Une Bordelaise d’adoption, la voix d’une diaspora inquiète
Installée en France depuis trente ans, mariée à un Français et devenue citoyenne française, Leida Gamot, présidente de l’association Venezuela à Bordeaux suit heure par heure la situation, inquiète pour ses proches restés au pays., tout comme plus de 8 millions de Vénézueliens qui ont quitté leur terre natale.
C’est tôt, ce samedi matin, que les rumeurs d’un éventuelle intervention américaine ont commencé à filtrer. « On n’y croyait pas, au début » dit-elle, « on craignait des manipulations par l’intelligence artificielle ». Puis, à force de recouper les informations, l’arrestation de Nicolas Maduro et de sa femme s’est confirmée. « Ça a été un mélange de sentiments » explique-t-elle. Soulagement d’abord — elle dit que beaucoup de Vénézuéliens ont accueilli la nouvelle avec satisfaction — mais aussi inquiétude immédiate : pour la famille, pour “le peuple”, et pour le pays. Mais, selon elle, « on ne peut pas considérer Donald Trump comme un sauveur car on ne connaît pas vraiment les intentions”. En revanche, elle assume :“on n’a pas d’autre choix que remercier Donald Trump d’avoir capturé Nicolás Maduro” qu’elle le qualifie de “criminel” et décrit le pouvoir en place comme un “régime totalitaire”, évoquant un“crime organisé” gouvernant le pays. tout en précisant que la suite — “prendre toute la charge du pays” — doit revenir aux Vénézuéliens et à une reconstruction politique.
Mais, tout n’est pas terminé avec l’arrestation du président. “La fin de Nicolás Maduro n’est pas la fin du système”, insiste-t-elle, en citant des figures et appareils de pouvoir encore en place. Pour la présidente de l’association, l’arrestation de Maduro ne règle pas l’essentiel : les structures de pouvoir et plusieurs responsables resteraient capables de maintenir la pression. Elle cite notamment Delcy Rodríguez, présentée dans la séquence comme dirigeante intérimaire, et insiste sur la nécessité d’une rupture plus large pour “récupérer la démocratie et la liberté”.
Contrôles de téléphones, peur de parler : le spectre de la répression
Leida Gamot affirme que, sur place, des contrôles seraient menés — y compris sur les téléphones — et que des messages ou “mèmes” favorables à l’opération pourraient exposer leurs auteurs à des poursuites. Elle dit craindre que la “chape de plomb” demeure, même après le départ de Maduro.
Une transition pacifique… ou la peur d’un basculement
Interrogée sur le risque de violences, elle dit “espérer” éviter la guerre civile, tout en redoutant un scénario de confrontation si une transition électorale “tranquille” n’aboutit pas. Elle évoque des groupes armés pro-régime et décrit un climat de peur : rues vides, population qui n’ose plus sortir.
“Des gens sont dans la rue” au Venezuela : soutien réel, mais aussi manifestations contraintes
Dans l’entretien, Leida Gamot confirme que “des gens sont actuellement dans la rue au Venezuela” après la capture de Maduro, notamment pour le soutenir. Mais,selon elle, une partie de ces mobilisations seraient, ce sont des fonctionnaires “obligés d’aller dans la rue”.
Mais “si vous demandez l’avis des Vénézuéliens, 90% sont d’accord avec la capture”. Concernant les manifestations anti-Trump en France, Leida Gamot interpelle : « Faites vos valises et aller vivre au Venezuela avec 4 dollars par mois » évoquant l’absence de sécurité, de santé et de droits fondamentaux. Quant à une intervention américaine pour les ressources pétrolières du pays, la présidente de l’association Vénézuela à Bordeaux est trés claire :“On parle du pétrole… mais où est le peuple ?”.Pour elle, la priorité n’est pas la ressource, mais la survie quotidienne, les droits et la liberté. Elle insiste aussi sur l’effondrement de la production pétrolière et la misère vécue “pendant 25 ans”.
Trés sollicitée par les médias français ces derniers jours, Leida Gamot veut maintenant prendre du recul.“Je suis exposée” ,dit-elle, "Je crains pour ma famille et mes amis au Vénézuéla . Je fais certainement ma dernière interview avec vous » conclut-elle.


