Une programmation construite longtemps à l’avance, guidée par un projet
Une saison ne se bâtit pas au coup de cœur : « C’est un an, un an et demi à l’avance. Mais c’est pour ça que le projet culturel est essentiel, parce qu’on ne programme pas parce qu’on aime. » Le travail commence par la vision portée par la Ville, puis une phase de rencontres : « La saison culturelle, ça se prépare déjà bien en amont (…) beaucoup de rencontres, de va et vient avec les compagnies, les usagers, puisque notre saison culturelle, elle se veut avant tout populaire et éclectique pour parler à tous sur le territoire. »
Cette logique s’étend au public scolaire : « On travaille beaucoup en collaboration avec l’ensemble des écoles du territoire (…) un travail de concertation de longue haleine et puis de soutien aussi à la création locale. »
« Populaire au sens noble » : varier les formes, créer du lien
La ligne est assumée : « Je dirais que c’est une programmation populaire au sens noble du terme (…) on souhaite que les habitants, que les usagers puissent se retrouver dans notre programmation. Donc, de ce fait, elle est assez variée. »
Et au-delà de l’affiche, la programmation se joue aussi dans les actions autour des œuvres : « C’est une action quotidienne. Et puis ça va même plus loin, c’est du sens. Quel sens on met à tout ça ? C’est pas juste programmer un spectacle pour programmer. »
Avec une priorité : « On travaille effectivement beaucoup sur la médiation (…) mettre en lien les publics avec les œuvres, (…) et (…) développer ces axes-là (…) de soutien à la création aussi locale. »
Budget, contraintes et soutien aux artistes locaux
Dans un contexte d’inquiétudes pour le secteur, Martignas maintient son cap : « Je dirais que je travaille à budget constant parce qu’il y a une réelle volonté politique (…) de maintenir l’offre culturelle, une offre culturelle de qualité. »
Sur le terrain, la fragilité de certaines compagnies est réelle : « Il y a effectivement des compagnies locales qui sont malheureusement obligées de mettre la clé sous la porte, ou alors de diversifier leur activité (…) pour ces questions de restrictions budgétaires. »
La stratégie locale passe aussi par des choix de programmation : « Nous, on travaille beaucoup avec des compagnies locales, ce qui permet de réduire quand même des coûts. »
Et par l’appui d’acteurs régionaux : « J’ai envie de saluer le travail des agences régionales comme l’OARA comme l’IDAC, qui nous permettent d’avoir des subventions et qui sont là derrière nous. »
Mutualiser pour gagner en visibilité
Martignas s’inscrit dans une dynamique collective : « On travaille beaucoup avec la ville de Saint-Jean d’Illac dans le cadre de plusieurs festivals (…) et d’autres communes, Cestas, Canéjan. »
Objectif : « Ça permet d’avoir une plus grande visibilité (…) Ça permet aussi de mutualiser. »
La culture comme respiration
Mounira Bénouard-Autier le résume ainsi : « Il faut prendre soin de sa santé culturelle et ça passe par aller voir les spectacles. »
Et elle défend une culture accessible : « Je dis pas d’aller voir toujours des pièces élitistes, mais c’est pour ça qu’on défend une culture populaire (…) ça fait du bien d’aller au théâtre, ça nous fait penser à autre chose dans ce monde compliqué en ce moment. »
À retenir : les temps forts à venir (dès janvier)
- Projection-débat autour des 256 partisans fusillés au camp de Souge : « On va commencer en réalité par une projection débat (…) le mardi 20 janvier. »
- Concert d’Yves Carbonne (sextet) dans le cadre du festival de jazz porté par Saint-Jean d’Illac et Jazz Illac : « C’est un virtuose du jazz qui a fait le monde entier », et « cerise sur le gâteau (…) Yves Carbonne (…) il est martignassais. » (samedi 24 janvier)
- Musique classique à la Saint-Blaise, dans l’église Saint-Blaise : « Traditionnellement (…) nous accueillons (…) le concert de musique classique. » ( le 7 février)
- Humour / stand-up : Jérémy Charbonnel ( le 27 mars)
- Théâtre : Cyrano de Bergerac ( le 28 février)
- Jeune public / scolaire : « Cyrano sentait bon la lessive » ( le 30 avril)
- Show multidisciplinaire : « un show multidisciplinaire avec danseuses (…) assez caliente » (mentionné le mardi 2 mai)
Focus : Plaine Brunch Festival, « 100% fait maison »
Événement musical de rentrée, le festival est revendiqué comme un projet collectif : « C’est notre festival 100% fait maison », construit avec le tissu local : « on travaille avec nos associations locales (…) on construit le festival avec les habitants. »
Et il grandit sans viser la démesure : « C’est un festival qui grandit (…) cette année, on a atteint les 3500 personnes (…) c’est un festival à taille humaine. »


