Les volumes de transactions sont revenus à la hausse en 2025 (+18% en Gironde) portés par « la volonté d’achat qui est revenue liée aux taux bancaires qui ont baissé », aujourd’hui « entre trois, 3,2% 3,3%, 3,4 % en fonction des dossiers », ce qui « a permis de solvabiliser une bonne partie des acquéreurs », explique Benoît Rempenault.
Contrairement à l’idée reçue d’un réflexe d’épargne et d’attentisme, il affirme : « Ce n’est pas vrai. Non, au contraire, il y a une vraie volonté de revenir à la propriété ». Sur la 6e circonscription, il décrit un territoire « dynamique », et une demande stable : « une vraie volonté d’acheter sa résidence principale, qui plus est une maison pour la famille ».
Sur les prix, le diagnostic est posé : « Les prix stagnent », avec une « stagnation des prix sur l’année 2025 qui sont similaires à ceux de fin 2024 ». Pour lui, c’est une bonne nouvelle côté acheteurs : « ils ont gagné en solvabilité avec la baisse des taux d’intérêt et des prix qui n’ont pas connu de flambée cette année ».
Dans son secteur, il cite des repères chiffrés : « Nos données internes » placent « le prix moyen à un peu plus de 350 000 € », quand « on était à 430 000 € de prix moyen en 2021 ». Il parle d’« une belle baisse (…) de l’ordre de 20 % » et d’un marché qui « revient (…) au prix du marché », « à un équilibre », rappelant que 2021 « est une anomalie » portée notamment par des taux « inférieurs à 1 % ».
Côté recherches, il constate un profil très familial : « la maison trois chambres avec un jardin » reste la cible principale, avec « l’autre typologie classique » : « la quatre chambres ».
Mais cette demande se heurte à une contrainte de fond : « il y a une pénurie de logements », qu’il relie au « manque de construction sur les dernières années » et à « l’explosion des familles monoparentales », avec une conséquence directe : « on se retrouve face à une pénurie de logements ».
Pour ceux qui vendent, Benoît Rempenault insiste sur la question du positionnement : un bien qui reste longtemps, dit-il, cache souvent le même problème — « le lézard il a un nom, c’est le prix ». Il évoque « le temps de faire (…) le deuil » et rappelle qu’à l’inverse, les biens « au prix du marché (…) partent et (…) passent pas la semaine ».
Sur le financement, il estime que l’accompagnement est devenu quasi incontournable : « aujourd’hui, pour être accompagné dans un projet d’acquisition, il faut avoir un bon courtier », et même, sans détour : « il faut passer par un courtier. C’est indispensable », notamment parce que « les banques ont des politiques (…) qui changent constamment ». T
Pour 2026, Benoît Rempenault anticipe une dynamique qui peut rester favorable tant que la combinaison prix/taux reste alignée. Il lance : « en 2026, il faut acheter, il faut vendre », et juge que c’est « un très bon moment pour acheter en 2026. Les taux sont bons. La convergence entre le prix actuel et les taux font que c’est un très bon moment pour acheter ».
Il introduit cependant une incertitude : « on n’est plus dans un contexte franco français. On est lié à l’international ». En rappelant que la hausse de 2023 était « mondial[e] », il prévient : « bien malin qui peut dire ce qui va se passer sur les mois à venir au niveau international ». Dans cette lecture, le risque principal est explicite : « si les taux venaient à remonter, le prix continuerait à baisser ». Il faut donc « emprunter tant que les taux sont corrects à 3 % », qu’il qualifie de « très bons taux » quand on élargit la perspective historique.
Il évoque aussi l’effet “attentisme” lié au contexte politique : « les années d’élection ont toujours été compliquées », avec « un attentisme » pour savoir « quelle loi fiscale allait passer », alimentant l’idée d’un marché parfois « atone » par séquences. Pour autant, il maintient sa conclusion sur 2026 : « oui, un très bon moment ».
Dans le neuf, en revanche, le problème est majeur, avec « un nombre de constructions (…) ridiculement bas » et des « permis de construire qui ne sortent pas », ce qui donne « une vision déjà sur les trois ou quatre prochaines années, avec une pénurie qui va s’accentuer ». Il en déduit un déplacement de la demande : les ménages qui visaient « acheter un terrain, faire construire » se font plus rares et « se reportent dans l’ancien », ce qui entretient l’activité sur le parc existant.


