À Mérignac, une politique culturelle ambitieuse, de la petite enfance aux grands équipements

Invitée de C6 Radio, Vanessa Fergeau-Renaux, adjointe déléguée à la culture à Mérignac, a détaillé une politique culturelle qui s’inscrit dans la durée, avec une ambition claire : rendre la culture accessible à tous, dès le plus jeune âge, et en faire un véritable levier d’émancipation.

hop hop immo
hop hop immo
À Mérignac, une politique culturelle ambitieuse, de la petite enfance aux grands équipements

La culture dès les premiers mois de vie

À Mérignac, l’éducation artistique et culturelle commence très tôt. « On commence à trois mois », rappelle Vanessa Fergeau-Renaux. Chaque année, le festival Promenons-nous, organisé en février et mars, propose une trentaine de spectacles, ateliers et rencontres dédiés aux tout-petits et à leurs parents. L’objectif est clair : éveiller la curiosité et créer un premier lien avec les artistes.

Pour les enfants plus âgés, la Ville s’appuie sur un Parcours d’éducation artistique et culturelle qui concerne aujourd’hui 6 300 élèves, de la maternelle au primaire. Ce parcours repose sur trois piliers : la rencontre avec une œuvre ou un événement, la rencontre avec l’artiste et la pratique artistique. « Le but, ce n’est pas seulement d’aimer ou de ne pas aimer, mais de pouvoir se demander pourquoi », souligne l’élue.


Construire l’esprit critique et désacraliser la culture

Cette exigence pédagogique se construit en étroite collaboration avec les enseignants et l’Éducation nationale. « Sans eux, rien ne serait possible », insiste Vanessa Fergeau-Renaux, qui salue leur engagement. La culture, rappelle-t-elle, est parfois « mal comprise ou malmenée », d’où l’importance de la médiation, notamment autour de sujets sensibles comme le dessin de presse ou la laïcité.

Des rencontres avec des artistes comme Plantu, Urbs ou Camille permettent de désacraliser la culture et de donner accès directement à la parole des créateurs. « Ce n’est pas nous qui traduisons l’intention de l’artiste, c’est l’artiste lui-même », précise-t-elle.


Des équipements culturels au cœur de la vie locale

Mérignac s’appuie sur un réseau d’équipements particulièrement dense. Le conservatoire, avec plus de 1 000 élèves, 35 disciplines et 50 enseignants, joue un rôle central. Ouvert dès l’âge de 4 ans, il accueille également des enfants en situation de handicap. Le dispositif Orchestre à l’école, mis en place dès la 5e, illustre cette ambition : pendant trois ans, des élèves découvrent la musique de manière collective, avec des répercussions positives jusque sur les résultats scolaires.

Autre pilier : la médiathèque, qui accueille 115 000 visiteurs par an. Lieu de vie à part entière, elle se décline aussi hors les murs grâce à La Bulle, médiathèque itinérante installée dans les quartiers et l’espace public. Livres, jeux, graines à échanger, conférences, spectacles : « Il faut passer une journée à la médiathèque pour se rendre compte à quel point c’est devenu un centre de vie », observe l’adjointe à la culture.


2026, une année culturelle forte

Parmi les temps forts à venir, la réouverture du Krakatoa constitue un moment clé. Entièrement rénové, l’équipement disposera désormais de trois salles, offrant davantage de souplesse pour les concerts et la médiation. Une exposition photographique d’Olivier Crouzel, consacrée à la métamorphose du lieu, sera présentée à la Vieille Église.

Le Pin Galant, désormais géré par un nouveau délégataire, poursuit quant à lui sa mission d’ouverture au plus grand nombre. « La programmation reste éclectique et exigeante », assure Vanessa Fergeau-Renaux, rappelant que le programmateur n’a pas changé et que la Ville conserve un droit de regard.

La saison 2026 s’annonce dense : expositions, danse, spectacles sonores, projets autour de la mémoire locale, événements dédiés aux adolescents ou encore lancement de l’Été mérignacais dans les parcs, avec concerts, cirque et performances en plein air.


Une culture comme outil d’émancipation

Au-delà des chiffres et des événements, la philosophie reste constante : faire de la culture un outil d’émancipation individuelle et collective. « La culture aide à lever des freins, à s’exprimer, à se construire », résume Vanessa Fergeau-Renaux.