que ses contacts dans le monde de l’impression. Sandra Ladoire, de son côté, assure notamment l’animation de la page consacrée au projet et intervient sur de nombreux aspects de l’organisation.
Trois personnalités différentes, mais une même volonté : faire avancer le projet ensemble.
L’autocollant n’a pas vocation à devenir un produit commercial. Bien au contraire.
Dès 2022, les trois créatrices avaient fait le choix de protéger leur logo afin d’éviter toute utilisation détournée, notamment à des fins commerciales ou de collecte de fonds. Leur principe reste inchangé : l’autocollant doit être gratuit.
« La solidarité n’a pas de prix », résume Sandra Ladoire.
Des imprimeurs recherchés pour répondre à la demande
Pour que l’opération puisse prendre de l’ampleur, un besoin est aujourd’hui prioritaire : trouver des imprimeurs prêts à participer bénévolement à l’initiative.
Le principe est simple. Les professionnels qui souhaitent s’engager prennent en charge l’impression des autocollants et les fournissent au collectif. Sandra, Anne et Audrey organisent ensuite leur distribution, notamment grâce à des points de dépôt, comme cela avait été fait en 2022.
L’appel ne s’adresse pas uniquement aux imprimeurs de la région bordelaise. Tout imprimeur souhaitant apporter son soutien est le bienvenu, quelle que soit sa localisation.
Le besoin est d’autant plus important que les demandes sont nombreuses. Pour les trois femmes, produire suffisamment d’exemplaires est la condition indispensable pour que le message puisse circuler largement.
Et pour convaincre un professionnel encore hésitant, Sandra Ladoire revient à l’essentiel : l’effet humain de cette petite image.
Lors de la distribution des autocollants en 2022, elle se souvient des sourires de pompiers à qui elle remettait directement le visuel. Un geste simple, mais qui pouvait apporter un peu de réconfort après des journées éprouvantes.
Un autocollant qu’elles espèrent ne plus jamais avoir à créer
La réussite de cette nouvelle campagne ne se mesurera pas uniquement au nombre d’exemplaires distribués.
Les trois créatrices espèrent évidemment que le message « Donnez-nous les moyens » sera entendu et que des moyens supplémentaires pourront être mobilisés. Elles souhaitent aussi que la population conserve en mémoire ce qui s’est passé et que les enseignements des incendies soient réellement tirés.
Mais leur plus grand souhait est paradoxalement de ne plus avoir besoin de leur propre initiative.
En 2030, si de nouveaux incendies devaient frapper le territoire, relanceraient-elles un nouvel autocollant ?
La réponse de Sandra Ladoire est claire : « On espère surtout ne jamais avoir à refaire un nouvel autocollant. Ça sera pour nous, et je l’espère, le dernier. »
Derrière quelques centimètres de papier adhésif, c’est donc un message beaucoup plus large qui se joue : remercier, soutenir, interpeller et surtout ne pas oublier.
Comment soutenir l’initiative « Merci à tous » ?
Les trois créatrices recherchent activement des imprimeurs bénévoles capables de produire les autocollants gratuitement afin de permettre leur distribution au plus grand nombre.
Pour proposer son aide ou obtenir des informations
Par e-mail :
📧 stickermerciatous@gmail.com
Sur Facebook :
La page « Autocollant Merci à tous », créée en 2022, reste ouverte et permet de contacter directement Sandra, Anne et Audrey par message privé.
Les personnes, entreprises ou professionnels souhaitant contribuer à l’impression ou au déploiement de l’initiative sont invités à prendre contact directement avec le collectif.
L’objectif est simple : que le message circule, que les personnes mobilisées soient remerciées et que la question des moyens ne soit pas oubliée une fois les flammes éteintes.