“Proposer des idées pour la ville”
Pour Hugo, le CMJ est d’abord un outil pratique : “Le conseil municipal des jeunes, c’est… aider la ville à proposer des idées pour la ville et aider les adultes aussi… à proposer soit des idées, soit des actions à faire tout au long des deux années du mandat.”
Et derrière, une formule qui résume l’état d’esprit : “On est là pour aider les grands.”
Des campagnes… et des propositions très variées
Avant d’être élus, les jeunes ont dû convaincre. Anna raconte une idée qui lui tenait à cœur : “J’avais jamais vu vraiment une mascotte pour Martignas alors j’avais bien voulu en voir une qui représenterait Martignas.” Dans ses propositions, elle évoque aussi “organiser des jeux de découverte de la ville” et “mettre en place une correspondance avec les personnes âgées pour les fêtes.” Laura, elle, déroule une liste d’actions très terrain : “J’ai proposé de construire un parc pour chiens”, “faire une journée ramassage des déchets”, “restaurer le kiosque de Moulin Bidon”, et “faire des activités intergénérationnelles.” Sur la question des aînés, elle met des mots simples sur une intention forte : “Ce que j’aimerais en fait, c’est surtout qu’ils se sentent pas tout seul… Qu’ils sachent qu’il y a les enfants, ils pensent à eux.”
Solidarité : “peut-être un peu… avec le harcèlement”
Le mot revient souvent. Interrogée sur la solidarité, une des jeunes répond : “Bah peut-être un peu oui, avec le harcèlement… surtout.”
Pour Marine, l’année a été marquée par un niveau de propositions “énormément” riche : “En général, on leur a proposé de mettre trois propositions, une a mis cinq, six, sept idées.”. Parmi les idées qui ont fait réagir, une proposition a particulièrement marqué les adultes : “proposer une soirée pyjama à l’EHPAD.” Marine confirme l’enthousiasme suscité : “Tous les adultes… nous ont dit : ‘Mais quelle idée ! Mais c’est extraordinaire comme idée !’”
Des projets qui aboutissent : l’exemple de la “LudoBoum”
Le CMJ n’est pas une simple “boîte à idées”. Marine insiste : “Si ça peut être des idées qui sont intéressantes et facilement mises en place, on essaie de les mettre en place.”
Preuve avec la “LudoBoum”, née d’un projet d’enfant : “La LudoBoum, c’est une idée qui vient entièrement d’eux.”
Hugo explique le concept : “On voulait faire une soirée avec… des jeux de société et vers la fin, une soirée DJ et soirée dansante.”
Et il détaille même l’apport des partenaires : “Il y avait la bibliothèque aussi qui nous a aidés à mettre en place d’autres jeux.”
Côté bilan, Hugo revendique du concret : “On a beaucoup donné d'idées, la plupart qui ont abouti à… des actions ou à des soirées LudoBoum par exemple.”
“On avait accueilli plus de 300 personnes.” Et il explique comment l’équipe a corrigé les points faibles d’une édition à l’autre : “À la deuxième on a mis plus de salé… on a écarté la soirée boum dans une autre salle.”
Environnement : “voir les déchets par terre… ça m’énerve”
Au-delà de l’intergénérationnel, l’écologie fait aussi partie des irritants du quotidien. Une élue résume : “Ce qui m’énerve, c’est… voir les gens… il y a plein de poubelles autour d’eux… et quand même… leurs mégots ou bien leurs déchets par terre.”
Une école de démocratie (et de confiance)
La fierté d’être élue est palpable, même chez les plus réservées. Anna l’avoue : “Oui, tout le monde a voté pour moi alors que je… suis un petit peu timide… Que malgré tout, j’ai de bonnes idées.” Marine observe les effets sur deux ans : “Au début du mandat ils étaient un peu timide… ils n’osaient pas prendre la parole. Et en fait, au bout de deux ans… ils sont plus à l’aise.”
Elle décrit aussi un apprentissage très concret : “prendre la parole en public”, “aller vers les autres”.
Et maintenant : cohésion début janvier, puis premières décisions
Le nouveau mandat démarre vite. Marine annonce : “Au début janvier déjà, on a une journée de cohésion… On va faire une assemblée et on fait effectivement un premier conseil.”
Le CMJ compte “21 élus”, avec “toutes les écoles représentées… les deux écoles élémentaires, et le collège.”
Hugo, lui, conclut sur une prise de conscience : “Bien d’avoir été dans le conseil municipal des jeunes, j’ai pris conscience de tout ça… et c’est vrai que la politique, ça m’intéresse un peu.”


