
« La seule priorité qui nous guide depuis le début, c’est de préserver les vies humaines »
29 Juillet 2026 – 22h30
Incendie en Gironde : Sophie Brocas affiche un optimisme prudent après une journée à très haut risque
Après une journée qualifiée de « très haut risque », la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, et le directeur du SDIS 33, Marc Vermeulen, ont voulu délivrer un message d’apaisement mercredi soir. Si l’incendie n’est pas encore maîtrisé, il n’a pas progressé au cours de cette journée marquée par des conditions météorologiques particulièrement défavorables. Les autorités estiment que les prochaines heures seront déterminantes et entrevoient un retour progressif à la normale si la météo reste favorable.
« Le feu n’a pas progressé. » C’est le principal enseignement de cette conférence de presse organisée en fin de journée au Centre opérationnel départemental, après plusieurs heures de lutte acharnée contre les flammes.
La préfète a expliqué avoir volontairement retardé cette prise de parole afin d’attendre l’issue d’une journée particulièrement redoutée par les secours. Les températures ont atteint 41 °C, accompagnées de vents pouvant souffler jusqu’à 45 km/h et d’une humidité extrêmement faible, un « cocktail qui ne plaît pas du tout aux sapeurs-pompiers ».
Sept reprises de feu dans la journée
Malgré ces conditions extrêmes, les secours ont contenu l’incendie. Sept reprises de feu ont été recensées à l’intérieur du périmètre sinistré, dont trois restaient encore actives mercredi soir, sans toutefois sortir de la zone déjà brûlée.
En parallèle, un nouveau départ de feu s’est déclaré au Barp. Sophie Brocas a indiqué avoir renforcé dès mardi puis mercredi matin la présence de la gendarmerie dans ce secteur. « Il est probable que ce ne soit pas le fait du hasard », a-t-elle déclaré, tout en rappelant que les investigations relèvent désormais de la gendarmerie et du procureur de la République.
Plus de 3 300 pompiers mobilisés
Le dispositif de lutte reste exceptionnel. Plus de 3 300 sapeurs-pompiers sont désormais engagés en Gironde, appuyés par 24 moyens aériens, 1 500 militaires et 1 400 membres des forces de sécurité intérieure.
Marc Vermeulen a détaillé une stratégie mêlant interventions terrestres et aériennes, appuyée notamment par un drone Reaper mis à disposition par les armées. Cet équipement permet de localiser avec précision les foyers résiduels afin d’orienter les bombardiers d’eau et les équipes au sol.
Les pompiers ont également recours à des feux tactiques, notamment mercredi soir pour protéger le camping de La Jenny, au Porge. Cette technique consiste à brûler volontairement certaines parcelles afin de priver l’incendie de combustible.
Un optimisme mesuré pour la nuit
Après avoir survolé le chantier, Marc Vermeulen s’est montré « raisonnablement optimiste » pour la nuit. L’intensité des différents foyers diminue, même si plusieurs points chauds restent actifs.
L’objectif est désormais d’exploiter la fenêtre météorologique plus favorable annoncée pour les prochains jours. Les équipes travailleront toute la nuit afin de traiter les quelque 240 kilomètres de lisières et les nombreux points chauds encore présents.
Le directeur du SDIS a toutefois rappelé que la bataille est loin d’être terminée. Si les risques de phénomènes pyroconvectifs diminuent jeudi et vendredi, les prévisions laissent entrevoir un retour de conditions critiques en début de semaine prochaine. Les moyens aériens français et internationaux reprendront leurs rotations dès 7 heures jeudi matin.
« Préserver les vies humaines »
Face aux interrogations exprimées par certains habitants sur les choix opérationnels effectués depuis le début de la crise, Sophie Brocas a tenu à rappeler la ligne de conduite des autorités.
« La seule priorité qui nous guide depuis le début, c’est de préserver les vies humaines », a-t-elle insisté.
La préfète a souligné qu’aucun décès ni blessé grave n’était à déplorer parmi la population, malgré l’ampleur exceptionnelle de cette saison des incendies. Elle a également rendu hommage aux sapeurs-pompiers engagés sur le terrain, rappelant que plusieurs d’entre eux ont perdu la vie ailleurs en France ces derniers jours et que de nombreux blessés sont à déplorer.
Concernant les critiques sur l’organisation des secours, Sophie Brocas a indiqué que toutes les questions seraient examinées « avec transparence et rigueur » une fois la crise terminée, estimant que « le temps de la crise n’est pas celui de la discussion ».
Les agriculteurs salués
La préfète a également souhaité dissiper un malentendu avec les agriculteurs. Elle a réaffirmé leur rôle essentiel dans l’approvisionnement en eau des engins et leur engagement aux côtés des secours.
Elle a simplement rappelé la nécessité d’organiser cette aide pour qu’elle soit efficace et réalisée « aux bons endroits, au bon moment et en sécurité », assurant n’avoir « à aucun moment » voulu freiner cet élan de solidarité.
Pas de pillages signalés
Interrogée sur les inquiétudes des habitants évacués concernant d’éventuels cambriolages, Sophie Brocas s’est voulue rassurante.
Les patrouilles de gendarmerie, de police et les militaires Sentinelle continuent de sécuriser les secteurs évacués. À ce stade, « nous ne déplorons pas de cambriolage », a-t-elle affirmé.
Concernant les animaux de compagnie laissés sur place, la préfecture a mis en place un dispositif permettant aux propriétaires de signaler leur présence. Les services de l’État, accompagnés d’associations spécialisées, peuvent intervenir pour les récupérer.
Un retour progressif à la normale espéré
Si les conditions météorologiques annoncées se confirment et que la nuit se déroule favorablement, Sophie Brocas estime qu’un retour progressif à une vie plus normale pourra être envisagé pour les habitants et les entreprises, à l’exception des communes toujours directement menacées par les flammes.
Elle a toutefois rappelé que cette perspective reste conditionnée à l’évolution de l’incendie et que de nouvelles évacuations pourraient être décidées si la situation venait à se dégrader.