À Mérignac, le club d’entreprises mise sur l’entraide et l’ancrage territorial

Présidente du Club d’entreprises de Mérignac, Sylvine Teston était le 13 janvier 2026, l’invitée de C6 Radio. L’occasion de dresser un état des lieux du tissu économique local, de revenir sur le rôle du club qu’elle dirige et d’évoquer les défis auxquels font face aujourd’hui les entrepreneurs.

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À Mérignac, le club d’entreprises mise sur l’entraide et l’ancrage territorial

Engagée de longue date dans la vie associative, Sylvine Teston n’a pas attendu longtemps avant de s’impliquer. Arrivée à Mérignac en 2015, au moment de la création de sa société de coaching et de consulting, elle rejoint rapidement le club d’entreprises local. « Je ne connaissais pas grand monde. Il fallait que je me crée un réseau », explique-t-elle. Un engagement qui s’inscrit dans une continuité personnelle : « J’ai toujours été dans l’associatif. L’engagement sur le territoire est important pour moi. »


Rompre l’isolement du dirigeant

Le Club d’entreprises de Mérignac rassemble aujourd’hui près de 190 adhérents, issus d’horizons très variés : indépendants, dirigeants de TPE, PME, ETI et représentants de grands groupes. Un point commun les unit : la volonté de ne pas rester seuls.

« Être chef d’entreprise, c’est aussi connaître des hauts et des bas. Et quand on est dans le bas, il ne faut surtout pas s’isoler », insiste la présidente. Selon elle, le club joue un rôle essentiel d’entraide et de soutien, notamment pour les dirigeants indépendants ou les entrepreneurs seuls à la tête de leur structure. « Le club sert aussi à ça : trouver des solutions, échanger des retours d’expérience, se soutenir. »

Contrairement aux idées reçues, les entrepreneurs ne seraient pas uniquement focalisés sur leurs propres intérêts. « Ceux qui pensent que les chefs d’entreprise ne pensent qu’à eux ont tort. On vit dans un microcosme : si on veut trouver des clients et des partenaires, il faut s’ouvrir. »


Un club associatif, indépendant et ancré localement

Créé en 1996 par un groupe d’entrepreneurs, le Club d’entreprises de Mérignac revendique un ADN fondé sur la convivialité et la confiance. « Au départ, c’était un club de copains. Aujourd’hui, ce sont des gens qui ont envie de travailler ensemble, en confiance », résume Sylvine Teston.

Fonctionnant à plus de 90 % grâce aux cotisations de ses membres, le club reste indépendant de la Ville, tout en travaillant en partenariat avec elle. Pour sa présidente, adhérer, c’est aussi un acte citoyen : « Je trouve dommage de revendiquer des politiques RSE ou territoriales sans faire partie du microcosme associatif local. »

L’ancrage territorial est d’ailleurs au cœur du projet. « Des fois, on va très loin chercher du business alors qu’à la porte de chez soi, on a tout ce qu’il faut », souligne-t-elle. Elle cite l’exemple d’une entreprise de recyclage de plastique mise en relation avec un hôtel voisin : « Ils étaient à moins d’un kilomètre et ne se connaissaient pas. »


Des entrepreneurs face à un contexte économique contrasté

Si le club continue d’accueillir de nouveaux membres, la situation économique reste fragile. Certaines entreprises ne renouvellent pas leur adhésion, contraintes de faire des choix budgétaires. « Un sou devient un sou pour une entreprise », constate Sylvine Teston. À l’inverse, d’autres font le pari d’investir dans le réseau : « Quand ça va mal, il ne faut pas se recroqueviller, mais investir pour développer son réseau. »

La présidente observe également une dynamique continue de création d’entreprises, malgré les incertitudes. Elle l’explique notamment par « un mal-être dans certaines entreprises », mais aussi par la situation des seniors, souvent exclus du marché du travail. « On a une fuite des compétences alors qu’on pourrait faire du mentorat, comme dans d’autres pays européens. »


Passer le cap des trois ans

Parmi les sujets récurrents abordés au sein du club figure celui de la pérennité des entreprises. « La difficulté, ce n’est pas seulement de créer une boîte, c’est de la faire durer », rappelle Sylvine Teston. Elle évoque le cap symbolique des trois ans, souvent décisif pour la reconnaissance et l’accès aux appels d’offres. « À trois ans, on commence à être connu, puis reconnu. »

Un cap que la présidente elle-même reconnaît n’avoir pas franchi seule : « Sans le club et sans ce soutien, il y a des moments où j’aurais pu dire : j’arrête. »


Deux temps forts en 2026

L’année s’annonce particulièrement dense pour le Club d’entreprises de Mérignac. Le 4 juin se tiendra la 7ᵉ édition du Festival du film d’entreprise, un événement autofinancé qui met à l’honneur les entreprises locales à travers des films de moins d’une minute, projetés au cinéma de Mérignac. « C’est un peu notre mini Cannes », sourit la présidente.

Autre rendez-vous majeur : les 30 ans du club, célébrés le 8 octobre. La thématique annoncée donne déjà le ton : « Nous serons entre terre et ciel. »

Dans une commune qui compte plus de 3 000 entreprises, bien au-delà du seul secteur aéronautique, le Club d’entreprises de Mérignac entend continuer à jouer un rôle fédérateur. « Faire partie d’un groupe de sociétés qui avancent ensemble, ça change tout quand on est entrepreneur », conclut Sylvine Teston.