Jean-Bernard Toulouse ( Président du SAM Football) : " Je fais confiance à nos garçons.J'y crois!"

Jean-Bernard Toulouse, président du SAM football, et Alexandre Gougnard, président du district de football de Gironde, invités de C6 ce vendredi. Entre espoir pour la qualification du SAM et inquiétude pour le football amateur.

hop hop immo
hop hop immo
Jean-Bernard Toulouse ( Président du SAM Football) : " Je fais confiance à nos garçons.J'y crois!"


La Gironde sera particulièrement bien représentée lors des 32ᵉ de finale de la Coupe de France avec trois clubs encore en lice : le SAM Football, les Girondins de Bordeaux et le FC Bassin d’Arcachon. Une situation rare que salue Alexandre Gougnard, président du district de la Gironde et membre du Comex de la Fédération française de football.

« Ça démontre la vitalité du football girondin, le sérieux de nos clubs et le travail de fond qui est réalisé sur le territoire. »

À Mérignac, ce 32ᵉ de finale face à Istres constitue un moment fort, sans pour autant générer de pression excessive du côté de la direction du club. Jean-Bernard Toulouse, président du SAM Football, se veut clair : « Je n’ai pas de pression particulière. Le plus compliqué, c’est surtout toute l’organisation autour du match. »

Sur le plan sportif, le dirigeant aborde l’échéance avec sérénité. « Les joueurs sont concentrés, détendus, sans pression. Ils savent qu’il faut simplement jouer notre football. »

La perspective d’un 16ᵉ de finale n’est pas taboue pour autant. « Être en 32ᵉ, c’est déjà entrer dans l’histoire du club. Mais il y a un seizième derrière, et moi j’y crois. » Et si la qualification venait à se produire, l’émotion serait au rendez-vous. « Je ne sais même pas si je rentrerai chez moi », confie-t-il, rappelant les larmes laissées après la qualification face à Pau. « C’est tout le travail des éducateurs, des bénévoles, du bureau. Des années d’investissement qui ressortent d’un coup. »

Ce parcours met aussi en lumière l’identité du SAM, largement fondée sur la formation. « Cette équipe est composée en grande partie d’enfants du club, avec six à sept joueurs passés par les U17 Nationaux. C’est la meilleure illustration de ce que peut produire la formation », souligne Alexandre Gougnard.

Football amateur : dérives financières et pression des parents

L’entretien a permis d’élargir le débat à la situation du football amateur. Alexandre Gougnard tire la sonnette d’alarme sur l’argent qui circule à des niveaux de plus en plus bas. « Quand j’entends parler aujourd’hui de sommes dès les divisions départementales, ça me fait très peur. »

Ancien président de club pendant vingt ans, il reconnaît une responsabilité collective : « On a tous contribué à creuser un trou qui, si on ne réagit pas, finira par nous enterrer. »

Le président du district pointe également la pression exercée très tôt autour des jeunes joueurs. « Il y a aujourd’hui des parents qui veulent faire des Mbappé dans la cuisine toute la semaine. » Un constat sans détour. « On fait croire à beaucoup de joueurs qu’ils pourront vivre du football, mais on ne vit pas du football à notre niveau. Le football amateur doit rester un plaisir, un jeu, une école de la vie. »

Un rappel essentiel accompagne ce constat : « Mbappé n’existerait pas sans le football amateur, sans les clubs, sans les éducateurs, sans le travail mené dès les U6. »

Jean-Bernard Toulouse partage cette vision et l’applique au SAM. « Nous sommes opposés aux fixes pour les joueurs. Tant que je serai là, il n’y en aura pas. » Les joueurs perçoivent uniquement des primes de résultat. « Tant qu’on ne sera pas en National, on ne paiera pas les joueurs. »

Présidents de clubs : « la position la plus dure du football »

Alexandre Gougnard insiste sur la difficulté de la fonction de dirigeant. « La vérité du football, elle est au niveau du club. » Après avoir connu tous les échelons, son constat est sans appel : « Président de club aujourd’hui, c’est la position la plus dure du football. »

Il souligne l’engagement quotidien des dirigeants bénévoles. « Rien ne leur appartient, mais ils donnent tous les jours, avec leur bureau, leurs bénévoles, sur le terrain comme en dehors. » Et d’ajouter : « Si je pouvais finir ma carrière dans un club, je le ferais. C’est là qu’il y a le plus d’adrénaline. »

Girondins de Bordeaux : une locomotive toujours nécessaire

La chute des Girondins de Bordeaux a également été évoquée. « Quand un club phare disparaît de l’élite, il y a forcément moins de liens avec les clubs amateurs. Sans locomotive, le football est en difficulté », observe Alexandre Gougnard.

Il reconnaît qu’un éloignement s’était installé, avant de souligner un rapprochement récent. « Depuis leur chute, nous avons réussi à recréer des liens avec le football amateur girondin. »

Des actions concrètes ont été relancées, notamment des visites d’écoles de football avec des joueurs professionnels. « Bordeaux reste Bordeaux. Le nom scintille encore dans les yeux des gamins », rappelle-t-il, alors que le club attire près de 12 000 spectateurs en moyenne en National 2. « Un grand club ne meurt jamais. »

Collectivités en retrait, partenaires devenus indispensables

Autre réalité mise en avant : le désengagement progressif des collectivités locales. « Les collectivités territoriales ont de plus en plus de difficultés financières et se désengagent », constate Alexandre Gougnard. Une évolution qui renforce le rôle des partenaires privés.

« Sans les entreprises qui s’impliquent dans le football local, beaucoup de clubs auraient déjà mis la clé sous la porte. »

Jean-Bernard Toulouse insiste sur la nature de ces relations. « Les partenaires ne sont pas là seulement pour apporter de l’argent. C’est une aventure humaine. » Un discours qui fait écho à l’engagement des bénévoles, pilier discret mais essentiel du football amateur.

Coupe de France : un levier majeur pour la FFF et de nouvelles aides à venir

Enfin, Alexandre Gougnard rappelle l’importance stratégique de la Coupe de France pour la Fédération française de football. « C’est l’épreuve majeure de la Fédération, celle qui parle le plus aux Français. »

La compétition représente également un enjeu économique à travers les droits de retransmission télévisée, actuellement en négociation.

À partir de la saison prochaine, la FFF prévoit de renforcer les aides aux clubs amateurs performants. « Tous les clubs amateurs qui battront une équipe avec au moins deux divisions d’écart bénéficieront de dotations importantes, notamment en matériel. » Ces aides seront cumulables et inscrites dans une enveloppe globale dédiée au football amateur.

Une fin ouverte, sans certitudes mais avec conviction

Interrogé sur un éventuel scénario du match face à Istres, Jean-Bernard Toulouse se garde bien de toute projection excessive. « On va attendre la 90ᵉ minute pour marquer », glisse-t-il avec un sourire, avant de préciser : « Plus sérieusement, on va jouer notre football, et puis il arrivera ce qui arrivera. »

Le président du SAM n’exclut aucun scénario. « Si on doit aller aux tirs au but, je prends aussi. Un match de football n’est jamais gagné d’avance. Je fais confiance à nos garçons. »