À Saint-Médard, Bertrand Cazamayou, nouveau manager sportif du SMRC, assume une approche de construction : « positionner le club, stabiliser le club et continuer de grandir », sans brûler les étapes. Une ligne directrice qui s’appuie autant sur la structuration que sur la dynamique sportive actuelle, avec un SMRC en tête de sa poule de Fédérale 1.
L’UBB, « une vraie locomotive »… mais un appui à renforcer
Pour le manager sportif, la présence de l’Union Bordeaux-Bègles « à quelques kilomètres » est un atout stratégique : « c’est une vraie locomotive ».
Son constat est toutefois sans détour : cet appui n’est « pas encore assez fort » dans la région, et doit devenir « encore plus prégnant ». Le cap est formulé clairement : « se rapprocher de ce club-là, se mettre dans son sillage ».
L’enjeu, selon lui, est double. D’abord, d’image et de dynamique : le rugby bordelais a une fenêtre pour « faire grandir, faire évoluer le rugby » dans un territoire décrit comme « une terre de football ».
Ensuite, de structuration : profiter de l’élan de l’élite pour tirer vers le haut l’écosystème amateur et semi-amateur, sans se définir en réaction. « On s’habille et on se déshabille pas par rapport aux autres. Je crois que l’élan est donné et il faut pouvoir s’y greffer. »
Des “passerelles” concrètes, d’abord « entre les hommes »
Bertrand Cazamayou insiste sur une méthode : construire des liens de travail. « Il y a des passerelles entre les hommes. On travaille, on se connaît, on échange », dit-il, en évoquant des contacts déjà existants (notamment via Frédéric Garcia, directeur sportif du centre de formation de l’UBB, connu à Tarbes). Objectif : « co-construire des chemins » où les acteurs peuvent circuler « que ce soit à Saint-Médard ou à l’UBB ».
Derrière cette formule, l’enjeu est clair : structurer un parcours, des collaborations, des échanges, et une logique de filière—plutôt qu’un simple affichage. « Il faut encore plus se renforcer, encore plus travailler cette matière-là. »
Un technicien “sud-ouest” attiré par un projet au long cours
Originaire de Tarbes, passé par Angoulême, Niort et Cognac, Bertrand Cazamayou dit avoir rejoint Saint-Médard au moment où il cherchait « un nouveau projet », après une saison à Cognac « plutôt bien » sportivement mais dans un contexte financier compliqué. Le contact avec le club et les échanges autour de la vision ont fait le reste : « il y avait une vraie volonté de vouloir collaborer ensemble » et une convergence sur « l’idée du rugby » à mettre en place.
« Un vrai château » : la structure avant la vitrine
Son premier constat est celui d’un club « très structuré », construit sur « une école de rugby, un pôle jeune, une équipe espoirs ». Il insiste sur la base, souvent invisible : « la visibilité de l’iceberg, c’est souvent l’équipe première », mais « tout ce qu’il y a à la base est essentiel ». D’où son refus de se laisser dicter une urgence de résultat : « la temporalité n’est pas une pression » ; « c’est important d’abord de maîtriser la structure, ensuite l’aspect sportif viendra après ».
Une patte de jeu : s’appuyer sur le pack, oser plus derrière
Sur le terrain, le manager revendique une adaptation au contexte : conserver les forces identifiées – « un jeu d’avants très performant », « un gros paquet » – tout en cherchant une animation plus ambitieuse derrière, avec « un peu plus d’opportunités » et « porter un peu plus de ballons ».
Jeunesse, contraintes fédérales et pression du classement
Bertrand Cazamayou rappelle la réalité du niveau : des joueurs qui travaillent la journée et s’entraînent le soir, ce qui impose de « bien organiser la semaine » et « la charge d’entraînement » pour ne pas finir « rincés ». Il décrit aussi un effectif à regonfler et rajeunir, après une « fin de cycle » sur certains postes, avec une donnée structurante : « plus de 60 % de l’effectif » a moins de 23 ans et navigue entre espoirs et équipe première.
Sportivement, le SMRC est en tête avec 45 points, mais Floirac et Arcachon suivent à 44, et surtout « nous ont battu à la maison ». La deuxième partie s’annonce exigeante : déplacements chez les équipes du haut de tableau, et un mot d’ordre qui revient : « on n’aura pas droit à l’erreur ».
Objectif affiché : « faire mieux que l’an dernier »
Le cap, lui, reste mesuré : « se qualifier », puis « faire mieux que l’an dernier » (quatrième place), avec l’idée de monter progressivement dans le classement avant d’aborder « un autre contexte », celui des phases finales.


