Découvert en 2023 par un collectif d’acteurs de l’éducation et de la jeunesse, le festival s’est implanté pour la première fois sur le territoire bordelais avec l’ambition de valoriser l’apprentissage sous toutes ses formes, bien au-delà du cadre scolaire. « Apprendre tout au long de la vie, ce n’est pas seulement l’école ou les enfants, c’est aussi prendre soin de soi, des autres et de la planète », rappelle Magali Solviche.
Conférences, ateliers et rencontres pour tous les publics
Jusqu’au 29 janvier, de nombreux événements sont proposés en présentiel et en distanciel à Bordeaux, Mérignac, Eysines et plus largement sur le territoire de la métropole. Conférences, ateliers, visites de laboratoires, podcasts ou encore actions de sensibilisation s’adressent aussi bien aux professionnels qu’aux familles et aux jeunes.
Magali Solviche interviendra notamment le vendredi 23 janvier 2026 lors d’un atelier intitulé « Dans ma tête et dans mon cœur : parler du bien-être, ça s’apprend », destiné aux enfants de 8 à 10 ans. Un temps d’échange centré sur l’expression des émotions, la reconnaissance du mal-être et le droit de demander de l’aide.
Orthopédagogie : accompagner les difficultés d’apprentissage et le mal-être
Orthopédagogue de formation, Magali Solviche accompagne des apprenants de tous âges confrontés à des difficultés scolaires, des troubles de l’apprentissage (dyslexie, troubles de l’attention, troubles du spectre de l’autisme), mais aussi des jeunes en perte de confiance ou en situation de refus scolaire anxieux.
« Il y a une vraie différence entre ne pas aimer l’école et se rendre malade pour ne pas y aller », explique-t-elle. Les signes sont multiples : maux de ventre, maux de tête récurrents, crises d’angoisse au moment de franchir le portail de l’école. Des situations qui ne relèvent ni du caprice ni d’un manque de motivation, mais d’un réel mal-être.
Depuis la crise sanitaire, ces situations sont de plus en plus fréquentes, y compris chez de très jeunes enfants. Isolement, pression scolaire, harcèlement, anxiété de performance ou climat géopolitique anxiogène contribuent à fragiliser les élèves, parfois même ceux qui obtiennent de très bons résultats scolaires.
Parents, école et société face à l’anxiété des jeunes
Si l’Éducation nationale prend de mieux en mieux en compte ces problématiques, les enseignants restent confrontés à un manque de moyens et à des effectifs importants. Le repérage des signaux d’alerte se fait donc souvent d’abord en famille, où les parents peuvent se sentir démunis.
« On n’a pas de mode d’emploi pour être parent », souligne Magali Solviche, rappelant l’importance de reconnaître l’existence de l’anxiété scolaire et d’accepter que les accompagnements prennent du temps. Elle insiste également sur la nécessité de déconstruire les idées reçues autour de la santé mentale, encore trop souvent associée à la folie, alors qu’elle concerne aussi le burn-out, la dépression ou l’anxiété.
Numérique, IA et apprentissage : accompagner plutôt qu’interdire
Le Festival de l’Apprendre aborde également les enjeux du numérique, des écrans, de l’intelligence artificielle et des jeux vidéo, avec plusieurs conférences et interventions sur le territoire. Pour l’orthopédagogue, l’enjeu n’est pas de refuser ces outils, mais d’apprendre à les utiliser avec esprit critique.
« Avoir accès à l’information ne veut pas dire la comprendre ni savoir l’utiliser », rappelle-t-elle. Si les enfants maîtrisent souvent mieux les outils numériques que les adultes, ces derniers conservent un rôle essentiel : celui de questionner, d’accompagner et d’aider à vérifier les sources et le sens des informations.
Concernant l’usage du téléphone à l’école, Magali Solviche plaide pour une approche nuancée : pas d’écrans pendant les temps d’apprentissage, mais davantage de souplesse sur les temps extrascolaires, notamment au lycée.
Une génération agile et adaptable
Interrogée sur l’avenir des jeunes générations, l’orthopédagogue se montre résolument optimiste. « Ils n’ont pas les mêmes codes que nous, mais ils sont plus agiles, plus adaptables », affirme-t-elle, rappelant que chaque génération traverse son propre choc culturel.
Si le contexte mondial actuel peut rendre plus difficile la projection dans l’avenir, elle estime que les jeunes sauront trouver leurs propres chemins, à condition d’être accompagnés avec bienveillance.
Le Festival de l’Apprendre (soutenu par la municipalité de Mérignac), de par la diversité de ses actions et de ses publics, entend justement contribuer à cette réflexion collective sur l’apprentissage, le bien-être et la place de chacun dans une société en pleine transformation.


