« Une bourgade autour d’une place très grande, avec une église »
En 1947, Mérignac n’a rien d’une ville dense. Le cœur de la commune s’organise autour de la place de l’église.
« C’est une bourgade autour d’une place très grande, avec une église. Sur la place, il y a des arbres, de l’herbe, et quelques lampadaires assez récents et sur la place de l’église en 1947, c’est des vaches et des chevaux. »
Une présence, aujourd'hui insolite, en raison des fermes tout autour et par une organisation encore très agricole du territoire.
Une ville coupée de Bordeaux
À cette époque, Mérignac est clairement séparée de Bordeaux.
« Mérignac est absolument et totalement indépendante de Bordeaux. »
La coupure est nette : voie ferrée, grands parcs, propriétés privées forment une véritable frontière paysagère.
« Il y avait ce qu’on appelait le fond teigneux, une grande propriété énorme, mitoyenne du parc Bourran, qui faisait une césure totalement paysagère entre Bordeaux et Mérignac. »
Une campagne habitée, morcelée, authentique
Le Mérignac d’après-guerre est fait de quartiers isolés les uns des autres, séparés par des terres agricoles.
« Il y avait ensuite des quartiers assez isolés les uns des autres. Entre, c’étaient des paysans, des agriculteurs. »
Le bourg lui-même s’arrête rapidement.
« Quand on descendait vers la Devèze, la ville s’arrêtait là. Pratiquement, le bourg s’arrêtait à la Devèze. »
On y trouve encore un lavoir, des maisons anciennes, des familles nombreuses.
« C’était le XIXᵉ siècle, pratiquement. »
Une enfance au cœur du village
Arrivé enfant à Mérignac, Michel Petuaud-Létang grandit place de l’église, où ses parents tiennent une mercerie.
« J’allais à l’école en traversant la place, et après je jouais au football sur la place de l’église. Les buts, c’étaient les murs de l’église. »
Le curé intervient parfois, mais l’ambiance est celle d’un village soudé.
« On se connaissait tous, on habitait tous autour de la place pratiquement. »
Les commerces sont identifiés, les habitants aussi.
« Je connaissais tout le monde sur la place. »
Solidarité d’après-guerre
La période est marquée par une forte entraide.
« Il y avait une solidarité considérable et il n’y avait pratiquement pas de chômeurs. »
Ses parents accueillent même une famille dans leur garage.
« Ils n’avaient plus de biens, la guerre était passée par là. Mes parents les ont accueillis, on leur donnait à manger, on avait aménagé le garage. »


