« Il faut transformer les spectateurs en supporters » : le SMRC accélère sa dynamique sportive et territoriale

Invité de C6 Radio, Mathis Airault, responsable du développement et de l’événementiel du Saint-Médard Rugby Club (SMRC), est revenu sur la dynamique actuelle du club, ses ambitions sportives et sa stratégie de structuration à long terme. Entre performances sur le terrain, fidélisation des partenaires et mobilisation du public, le SMRC poursuit sa montée en puissance depuis le stade Robert Monseau, avec un objectif clair : s’installer durablement parmi les places fortes du rugby amateur.

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« Il faut transformer les spectateurs en supporters » : le SMRC accélère sa dynamique sportive et territoriale

D’un parcours de joueur à un rôle clé dans le projet du club

Arrivé au SMRC en 2021 en provenance de l’Union Cognac–Saint-Jean, le Charentais d’origine, natif de Surgères près de La Rochelle, a d’abord intégré le club comme joueur. Dès sa première saison, il participe à la montée en Fédérale 1, une étape marquante pour l’histoire récente de Saint-Médard.

Contraint d’arrêter sa carrière sportive à la suite de blessures à répétition à la cheville, Mathis Airault rebondit au sein de la structure. Il rejoint l’équipe dirigeante, d’abord sur un poste commercial, avant d’évoluer vers ses fonctions actuelles. Une transition qu’il assume pleinement : son expérience du terrain nourrit aujourd’hui sa vision du développement, avec la même logique que celle d’un joueur : progresser, rester humble et avancer étape par étape.


Un club ambitieux qui reste profondément familial

Si le SMRC affiche des ambitions sportives affirmées, il revendique avant tout une identité familiale, portée par des bénévoles présents parfois depuis plus de quarante ans. Les coprésidents, eux-mêmes bénévoles, gèrent le club avec une rigueur proche de celle d’une entreprise, tout en préservant une atmosphère conviviale et fédératrice.

Dans un contexte économique et géopolitique incertain, cette stabilité fait la différence. Le club parvient à attirer et fidéliser des joueurs venus parfois de très loin, dont certains internationaux, qui s’inscrivent sur plusieurs saisons dans le projet Saint Médardais. Une continuité rare à ce niveau, rendue possible par un environnement structuré et un accompagnement quotidien assuré par dirigeants, salariés et bénévoles.


Innover pour exister dans un paysage sportif concurrentiel

Responsable du développement, Mathis Airault pilote notamment l’animation des jours de match et la création d’événements destinés à élargir le public. Son credo : ne jamais se reposer sur ses acquis.

Parmi les initiatives récentes figure le Cars N Match, un rassemblement de voitures de collection et de prestige organisé avant une rencontre, en partenariat avec Maxime Laforêt (Mutuelle de Poitiers). Les participants bénéficient de places pour le match, créant ainsi un pont entre univers automobile et rugby. Une façon originale d’attirer de nouveaux publics autour des valeurs communes de passion et de partage.

Cette capacité à innover est essentielle sur Bordeaux Métropole, où la densité de clubs impose de se démarquer. Le SMRC revendique aujourd’hui une place de référence parmi les clubs amateurs du secteur, tout en poursuivant sa progression.


Une politique de partenariat tournée vers le long terme

Le développement économique du club repose sur une ligne claire : privilégier un réseau large de partenaires engagés, plutôt qu’un financeur unique trop influent. « L’objectif est de construire dans la durée », explique Mathis Airault, convaincu que la fidélité aux valeurs du club est aussi un levier d’attractivité pour les entreprises.

Malgré un contexte économique tendu, le club continue d’élargir son cercle de partenaires. À partir d’avril, des réunions mensuelles viendront compléter les petits-déjeuners, afterworks et événements du club des partenaires, afin de renforcer les échanges professionnels et assurer un véritable retour sur investissement.

Cette dynamique se prolongera également le 21 février, avec une vente aux enchères de vins accompagnée d’un repas gastronomique, en présence du chef saint-médardais Jorick Dorignac, étoile montante de la gastronomie française.


Faire grandir le public du stade Robert Monseau

Avec une capacité ayant déjà atteint 2 200 spectateurs lors de certaines affiches, le stade Robert Monseau offre un potentiel important. La moyenne actuelle tourne autour de 1 200 personnes lorsque le SMRC ne joue pas en concurrence directe avec l’Union Bordeaux-Bègles.

L’enjeu est désormais de transformer les spectateurs occasionnels en véritables supporters. Pour cela, le club multiplie les actions de proximité, notamment auprès des écoles. À l’occasion du match contre Courbevoie, le 21 mars, des places seront offertes aux élèves afin d’attirer familles et nouvelles générations.

Autre rendez-vous majeur : la célébration des 120 ans du club, le 12 avril face à Limoges, avec l’ambition de rassembler toutes les générations passées par le SMRC et de créer une dynamique populaire en vue des phases finales.

À terme, le club souhaite également programmer davantage de rencontres le samedi soir, sous réserve d’équipements adaptés, afin de faciliter la venue du public et d’augmenter les recettes, le dimanche restant souvent réservé à la vie familiale.


Un tournant sportif décisif

Sur le plan sportif, le SMRC aborde un bloc capital avec trois rencontres déterminantes :

  • 1er février : réception de Beauvais au stade Robert Monseau
  • 7 février : déplacement à Floirac pour un derby très attendu
  • 15 février : déplacement sur le bassin d’Arcachon

Trois matchs qui pourraient conditionner la fin de saison. Actuellement dans les deux premiers de leur poule avec une avance de cinq points, les Saint-Médardais visent d’abord cette place qualificative, indispensable pour aborder les phases finales dans les meilleures conditions.

La prudence reste toutefois de mise : la montée ne se joue pas à la première place, mais au terme d’une série de matchs couperets. Le staff entend donc gérer les effectifs avec attention, d’autant que les équipes Espoirs sont elles aussi engagées dans une course à la qualification.


Un projet global, du rugby amateur à l’accompagnement humain

Le SMRC ne limite pas son action à l’équipe fanion. Le club travaille simultanément sur l’école de rugby, le pôle jeunes, le pôle féminin et les deux équipes seniors masculines, illustrant une structuration complète.

Particularité du club : l’accueil de joueurs étrangers, notamment fidjiens. Un accompagnement spécifique est mis en place pour faciliter leur intégration (logement, démarches administratives, emploi), avec une conviction forte : un joueur bien installé dans sa vie quotidienne est un joueur plus performant sur le terrain.


Une ambition assumée pour le territoire

À travers cette organisation globale, le Saint-Médard Rugby Club entend affirmer son rôle moteur sur le nord-ouest de la métropole bordelaise, en attirant supporters de Saint-Médard, Mérignac, Le Haillan et des communes voisines.

Porté par une saison prometteuse, un réseau de partenaires actif et une mobilisation croissante du public, le SMRC avance avec méthode. Sans brûler les étapes, mais avec une ambition clairement affichée : faire de Saint-Médard l’un des pôles majeurs du rugby amateur régional.