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« Tous les maquettistes sont de grands enfants» : Philippe Moretti, l’homme qui fait revivre les pionniers de l’aviation

9 juin 2026 · Actualités · Société

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À Martignas-sur-Jalle, un maquettiste redonne vie à l’histoire du vol

À Martignas-sur-Jalle, Philippe Moretti consacre sa retraite à une passion devenue bien plus qu’un loisir : la reconstitution ultra-précise des premiers avions de l’histoire. Maquettiste reconnu à l’international, il s’est spécialisé depuis plus de trente ans dans les appareils des pionniers de l’aviation et de la Première Guerre mondiale.

« Tous les maquettistes sont de grands enfants », confie-t-il avec simplicité. Une phrase qui résume l’état d’esprit de cet homme qui transforme chaque maquette en voyage dans le temps.

Une passion née de l’histoire de l’aviation

Au fil des expositions, Philippe Moretti découvre un manque : celui de la représentation des débuts de l’aviation. Dès lors, il se concentre sur les premiers avions, de l’Éole aux machines de Louis Blériot. « Je me suis aperçu que cette période-là n’était pas du tout connue », explique-t-il.

Chaque projet devient alors une enquête historique mêlant recherches, échanges avec des passionnés et consultation de centaines d’ouvrages spécialisés.

Le Coandă 1910, symbole des débuts expérimentaux

Parmi ses réalisations marquantes figure le Coandă 1910, souvent considéré comme une préfiguration de l’avion à réaction. Philippe Moretti raconte les essais audacieux de son concepteur et les limites techniques de l’époque. « C’était énorme, beaucoup construisaient leur seul et unique avion », rappelle-t-il.

Ces machines fragiles témoignent selon lui d’une époque où tout restait à inventer, avec des risques considérables.

Une exigence du détail extrême

Partant de kits de base qu’il modifie profondément, le maquettiste ajoute lui-même une multitude d’éléments : laiton, cuivre, plastique, fil électrique… rien n’est laissé au hasard.

Il est même allé jusqu’à reproduire un fil de fer barbelé à l’échelle exacte après l’avoir mesuré sur le terrain. « Je me démarque effectivement », reconnaît-il avec modestie.

Son atelier ressemble à un bloc opératoire miniature : pinces fines, scalpels, micro-forets de 2/10e de millimètre… chaque geste demande précision et maîtrise.

Une passion de transmission

Ses œuvres sont aujourd’hui exposées en France et à l’étranger, notamment dans des musées liés à l’histoire de l’aviation. Mais pour lui, l’essentiel reste le partage. « C’est aussi un échange. Les gens découvrent des avions et des histoires qu’ils ne connaissaient pas. »

Il participe également à un projet ambitieux : la reconstruction à taille réelle d’un avion de 1912 en collaboration avec des lycées et écoles d’ingénieurs.

« On crée d’abord avec sa tête »

Pour Philippe Moretti, le maquettisme dépasse la simple reproduction. « On crée d’abord avec sa tête. On réfléchit avant d’agir. »

Une philosophie qui guide un travail où histoire, technique et passion se mêlent pour redonner vie aux débuts de l’aviation, un fragment après l’autre.

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