TARMAQ 1 ouvrira fin 2026 à Mérignac.

Invité de C6 Radio, Jérôme Darsouze, directeur général de TARMAQ, a présenté de manière détaillée ce projet d’envergure dédié à la culture aéronautique, spatiale et défense sur le territoire bordelais. Un équipement pensé comme un outil de médiation, de pédagogie et d’attractivité, au croisement des enjeux culturels, économiques et sociétaux pour mieux faire un secteur en pleine évolution qui a du mal à recruter. Un constat de départ clair : un territoire aéronautique qui s’ignore

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TARMAQ 1 ouvrira fin 2026 à Mérignac.

C'est en 2020 qu'est lancé le projet de TARMAQ. A l'origine, un constat partagé par les collectivités et les acteurs de la filière : la méconnaissance du grand public d’un secteur pourtant central pour la métropole bordelaise et la Nouvelle-Aquitaine.

La région accueille des acteurs majeurs de l’aéronautique, du spatial et de la défense tels que Dassault Aviation, ArianeGroup, Thales, Sabena Technics ou encore la Base aérienne 106. Cette filière représente environ 17 000 emplois directs sur le territoire métropolitain, et constitue l’un des piliers industriels régionaux.

Pourtant, comme le souligne Jérôme Darsouze, cette réalité reste largement ignorée : « On vit sur un territoire extrêmement aéronautique, mais on ne connaît ni son histoire, ni ses métiers, ni ses perspectives. »


Une problématique forte autour des métiers et de l’emploi

Un enjeu majeur: le recrutement. À l’échelle nationale, la filière aéronautique, spatiale et défense propose chaque année près de 25 000 CDI, sans parvenir à pourvoir l’ensemble des postes.

Selon Jérôme Darsouze, cette difficulté ne tient pas uniquement à un manque de compétences, mais aussi à une image réductrice des métiers. « Quand on demande aux gens quels sont les métiers de l’aéronautique, on cite souvent pilote, hôtesse ou ingénieur. En réalité, ce sont près de 150 métiers différents qui permettent à un avion de voler. »

De nombreux postes sont accessibles dès le niveau bac ou bac +1, notamment dans la maintenance, la production, la logistique ou le contrôle qualité. La filière offre également une forte capacité d’évolution professionnelle, permettant de changer de métier ou de spécialité au cours d’une carrière.


Désacraliser un secteur perçu comme élitiste

TARMAQ se donne pour mission de désacraliser l’aéronautique, souvent perçue comme un univers réservé à une élite scientifique ou technique.

« Beaucoup de jeunes pensent qu’il faut être ingénieur ou avoir fait de longues études pour travailler dans ce secteur, ce qui est faux », insiste le directeur général.

L’ambition est donc double : faire rêver, tout en rendant accessible un secteur stratégique, en montrant concrètement les parcours possibles, les formations existantes et la diversité des métiers.


Raconter une histoire régionale méconnue

Au-delà des enjeux contemporains, TARMAQ souhaite également remettre en lumière une histoire aéronautique régionale riche, parfois éclipsée par d’autres territoires.

La Nouvelle-Aquitaine a pourtant joué un rôle majeur dans le développement de l’aviation : la première école de pilotage au monde à Pau, les hydravions transatlantiques reliant Biscarrosse à New York, ou encore l’assemblage de centaines d’avions de combat à Bordeaux durant la Première Guerre mondiale.

« Cette histoire existe, elle est passionnante, mais elle est peu racontée », souligne Jérôme Darsouze, qui voit dans TARMAQ un outil pour transmettre cette mémoire aux nouvelles générations.


Toulouse, un modèle inspirant mais une approche différente

Toulouse est aujourd’hui une référence européenne en matière de valorisation de l’aéronautique et du spatial, avec des équipements emblématiques comme Aéroscopia ou la Cité de l’Espace.

Pour autant, TARMAQ ne cherche ni à copier ni à concurrencer ces modèles. « Toulouse est très forte sur la valorisation industrielle et patrimoniale, notamment autour d’Airbus et du spatial. Notre approche est complémentaire », explique Jérôme Darsouze.

Là où Toulouse met en avant des objets iconiques et des sites spectaculaires, TARMAQ entend se concentrer sur la médiation, la compréhension des métiers, les parcours professionnels et les enjeux de transition, notamment environnementaux.

Le projet vise également à rappeler que la filière ne se limite pas à Toulouse : « Il y a une vraie légitimité aéronautique en Nouvelle-Aquitaine, avec des savoir-faire reconnus et des milliers d’emplois. »


Un équipement de médiation, pas un musée

TARMAQ ne sera pas un musée au sens classique du terme. Il se définit comme un équipement de médiation scientifique et culturelle, proposant une approche interactive et pédagogique.

Le public pourra y découvrir des expositions immersives, des ateliers, des parcours ludiques, ainsi que des dispositifs permettant de comprendre concrètement comment fonctionne la filière aéronautique, spatiale et défense.

Avant même l’ouverture de son site définitif, TARMAQ est déjà actif hors les murs, avec des interventions dans les établissements scolaires, des expositions itinérantes et des actions menées en partenariat avec France Travail, notamment pour sensibiliser aux métiers en tension.


Une première préfiguration à Mérignac

Face aux difficultés de concrétiser le projet de base,essentiellement pour raisons budgétaires, une première étape concrète est attendue d’ici la fin de l’année, avec l’ouverture d’une préfiguration de 700 m² dans le bâtiment Cockpit, situé sur l’aérodrome de Mérignac.

Ce site, gratuit et ouvert au public, proposera une exposition permanente axée sur la décarbonation de la filière aéronautique, à travers des expériences immersives et pédagogiques.

« C’est une version pilote, un prototype, qui permettra de tester les contenus et de montrer ce que pourrait être TARMAQ à plus grande échelle », précise Jérôme Darsouze.

À terme, le projet initial prévoit un équipement pouvant atteindre jusqu’à 10 000 m², capable d’accueillir un large public et des événements d’envergure.


Un outil stratégique pour le territoire

Au-delà de la médiation culturelle, TARMAQ ambitionne de devenir un levier d’attractivité territoriale, à la croisée des enjeux économiques, touristiques et éducatifs.

En valorisant les entreprises locales, les formations, les innovations et les parcours professionnels, le projet entend renforcer le lien entre les habitants et une filière qui façonne l’identité et l’avenir du territoire.

« L’aéronautique et le spatial continuent de faire rêver. TARMAQ doit permettre de transformer ce rêve en compréhension, en vocations et en opportunités concrètes », conclut Jérôme Darsouze.


Un projet structurant, pensé pour reconnecter durablement la Nouvelle-Aquitaine à une filière d’excellence, essentielle à son développement présent et futur et qui peine à recruter.